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Participation de Green Cross France et Territoires au webinaire « De l’utilité évidente de la DDHu pour répondre aux enjeux planétaires contemporains »

Lors de ce webinaire, organisé par l’Association des amis de la Déclaration Universelle des Droits de l’Humanité, de nombreux invités ont pris la parole. Nicolas Imbert, directeur de Green Cross a partagé son expérience entre autre aux côtés de l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, l’eurodéputé Damien Carême, le Haut fonctionnaire des Nations unies Ricardo Espinosa, le Conseiller spécial climat de la CGLU Afrique Mohamed Nbou.

Dans un contexte post-COVID 19, les participants ont rappelé que la DDHu se montre être un outil utile et indispensable pour répondre aux enjeux planétaires. En effet, la crise sanitaire mondiale a montré toute l’importance d’adopter une telle Déclaration. Les problèmes sont de moins en moins sectoriels mais de plus en plus globaux. Dans le contexte actuel et futur de notre monde, avec notamment l’augmentation des températures, le stress hydrique, l’insécurité alimentaire, la multiplication des risques de maladie comme le paludisme, la DDHu est importante à intégrer dans les politiques publiques et internationales. Elle permet de donner les clés de réponse aux multiples enjeux en se pensant comme une méthodologie plus que seulement des droits et des devoirs. La DDHu offre la possibilité de mettre en harmonie le patrimoine culturel et humain, elle représente un gage de prise en compte du patrimoine local dans une dynamique globale. Elle permet de porter un message fort et s’adapte aux enjeux globaux comme la mise en place des Objectifs de Développement Durable (ODD), la protection et la promotion des droits humains et la question des réfugiés et migrations.

C’est pourquoi cette déclaration doit se diffuser aux différentes échelles ; du local au global. La DDHu porte un message politique fort pourtant c’est davantage la société civile qui s’en empare.  Les Etats ont des difficultés à l’adopter mais la pression citoyenne constitue un poids important dans sa mise en œuvre à l’échelle étatique. En effet, les Comores représentent un bel exemple, les citoyens ont fait pression pour la prise en compte du climat comme une menace et ont permis un engagement national. La signature de la DDHu nécessite d’avoir un personnel politique ambitieux.

« Protéger l’environnement c’est protéger la population » Ricardo Espinosa.

« Ce texte représente l’équilibre et l’harmonie de la planète. » Damien Carême

« Il est nécessaire que nous nous partagions toutes les expériences qui font sens pour promouvoir la DDHu. » Nicolas Imbert

Green Cross et Jean-Michel Cousteau présents lors du Smart Climate Day, organisé par le Monaco Better World Forum à New-York le 22 septembre 2019

A l’occasion de la United Nations Climate Week organisée fin septembre 2019 à New York City pouClimate dayr débattre et trouver des solutions contre le changement climatique et les enjeux environnementaux qui en découlent, le Monaco Better World Forum organise le Smart Climate Day, qui se déroulera le dimanche 22 septembre. Sous le Haut Patronage de son Excellence le Prince Albert II, cet événement a pour ambition de rassembler des personnalités et spécialistes pour échanger sur l’urgence d’agir pour protéger l’état naturel de nos océans.

La journée commencera par une session de MasterMind à l’Institut Français Alliance Française, sur le thème « l’adaptation climatique dans les Caraïbes » qui réunira des personnalités reconnues et influentes du changement et de l’environnement, avec, entre autre, la présence du Président de Green Cross France et Territoires, Jean-Michel Cousteau, qui viendra présenter le programme « Ambassadeur du Littoral ».  Régit par les règles de Chatham House, ce MasterMind s’inscrit pleinement dans l’actualité environnementale et climatique des Caraïbes et permettra de définir des solutions et de mettre en exergue des initiatives positives. Il sera suivi d’une diffusion exceptionnelle du film « Wonders of the Sea 3D », réalisé par Jean-Michel Cousteau et Jean-François Mantello, raconté par Arnold Schwarzenegger. Les échanges et débats se poursuivront ensuite lors d’un dîner de gala, qui accueillera une cérémonie de remise de prix.

