Archives de la Catégorie : Agroécologie

Agenda d’été et de rentrée pour Green Cross

  • les 23 et 24 août, nous vous convions au Festival du Film Francophone, dont Green Cross est partenaire « environnement ». A l’occasion du festival, nous présenterons le mercredi 24 août, à 10h, le film ‘A la poursuite de l’Endurance », de Luc Hardy. La journée du 23 août étant placée sous le signe de l’aventure familiale Cousteau, nous effectuerons également une présentation-débat autour de l’ouvrage « OCEAN: des clés pour AGIR » co-écrit par Jean-Michel Cousteau et Nicolas Imbert, disponible dans les librairies physiques et en ligne (prix de vente 5 euros) et sur le site www.desclespouragir.fr, avec la version PDF en téléchargement gratuit.
  • le 7 septembre, session de travail du think&do tank « villes et territoires durables, économie circulaire et énergie », réservée aux seuls membres du groupe de travail. Renseignements: contact@gcft.fr
  • le 8 septembre, réunion du Club des Mécènes et Partenaires de Green Cross. Renseignements: contact@gcft.fr
  • le 9 septembre, à Montpellier, nous serons présents pour parler de la Déclaration Universelle des Droits et Devoirs de l’Humanité à l’Observatoire International du Bonheur. Programme sur www.oib-france.com/wp-content/uploads/Programme-Assises-Internationales.pdf, inscriptions sur www.oib-france.com
  • Le 14 septembre, session de travail du think&do tank « alimentation, agriculture, pêche, aquaculture et territoires durable », réservée aux seuls membres du groupe de travail. Renseignements: contact@gcft.fr
  • les 16 et 17 septembre, nous co-organisations les rencontres Crises de l’Eau et Migrations, organisées à Casablanca par l’Alliance Marocaine pour l’Eau,
  • le 21 septembre, nous serons à l’ouverture des Etats Généraux de l’Economie Circulaire de la Ville de Paris.
  • du 26 au 28 septembre, Green Cross est partenaire de Climate Chance à Nantes. Nous co-organisatons les travaux sur l’adaptation, l’océan et le littoral, l’eau et le climat. Programme et inscriptions sur climatechance2016.com,
  • du 28 au 30 septembre, Green Cross sera présent aux assises de l’économie circulaire organisées par NEXA en Région la Réunion,
  • réservez dès maintenant votre soirée du 10 octobre (18h30 à 21h) pour l’Assemblée Générale de Green Cross à Paris, et le 12 octobre pour une soirée surprise autour de Jean-Michel Cousteau, à Nîmes.
  • le 13 octobre, Green Cross est partenaire contenu des Rencontres Territoriales de l’Energie, à Rabat, événement labellisé CoP22,
  • le 25 octobre, nous serons à Marseille pour une grande rencontre « Droit et Environnement »,
  • et, du 7 au 18 novembre, nous aurons de nombreuses animations autour de la CoP22, à Marrakech mais aussi en France.

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Mar 02 2016

Agriculture et alimentation – le mieux-manger, seule voie durable pour l’agroalimentaire français

(c) Green Cross

(c) Green Cross

Alors que le Salon de l’Agriculture est émaillé des troubles que l’on connait, Green Cross réaffirme que le seul choix possible pour l’avenir des filières et territoires agroalimentaires est celui de la qualité, du bien-manger pour tous, et de l’urgence de passer d’une politique de subventions de fonctionnement sans stratégie agroalimentaire à une politique agroalimentaire des filières et territoires, portés par les différents maillons en concertation (producteurs, territoires, transformateurs, marques, distributeurs, consommateurs…).

C’est possible et nous y travaillons, sur les filières bovine, porcine, le maraîchage, les produits de la mer…Notre récente participation à Business Durable (BFM TV) est une bonne synthèse de nos points de vue, disponible sur http://bit.ly/MieuxMangerBFM. Vous trouverez également notre récente note de prospective sur l’agriculture, diffusée pour la CoP21.

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Déc 10 2015

Décryptage du texte du 9 décembre

Nous avons revu le texte du 9 décembre (http://bit.ly/UNFCCC_draft_dec09) à la lueur de nos 8+1 motsclés…et voici le résultat.

1                                                

Rôle des gouvernements locaux : l’article 15 ouvre la porte pour une intégration discrétionnaire, au cas par cas, d’acteurs non étatiques.