Le Smart Climate Day, inscrit au cœur de l’actualité internationale, est une occasion exceptionnelle d’alerter sur l’urgence climatique, et de mobiliser l’ensemble de la communauté internationale à agir en faveur de l’Agenda 2030 et des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies. L’engagement du Monaco Better World Forum pour l’Océan sera en particulier concrétisé par deux dons effectués par l’Association, en appui des travaux de Ocean Futures Society et de Green Cross France et Territoires sur le littoral et l’océan.

Plus d’informations sur : https://www.monacobwf.com/events

Des nouvelles de Green Cross

Nous traversons une période inédite, et où plus que jamais la résilience est une clé pour agir essentielle à nos activités. Santé Humaine et Santé Environnementale sont non seulement interdépendantes, mais en situation d’urgence. Et nous sommes capables – via l’engagement de toutes et tous – de prendre les bonnes décisions

“L’Humanité est la seule espèce capable de faire le choix de ne pas disparaître”

Plus que jamais, Green Cross se mobilise au quotidien, les équipes et les administrateurs restent pleinement engagés. Certains de nos événements ont été décalés, d’autres ont été virtualisés, mais nous restons plus que jamais mobilisés et opérationnels autour des inspirations et des clés pour agir afin d’accélérer cette transformation écologique des territoires essentielle à la vie de l’humanité.

La période actuelle nous permet également de reprendre, progressivement, les événements physiques en complément des activités virtuelles, et nous espérons vous y rencontrer très prochainement.

Nous allons ainsi, dans les prochains jours et les prochaines semaines:

  • continuer et accélérer le travail entrepris non seulement pour rapprocher nos structures européennes, en particulier Green Cross Italia et Green Cross France & Territories, mais également redynamiser notre présence à Genève – le directeur Nicolas Imbert y sera de plus en plus régulièrement,
  • continuer la publication de nos notes de propositions sectorielles post covid-19 : après la reconstruction écologique des territoires, l’évolution du secteur aérien, déjà parus, nos prochains travaux seront sur Le rôle du rail dans le maillage et la performance logistique des territoires – Etat des lieux, enjeux et opportunités d’action post-covid. Parution attendue mi-juillet 2020. Si vous souhaitez être informé de la parution de cette note ou souhaitez partager des propositions et contenus avec nous, n’hésitez pas à nous revenir: contact@gcft.fr
  • contribuer au webminaire sur la Déclaration des Droits et Devoirs de l’Humanité, le 2 juillet à 17h, avec la participation de Nicolas Imbert. Renseignements et inscriptions sur https://register.gotowebinar.com/register/2186405667765198863
  • accompagner le lancement de la Charte du Voyageur élaboré par l’Office du Tourisme du Golfe du Morbihan https://www.golfedumorbihan.bzh/charte-du-voyageur/ avec la contribution de Green Cross,
  • effectuer le 9 juillet à 11h, en webminaire, notre Club des Mécènes et Partenaires (sur invitation uniquement, renseignements à contact@gcft.fr).

Green Cross est également heureux d’annoncer sa présence comme partenaire:

Nous avons par ailleurs repositionné à mars 2021 les rencontres professionnelles sur le thème « produits solaires, santé humaine et santé environnementale » initialement planifiées en mars 2020.

Nous sommes également heureux de vous annoncer que l’exploratrice et photojournaliste Ania Freindorf a reçu une mention « honorable » lors des Worldwide Photography Award 2020, patroné par Julia Margaret Cameron: https://www.thegalaawards.com/15th-jmca-pro-documentary-reportage-to-fine-art – féilicitations à elle et à ce superbe projet, que nous espérons très prochainement voir exposé en Europe.

Espérant vous rencontrer très prochainement, nous vous souhaitons une excellente journée.

L’équipe Green Cross

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Nos actions vous intéressent ? Soutenez-les !

En cette période troublée, les temps sont particulièrement durs pour le fonctionnement de notre association. Nous sommes bien entendus solidaires et appelons au respect des consignes des autorités, et en télétravail depuis le 9 mars. Tous nos événements prévus entre mars et juin 2020 sont reportés à une date ultérieure, nous vous tiendrons informés. Mais nous avons plus que jamais besoin de vous.

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Bandeau article 10 proposals for more resilient people & territories

Noémie Barahona

Noémie est étudiante en Master 2 Relations Internationales – Sécurité/Défense à l’Université Catholique de Lille. Elle est passionnée de voyages, toutes les occasions sont bonnes pour prendre le sac à dos et découvrir de nouvelles destinations. Cette soif de découverte lui a également permis de prendre conscience des enjeux environnementaux et de questionner ses acquis. Un premier stage au sein de l’Organisation Internationale pour les migrations (OIM) au Niger lui a donné l’opportunité de traiter des enjeux environnementaux au Sahel, notamment autour des migrations « environnementales » lors de la mise en place de projets d’aide au développement. Ainsi que de confirmer sa volonté de travailler sur la question environnementale. Son parcours académique lui a permis de se spécialiser sur les enjeux géopolitiques de l’environnement comme sur les questions énergétiques, les mécanismes de la gouvernance climatique mondiale et la sécurité environnementale.

Fortement motivée à rejoindre nos rangs, elle travaillera à nos côtés pour promouvoir le développement durable à travers nos différents projets.

Obituary Naziha Mestaoui – Creator of the I Tree 1 Heart Art Installation that Launched the Paris Climate Summit

From Nick Nuttall, who was in 2015 UN-spokeperson for climate and CoP21

It was on the eve of the major United Nations climate change Summit in Paris where the extraordinary talent of Naziha Mestaoui, the Tunisian-Belgium artist who has died aged 45 years-old, was first glimpsed by millions of viewers around the globe.

(c) Ania Freindorf

As night fell over the French capital city on the evening of the 29th of November 2015, the iconic Eiffel Tower was transformed from brooding, somber metalwork into a bright green forest of virtual, trees bursting into verdant, rapturous, life every second.

On the banks of the Seine, TV crews and dignitaries  including UN Secretary-General Ban ki-Moon; actress Marion Cotillard and environmentalist Nicolas Hulot, applauded from the Mona Bismark American centre as messages of love, the urgency  of climate action and hope for humanity were woven into the pulsating art installation.

Few of those watching would have known that they were witnessing the award-winning work of one of the pioneers of real-time video and 3D mapping technology that made the 1 Tree 1 Heart lumiere not only possible, but ground-breaking in breadth, ingenuity and scale.

Her achievement was not just artistic or technological: Naziha had defied doubters, leap frogged the bureaucracy, wooed backers and now astonished Parisians and an international audience alike.

It proved to be a moment of brilliance, innovation and above all inspiration in a city readying itself to host next morning 130 heads of state and close to 50,000 delegates for one of the most important UN Summits in history.

Naziha could not have known when she planned 1 Tree 1 Heart some two years earlier, what it might also mean for the people of Paris.

Yet each growing tree, beamed onto the tower with the beat of a real person’s heart, proved an uplifting antidote to a city still raw and mourning as a result of terrorist attacks just 16 days before.

Naziha Mestaoui, who died on 29 April 2020 from a rare condition, was born in 1975 in Brussels, Belgium.

She was a polymath weaving a unique artistic style that combined architecture, the impact of advanced technologies; environmentalism and increasingly a fascination for the way indigenous peoples in places like the Amazon relate to nature as equals.

Some of her early love for the natural world is credited to the shared interest in curative plants by her father Azedine, who came from a family of prosperous traders from Djerba, Tunisia and her Belgium mother Francine.

Home was also often full of injured animals which Naziha and her two sisters would care for.

In an interview in De Tijd in 2017, she recalled: “As a child I already loved nature. Whenever we found a wounded bird in the park, we took it home with us to take care of it. Sometimes we had as many as 30 animals in the house, from squirrels to parakeets or magpies. We put birds under infrared lights and ground-up grains to feed them more easily”.

Naziha indeed expressed her view later in life that  care for nature was woven into her very being. She once told a journalist at Le Figaro: « I am descended from a well-known saint in Djerba, whose name, Mestaoui, means « guardian of the land »–the one who takes care of nature. It’s in my DNA. »

By the age of 18 Naziha, who was fluent in three languages, had decided to attend architecture school. She took with her a fascination for quantum physics which, as a way of explaining the visible but also the invisible forces at work in the world, would also shape her view of humanity and its place in nature.