2                                                                      

Suivi effectif et révision des engagements : l’article 2 laisse encore les options ouvertes pour des visions très différentes de ce qu’est un engagement et un accord contraignant. C’est un point essentiel non encore tranché. Une section entière (article 9) est consacrée avec la transparence, avec une bonne volonté de principe mais floue au niveau de la méthode. La définition du mécanisme de compliance est reportée à plus tard (article 11). La mention spécifique à l’article 12.8 sur la présence de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique augure de peu de transparence sur la transition énergétique. L’article 19 permet une certaine flexibilité dans les amendements.

3                                                                                                                        

Pertes et dommages : non tranché (cf. article 5)

4                        

Approche inclusive sur les territoires : pp13: en préambule, la sécurité alimentaire est expressément mentionnée, ainsi que la vulnérabilité des systèmes agricoles. L’article 2.1 précise bien le rôle de la finance, mais omet les acteurs territoriaux. Les financements et transferts de technologies font l’objet de précisions vers plus de concret (article 6 à 8). Le « capacity building » est toujours défini de manière souveraine par pays, ce qui n’encourage pas la coopération décentralisée (article 8).

5                                                                                                             

Reconnaissance des savoirs traditionnels : pp11: en préambule, l’allusion explicite à la Terre Mère est une première étape. Rien de plus

6                                                                                                             

Financement à l’échelle des territoires : cf.point 4 – encore très flou. La porte est ouverte pour des options plus précises, plus pragmatiques. Traditionnellement les choses se débloquent en toute fin de CoP

4                        

Accélération de la mise en réseau des solutions : L’article 4 propose des axes de progrès sur l’adaptation, mais sans contrainte.

3                                                                                                                        

Droits humains : parenthèses et crochets -et c’est dommage,d’autant plus que la déclaration des droits de l’humanité a été diffusée ce matin à toutes les délégations (www.droitshumanite.fr).

Un petit peu différents des précédents, le dernier mot clé est en fait l’impact sur le processus des conférences des parties de la mise en œuvre des motsclés précédents dans le texte.

+1                                                                                                                        

Evolution de la gouvernance pour la CoP22 : beaucoup de propositions de méthode, mais des process très lourds et peu de subsidiarité.

Parmi les éléments intéressants, citons la mention en préambule (et donc sans valeur contraignante) de l’océan, au même rang que les écosystèmes terrestres et la Terre Mère.

En synthèse, beaucoup doit encore être accompli, et le chemin des solutions sera probablement plus celui qui mènera de la CoP21 à la CoP22 que celui des 72 prochaines heures. Nous restons dans un processus et un accord inter-national, beaucoup plus long qu’un engagement contraignant multi-latéral, et très peu des travaux des sommets préparatoires ont pu être repris. La solidarité avec les peuples du Pacifique reste au stade incantatoire, malheureusement. La convergence des mobilisations de sujets aussi complémentaires et différents que l’économie circulaire, les littoraux et océans, et l’alimentation est encouragée par le texte d’ici à la CoP22 et jusqu’à 2020, mais sans aucun caractère impératif. Est-ce suffisant par rapport à l’urgence ? Et ne faudrait-il pas mieux un 2°C avec une feuille de route permettant de ne pas le dépasser qu’un texte qui se donne l’illusion des 1,5°C et est dimensionné pour 2,5 à 3°C.

Prochains événements

  • 10 décembre, 14h – 17h, Grand Palais (entrée libre pour tous), Solutions CoP21, Paris: Conférence – Agora « Océan et économie circulaire »Accès libre pour tous.
  • 11 décembre, 17h45 – 19h00, Le Bourget : intervention de Nicolas Imbert lors du débat de Réseau Projection « Les solutions face aux risques climatiques en milieu urbain : expériences ouest-africaines ». Espace Générations Climat, le Bourget. Accès libre pour tous.

Clés de lecture du texte – Les 8 + 1 motsclés qui construiront un accord acceptable à Paris, ou non !  English version to follow – version PDF disponible ici

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Déc 03 2015

Green Cross à la Cop21 – 3 décembre – peuples autochtones

La vision des peuples autochtones face au dérèglement climatique

La question que nous posent les peuples autochtones est la suivante : quelle planète allez-vous laisser à nos enfants, et quels enfants allez-vous laisser à notre planète ? Qui représente et est le gardien des droits de la nature, de l’air, de l’eau, de la forêt ? Qui donne la permission pour exploiter, forer ?

Malgré une reconnaissance de plus en plus répandue au sein des organisations internationales comme des sujets de droit, les peuples autochtones rencontrent encore des difficultés à faire valoir leurs droits. Par ailleurs, ils ne sont pas considérés comme des autorités étatiques et font donc partie, lors des négociations climatiques, de la société civile.

Cela vient notamment du fait que leur relation matérielle, spirituelle, économique (au sens oïkos et nomos, l’usage des ressources) avec la terre diffère complètement de la nôtre. Le rapport prédateur que nous entretenons avec la terre est dénoncé depuis les années 70, tout comme la recrudescence des conflits qu’entraîne la dégradation du système terre. Tom BK Goldtooth, d’Indigenous Environment Network, comparait leur relation à celle d’une mère avec son enfant. Il pense que le défi des peuples autochtones consiste à relayer leurs connaissances et point de vue au sein de la CCNUCC, afin de créer un nouveau paradigme.

Pour faire valoir leurs voix, les populations autochtones de 7 régions se sont réunies autour d’une position commune, au sein d’assemblées appelées CAUCUS. Leurs revendications pendant la COP consistent en quatre principes :

  • L’inscription dans l’accord de Paris du respect des droits des peuples autochtones dans les politiques contre les dérèglements climatiques
  • La reconnaissance de leurs savoirs traditionnels et modes de vie comme solutions à l’atténuation et à l’adaptation
  • Leur participation au processus liés au dérèglement climatique et aux programmes locaux, nationaux et internationaux
  • Un accès direct aux fonds de finance du climat, ce qui leur est difficile étant donné qu’ils ne sont pas reconnus comme des entités étatiques

Pour eux, la solution du marché n’en est pas une : le concept de croissance est opposé à la nature, et ne prend pas en compte ses limites. Le marché est perçu comme une manipulation de ce qui est sacré.

Pour Marie Rowe, les peuples autochtones sont remarquables de par leur résilience, ce qui justifie qu’il  ait une alliance avec les chercheurs et les politiques car leurs connaissances sont complémentaires. Ils ne sont pas des victimes passives mais ont des solutions. La question de l’adaptation n’est nullement nouvelle pour eux, car elle a toujours été au cœur de leurs modes de vie : ils ont toujours connu les limites de la nature et pris en compte les générations futures, « respecter et conserver ».

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Nov 28 2015

Cop21 – nous sommes prêts

Green Cross est prêt pour la CoP21.

Tout d’abord autour de deux travaux majeurs qui prennent pleinement leur sens en ces jours:

  • Le projet de Déclaration des Droits et Devoirs de l’Humanité (http://www.droitshumanite.fr), qui pourrait être évoqué lors de la plénière d’ouverture, et donnera lieu à un side-event le 9 décembre à 11h au Bourget,
  • Les travaux sur l’adaptation et la résilience co-construits au Sommet Mondial Climat et Territoires (WSCT, Lyon, juillet 2015) et que nous restituerons le 2 décembre à 11h au Bourget,
  • ainsi que la mobilisation multi-acteurs ParisClimat2015 – Objectif OCEAN structurée autour de 60 têtes de réseaux signataires (entreprises, territoires, financiers, associations et fédérations…), dans 30 pays, représentant ensemble 50 000 structures contributrices. Notre side-event est le 3 décembre à 13h, au Bourget.

Par ailleurs, du 30 novembre au 10 décembre, Green Crosslance tv.cop21.mobi, la web-TV quotidienne des territoires en transition5 émissions par semaine, entre interviews et plateaux TV. A retrouver dès lundi sur http://tv.cop21.mobi.

Amis rhonalpins et de suisse voisine, ces contenus seront repris, avec de nombreuses animations autour de Green Cross, au salon Naturellia http://www.naturellia.com/ (entrée 2 euros, dont 1 euro pour Green Cross).

C’est une TV participative. Vous êtes présents au Bourget où à Paris pour la Cop21 et souhaitez contribuer ? Ecrivez-nous sur contact@gcft.fr

Vous n’êtes pas au Bourget ni à Paris et avez un message pour nous ? Postez votre vidéo en privé survimeo.com et envoyez-nous le lien (et le mot de passe) sur contact@gcft.fr.