It would eventually also lead her to meet, intellectually connect and be inspired by the cultures of indigenous peoples, including those in the Amazon, where she later formed a life-long bond with communities such as the Huni Kuin who straddle Brazil and Peru.

She studied at the Graz Institute of Technology in Austria and La Cambre—a Brussels-based institute famous not just for architecture but for its school of visual arts—between 1996 and 1999.

During this period Naziha also co-founded LAB(au), a collective exploring the impacts of advanced technologies on art, before moving to Paris, to collaborate with the artist and author Yacine Ait Kaci.

Under the name Electronic Shadows, the duo evolved and push the frontiers of their unique style of light, sound and digitalization. It attracted the attention and commissions from the Museum of Modern Art, New York and the Centres George Pompidou to Tokyo’s Metropolitan Museum of Photography and the FRAC Centre in Orleans.

After 2011, Naziha embarked on a solo career, founding the initiative Act with Art, with a stronger focus on environment and spiritual values. Her first visit to meet the Huni Kuin came in 2012 on a trip to Brazil.

It was life-changing event, accelerating not only a determination to act on environmental damage but crystalizing the concept of ‘fygital’—the idea that a digital art installation can inspire transformational acts in the real world

Naziha described the moment when she had the idea for 1 Heart 1 Tree. She had been taking part in a traditional ceremony involving a special, locally brewed beer.

 “A drummer was playing a rhythm all the time. And after a while you notice that everyone’s heartbeat is synchronized to it. You live on the same frequency and that connects everyone,” recalled Naziha.

That moment in the forest, hundreds of kilometres from the nearest city, led to the Tunisian-Belgium artist designing a digital App. This allowed a person to select from the screen a tree, using their finger, and the App to sense his or her heartbeat from the person’s pulse.

In Paris, on the eve of the landmark COP21 UN Climate Summit, this was the special effect that in part created the unique spectacle witnessed by the dignitaries on the Seine and TV viewers world-wide.

CC BY-SA 2.0 – Yann Caradec

In the real world, the trees chosen and paid for by participants led to the planting of 100,000 trees in sites ranging from Brazil and Peru to Kenya and India that have not only helped fight climate change but improve the lives of local people.

After Paris 2015, Naziha returned every year to spend a few months with indigenous peoples in Brazil and embarked on new projects including an orange tree program in Senegal with the charity Océanium.

Before her death she was in early discussions with partners in Miami, Florida and the UN Environment on a project called 1 Heart 1 Ocean.

A marine equivalent of the climate installation that electrified the world in 2015, the new project would have had corals and seagrasses beamed onto iconic buildings to allow people to support ocean restoration in the real world.

Naziha Mestaoui, environmentalist, pioneer of 3D digital art installations and architect, is survived by her parents Azedine and Francine and her 2 sisters

Hommage à Naziha Mestaoui, artiste avant-gardiste et engagée

Ecrit par Nick Nuttall, qui en 2015 était le porte-parole des Nations-Unies en charge du Climat et de la CoP 21.

En mémoire à Naziha Mestaoui, créatrice de l’installation d’art « 1 Heart 1 Tree » lancée à l’occasion du Sommet de Paris sur le climat en 2015, Nick Nuttall, porte-parole de l’ONU à la COP 21, nous a fait parvenir cet hommage. Cette initiative, originale, participative, poétique et engagée, avait été soutenue par UNRIC. Naziha Mestaoui est décédée le 29 avril dernier.

(c) Ania Freindorf

« C’était à la veille de la COP 21, la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Paris, où l’extraordinaire talent de Naziha Mestaoui, artiste tuniso-belge décédée à l’âge de 45 ans, avait été admiré pour la première fois par des millions de personnes à travers le monde.

Alors que la nuit tombait sur la capitale française dans la soirée du 29 novembre 2015, l’emblématique Tour Eiffel avait été transformée, passant d’une structure métallique grise et inerte en une forêt verte virtuelle éclatante de lumière, les arbres luxuriants étincelant chaque seconde divinement.

Sur les rives de la Seine, des équipes de télévision et des personnalités, dont le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, l’actrice Marion Cotillard et l’écologiste Nicolas Hulot, avaient applaudi depuis le centre américain Mona Bismark alors que des messages d’amour, d’urgence climatique et d’espoir pour l’humanité, étaient incorporés dans cette émouvante installation artistique.