Dans le dramatique contexte que nous connaissons, cette CoP qui se place plus que jamais autour de la construction commune d’un futur acceptable pour l’humanité, doit et va réussir autour d’engagements contraignants, régulièrement audités, et d’actions concrètes incrémentales à l’échelle des territoires: prix du carbone, transition énergétique, évolutions agricoles et alimentaires, eau et océan, coopération décentralisée, solidarités des territoires, prévention des conflits. C’est cette richesse que nous avons choisi de contribuer à mettre en avant pendant la CoP.

Vous pouvez télécharger ICI le Guide Green Cross de la CoP21: en 36 pages, l’essentiel sur la CoP, les sujets chaud, les événements et contacts sur les différents lieux.
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Du 30 novembre au 10 décembre, vous trouverez régulièrement notre agenda et le guide actualisés sur le site http://agenda.cop21.mobi, qui sera ouvert le 30 novembre au matin. Et vous reconnaîtrez les bénévoles et relais de Green Cross sur le terrain entretemps à leur écharpe blanche, siglée du logo GreenCross.

N’oubliez pas, ce week-end, le climat a aussi besoin de vous: participez à la COY11 à Villepinte, déposez vos chaussures pour la marche virtuelle pour le climat (Place de la République à Paris – avec avaaz.org, et dans de nombreuses villes de France), mobilisez-vous sur les réseaux sociaux, agissez…

A très vite
l’équipe Green Cross

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Nov 26 2015

Développer l’agro-écologie – Comment mieux manger en préservant la planète ?

Pollutions…fortes évolutions de cours des ressources alimentaires…crises qualité à répétition et perte de confiance du consommateur…empreinte écologiques intenses de monocultures en concurrence internationale et disparition des savoirs agronomiques dans les pays en voie de développement. Le modèle de production autour des grandes cultures et d’un mono-élevage spécialisé par région à l’échelle internationale montre ses limites.

Longtemps vécu comme un ensemble de pratiques hétéroclites et artisanales, l’agro-écologie apparaît désormais comme une forte de réponse aux crises de l’alimentation, qui cherche à atteindre la triple performance économique, sociale et écologique. Et ce, en créant de la valeur localement, sur les territoires.

 

Mais qu’est-ce donc que l’agro-écologie ?

L’agro-écologie peut se définir comme étant un ensemble de pratiques évolutives qui permet de réconcilier l’agronomie et l’écologie. Ce concept est destiné à apporter des réponses concrètes à la « malbouffe », à l’impact environnemental d’une monoculture trop intensive, dans un contexte de gaspillage alimentaire où 50% de la nourriture consommable produite n’atteint pas l’estomac humain.

L’approche systémique de l’agro-écologie 

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Cette pratique envisage le sol, l’eau et la vie comme un creuset permettant de cultiver et d’élever au plus près des lieux de consommations. La diversité des cultures permet d’avoir toujours une production en quantité et en qualité, l’agriculteur est impliqué comme entrepreneur de son exploitation, une démarche de ferme ouverte et de circuit court rapprochent l’exploitation agricole du consommateur, et la qualité des sols est préservées par une agriculture qui a besoin de peu ou pas d’intrants et contribue au développement de la qualité organoleptique des sols.

En quoi est-ce une approche des territoires ?

Entretien et développement de biodiversité sur les paysages et activités agricoles sont intimement liés. Et ce, dans une démarche d’économie circulaire, ou rien ne se perd, mais tout se transforme et est valorisé. Il est temps d’innover, de comprendre et d’accélérer ce modèle en particulier pour faire évoluer les pratiques agroalimentaires vers une performance plus globale: économique, écologique et sociale. Ceci répond à la nécessité de trouver de nouvelles réponses pour restaurer la biodiversité, mais aussi d’avoir une production agricole qui demande moins d’intrants, utilise au mieux le sol et la biodiversité, et une filière agroalimentaire qui permet une valorisation optimisant les transports et limitant tout gaspillage alimentaire.

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(c) GCFT – Nicolas Imbert

Aujourd’hui,  plus de 60 % des produits agricoles ne sont pas consommés par un humain et au moins 40 % sont jetés sans être consommés, alors que plus qu’un milliard de personnes n’arrive pas à trouver à manger ! Ce gaspillage, essentiellement dû à une trop forte segmentation des productions et à une offre éloignée du consommateur, devient inacceptable tant socialement qu’écologiquement, et son modèle économique repose sur des logiques d’aides, de subvention ou de dumping social ou écologique.

 Qui a besoin d’agro-écologie ?

L’agro-écologie est l’affaire de tous. Celle des citoyens, aussi consommateurs et contribuables, souvent aidés par des associations comme les nôtres, qui deviennent peu à peu des « consomm’acteurs » désireux de vérifier à la fois la qualité de leur alimentation et son impact sur les territoires. Celle de la distribution de proximité, comme certains supermarchés, mais aussi des restaurateurs, qui redécouvrent les bienfaits la consommation et la vente des produits issus de l’agro-écologie. Tous sont, à leur manière, impliqués dans cette boucle vertueuse qui permet de développer des pratiques plus respectueuses : elles utilisent les ressources de manière optimale et pérenne, fournissent des produits locaux, de saison, plus sains et qui minimisent l’impact négatif de l’agriculture sur les territoires. Le consommateur connaît le producteur et n’achète que les produits nécessaires à son alimentation.

(c) Green Cross

(c) Green Cross

Ceci est-il également vrai pour les productions animales ?

L’élevage est une des composantes fondamentales de l’agro-écologie, et ce depuis l’apparition de celle-ci dès la préhistoire avec la communauté nomade des chasseurs-cueilleurs qui s’est sédentarisée au fil du temps, autour de la polyculture et de l’élevage.

Cette société s’est développée peu à peu, pour connaître une phase de spécialisation durant la période d’après-guerre en France. Bien connue sous le nom de « Révolution Verte », cette spécialisation a vu se développer un modèle unique, autour d’une monoculture intensive d’un côté, d’un élevage perdant progressivement le contact avec le sol de l’autre, et la constitution d’un maillage d’acteurs éloignant le producteur du consommateur, et peu propice à la constitution de filières territoriales de haute qualité. Ce modèle monolithique ne répond aujourd’hui que partiellement aux nouvelles exigences des consommateurs, notamment à la lueur des questions posées d’une part sur l’environnement, d’autre part sur la santé des consommateurs.  Il est également de plus en plus contesté en Europe à l’aune de la réforme de la Politique Agricole Commune, qui implique la nécessité pour l’agriculture française de se réinventer vers une production plus qualitative et plus territorialisée.

Car il est désormais possible de produire à coût optimisé, avec une bonne qualité, y compris dans l’élevage porcin. C’est le choix par exemple fait par l’éleveur Thierry Schweitzer : produire localement, élever les porcs sur paille (paille issue des cultures et qui retournera aux champs sous forme de fumier), respecter l’animal (à travers une démarche entreprise avec le CIWF) et transformer lui-même des produits innovants, séduisants et de grande qualité. Ce modèle est rentable, il permet à l’éleveur de vivre de son travail, quasiment sans subvention, et génère beaucoup moins d’azote et autres troubles écologiques.

Ce sont ces pratiques que nous contribuons à mettre en place en Bretagne Nord, notamment avec des acteurs structurants comme Fleury Michon.

Faut-il que nous bouleversions notre alimentation ?

Bouleverser, certainement pas.  La transition vers l’agro-écologie sera progressive, et elle permet aussi de retrouver le plaisir du goût. Nous le voyons bien avec nos travaux sur le bien-manger et l’évolution des pratiques agro-alimentaires, les restaurateurs accomplissent des prouesses, et le consommateur redécouvre les saveurs, à moindre coût.

Comment s’assurer que les promesses de l’agro-écologie sont bien tenues ?

Il est essentiel de restaurer la confiance tant dans le produit que dans les pratiques, et ceci doit se faire par une tierce certification, des labels simples à décrypter et des allégations à la fois précises et ambitieuses. Dans notre approche, trois domaines doivent donner lieu à des indicateurs de labellisation :

  • Le produit, tant dans ses qualités gustatives que sanitaire et nutritive,
  • La qualité et le développement de l’écosystème à l’échelle de l’exploitation,
  • Ainsi que l’efficacité de la filière.

Et ce, dans une approche de performance globale, intégrant l’économie, l’environnement et le social. Ces indicateurs sont conçus comme étant des outils de mesure, mais aussi d’amélioration continue, ils sont donc utilisables de manière similaire par un petit artisan ou un grand groupe. L’approche par indicateurs étant encore peu développée dans l’agro-alimentaire, à l’inverse de l’électroménager, nous pensons que les associations ont un rôle essentiel à jouer, d’une part en apportant une information et des suggestions indépendantes de toute offre commerciale, mais également par une animation séduisante sur le bien-manger comme sur le manger-sain. Par exemple en redécouvrant des morceaux auparavant délaissés (qui donnent charcuterie et pâtés de qualité), en ayant des textures retrouvées, en mangeant des poissons plus petits et non menacés issus de la pêche côtière de proximité…l’occasion aussi de se faire plaisir et de manger ce que l’on achète. Plus on achète une nourriture saine et qui fait plaisir, plus on retrouve le plaisir de la préparer soi-même (et nous travaillons régulièrement avec des cuisiniers sur des festivals pour montrer à quel point c’est facile), plus la nourriture est effectivement consommée. C’est intéressant et pour la qualité de vie du consommateur, et pour son porte-monnaie, pour le producteur, et pour l’ensemble de la chaine de valeur.

Faire système sur les territoires – les axes de solutions

L’agro-alimentaire ne devrait pas échapper à quelques grandes tendances d’évolution de nos économies :

  • transformation d’un système socio-économique, basé sur la consommation de ressources primaires, en systèmes intégrant l’alimentation durable aux autres enjeux du territoire, basé sur les cycles des écosystémes.
  • réorientation des aides publiques pour accompagner la diversification des exploitations rendue indispensable par l’attente de produits agricoles de qualité et le besoin de transparence et une efficacité accrues des circuits de transformation, vente et distribution.
  • promotion de l’économie circulaire dans une approche consolidant filières et territoires (valorisation des sous-produits et déchets, lutte contre le gaspillage …).

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8 avril – petit-déjeuner « la place de l’agriculture dans la transition énergétique » avec la participation de Nicolas Imbert

Le mercredi 8 avril 2015, de 9h à 11h, les Ateliers de la Terre organisent un petit-déjeuner de réflexion et d’échange sur le thème 

La place de l’agriculture dans la transition énergétique

    

Le lieu: Hôtel de l’Industrie, 4 place Saint-Germain-des-Prés – 75006 Paris

Nicolas Imbert, directeur exécutif de Green Cross France et Territoires, s’exprimera à ce petit déjeuner.

Contexte:

L’UE entend développer le recours aux énergies d’origine agricole, perçues comme l’un des moyens d’atteindre ses objectifs 2020. La production de biocarburants en Europe de 2006 à 2010 a augmenté de 31%. Cependant, cette énergie reste une réponse parcellaire qui doit être prise en compte dans sa globalité.

Les contradictions sont nombreuses : Le Wall Street Journal a dénoncé l’an dernier l’abattage illégal de forêts américaines destinées à la biomasse européenne. L’énergie d’origine agricole requiert de plus en plus d’espace cultivable, espace qui ne peut alors plus être consacré à la culture de céréales alimentaires. Cela engendre la hausse du prix des matières premières et peut provoquer des famines dans les pays en développement. La production énergétique des fermes pose également le problème de la taille critique de celle-ci et doit être mise en balance avec les pollutions éventuellement générées et les buts réels de production. Si la biomasse est une perspective riche d’opportunités pour la transition énergétique il faut cependant en définir les risques et tenir compte des précautions à prendre.

 

Comment faire de l’agriculture un acteur fort de la transition énergétique ?

Comment exploiter stratégiquement la biomasse sans nuire à l’Homme ni à l’environnement ?

Intervenants confirmés :

  • Bruno Rebelle, directeur de Transitions, ancien responsable de Greenpeace en France et à l’International, président de Planète Urgence
  • Hervé Guyomard, directeur scientifique agriculture de l’INRA
  • Christiane Lambert, première Vice-présidente de la Fédération Nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
  • Corinne Lepage, présidente de CAP21/IRC
  • Nicolas Imbert, directeur exécutif Green Cross France et Territoires

Modératrice :

  • Sonia Henry, journaliste, directrice des programmes des Ateliers de la Terre

Inscription obligatoire sur http://bit.ly/1ydBBFW

Des questions sur l’événement Les Matins des Ateliers de la Terre – La place de l’agriculture dans la transition énergétique ? Contactez Les Ateliers de la Terre
(c) Green Cross

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Green Cross au World Forum de Lille – du 21 au 23 octobre

 

Le World Forum de Lille est un lieu incontournable pour Green Cross…et pour le Monde. Venez-donc nous rencontrer, et inscrivez-vous aux deux tables rondes que modère Nicolas Imbert, directeur exécutif de Green Cross France et Territoires.

Mardi 21 octobre

Comment répondre à la demande alimentairepar une meilleure utilisation des ressources ?

Session 4A du World Forum, le 21 octobre à 17h, salle Quebec, Lille

Utiliser plus efficacement les ressources naturelles pour produire plus et mieux devient une nécessité.


De nombreuses innovations ont été développées, à l’initiative de quelques acteurs: sélection d’espèces ou cultures pluri-spécifiques, optimisation des intrants, meilleure utilisation de l’eau et de l’énergie. Les innovations existent, elles sont multiples et diversifiées. Les champs d’application sont nombreux ou exigeants.

Toutes les filières agroalimentaires sont concernées, et l’innovation en agro-ressources transforme intrinsèquement notre relation aux territoires. Il s’agit de s’adapter aux contextes météorologiques, culturaux et culturels, sociologiques, de répondre à des exigences accrues en termes de transparence et de traçabilité…chacun ne peut agir seul, c’est l’eco-système de production tout entier qui doit s’adapter (producteur, transformateurs, distributeurs, consommateurs…). Les innovations sont en marche, elles peuvent être partagées et propagées.

Mercredi 22 octobre

Alimentation et santé: un enjeu majeur pour les entreprises

Session 8C du World Forum, le 22 octobre à 14h, World Trade Center, Arras

Notre alimentation a fortement progressé en termes de sécurité alimentaire aux 20ème et 21ème siècle. Dans le même temps, des polluants sans cesse plus présents ont développés l’apparition de pathologie liés à nos comportements alimentaires et aux produits consommés: obésité, diabète, anorexie…

La confiance du consommateur s »estompe, notamment en termes de transparence sur les produits, leur provenance et leur contenu. Dans le même temps, l’engouement pour les alicaments et produits alimentaires aux allégations santé revendiquées est de plus en plus important. 

Quelles perspectives pour assurer une alimentation plus saine ? Comment en faire un enjeu de transparence, de performance et de responsabilité sociétale ? Quel impact pour nos entreprises et sociétés ?

Programme et inscriptions

http://www.worldforum-lille.org/fr/2014/programme.html

 

Signature emails WFL 2014 EN 1500x500 EN

 

 

 

 

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Mar 03 2014

Green Cross au salon de l’agriculture

Retrouvez-vous en vidéo, sur http://www.tvagri.info

Politiques à la ferme ! Comment réinventer l’écologie ? from POWERBOOST on Vimeo.

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Transition agricole et élevage – le point sur nos projets

146866Green Cross aborde l’agroécologie dans une démarche structurante et intégrée, sur le terrain. En effet, elle intègre, tout d’abord, le bien-manger sur notre territoire (Portfolio WE DEMAIN), mais aussi une démarche consommation avec différents acteurs tel que l’Office du Tourisme de St Brieuc, un projet de développement des fonctionnalités écologiques d’une exploitation, notre participation au comité scientifique du projet de la Bourdaisière, et notre projet de transition porcine durable.

Nous consolidons actuellement le rapport d’étape 2013 de notre projet « porc durable ».
Par ailleurs, nous avons eu différentes interventions sur le thème agro-écologie sur lesquelles nos travaux sont cités (http://gcft.fr/WP/category/nos-actions/agroecologie/), ainsi qu’une longue interview spécifiquement sur les enjeux économiques (http://bit.ly/1beRxLD).

Nous sommes à une étape où l’inflexion du mode d’élevage correspond à la fois à une nécessité économique, écologique, et de développement des territoires, mais nécessite une mobilisation importante tant de la filière, que des consommateurs et pouvoirs publics. L’équation économique a besoin d’être complétée en développant le projet autour de plusieurs transformateurs complémentaires, mais également en densifiant le réseau d’éleveurs. C’est pourquoi nous y travaillons actuellement. Ce développement de la filière est une action à moyen et long terme, sur lesquels nous consolidons également le réseau d’acteurs, dans une logique de consensus et de mobilisation opérationnelle.

Nous vous tiendrons au courant dans la prochaine newsletter des échéances 2014 et 2015 de ce projet au cœur de l’actualité.

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