Peu de ceux qui l’admiraient alors savaient qu’ils assistaient au travail primé de l’une des pionnières de la technologie de cartographie vidéo en 3D en temps réel, qui avait rendu la lumière de 1 Heart 1 Tree non seulement possible, mais révolutionnaire par sa portée, son ingéniosité et son échelle.

La réalisation de cette œuvre n’était pas seulement artistique ou technologique : Naziha avait défié les sceptiques, outrepassé les velléités bureaucratiques, touché les bailleurs de fonds, émerveillé les Parisiens et un public international.

Ce fut un moment d’éblouissement, d’innovation et surtout d’inspiration dans une ville qui se préparait à accueillir dès le lendemain matin 130 chefs d’Etat et près de 50 000 délégués pour l’un des plus importants sommets des Nations Unies de l’histoire (la COP21).

Naziha ne pouvait pas savoir, quand elle avait planifié 1 Heart 1 Tree quelque deux ans plus tôt, ce que cela pourrait signifier aussi pour les Parisiens.

En effet, chaque arbre grandissant, projeté sur la tour Eiffel au rythme du battement de cœur d’une vraie personne, s’était révélé un antidote édifiant pour une ville encore à vif et en deuil à la suite des attentats terroristes survenus à peine 16 jours auparavant. 

Naziha Mestaoui, décédée le 29 avril 2020 d’une maladie rare, était née en 1975 à Bruxelles, en Belgique.

Dotée de talents très complémentaires, elle avait tissé un style artistique unique qui combinait l’architecture, les technologies de pointe, l’environnement et une fascination croissante pour la façon dont les peuples autochtones dans des endroits comme l’Amazonie vivaient leur rapport à la nature, sur un pied d’égalité ».

Une partie de son amour précoce pour le monde naturel était due à sa passion pour les plantes médicinales, intérêt partagé avec son père Azedine, issu d’une famille de commerçants prospères de Djerba, en Tunisie, et sa mère belge, Francine.

Sa maison était également souvent remplie d’animaux blessés dont Naziha et ses deux sœurs s’occupaient.

Dans une interview à De Tijd en 2017, elle avait d’ailleurs rappelé : « Enfant, j’aimais déjà la nature. Chaque fois que nous trouvions un oiseau blessé dans le parc, nous le ramenions chez nous pour en prendre soin. Parfois, nous avions jusqu’à 30 animaux dans la maison, des écureuils aux perruches en passant par les pies. Nous placions les oiseaux sous des lumières infrarouges et des grains broyés pour les nourrir plus facilement ».

Naziha avait également rappelé à quel point le souci de la nature était blotti au plus profond d’elle-même. Ainsi, elle avait dit un jour à un journaliste du Figaro : « Je descends d’un saint bien connu à Djerba, dont le nom, Mestaoui, signifie « gardien de la terre »- celui qui prend soin de la nature. C’est dans mon ADN.»

À l’âge de 18 ans, Naziha, qui parlait couramment trois langues, décida d’entrer à l’école d’architecture. Elle était fascinée par la physique quantique qui, expliquant les forces visibles mais aussi invisibles à l’œuvre dans le monde, avait contribué à façonner sa vision de l’humanité et sa place dans la nature.

Ceci la conduisit également à rencontrer, à se connecter intellectuellement et à s’inspirer des cultures des peuples autochtones, dont ceux d’Amazonie, où elle noua par la suite des liens durables avec des communautés telles que celle des Huni Kuin qui vivent à la frontière entre le Brésil et le Pérou.

Elle étudia ensuite à l’Institut de technologie de Graz en Autriche et à La Cambre – un institut basé à Bruxelles, célèbre non seulement pour l’architecture mais pour son école d’arts graphiques – entre 1996 et 1999.

Pendant cette période, Naziha co-fonda également LAB(au), un collectif explorant les impacts des technologies de pointe sur l’art, avant de s’installer à Paris, pour collaborer avec l’artiste et auteur Yacine Ait Kaci.

Sous le nom d’Electronic Shadows, le duo évolua et repoussa les frontières de son style unique de lumière, de son et de numérisation. Il attira l’attention et les commandes du Musée d’art moderne de New York et du Centre George Pompidou, du Metropolitan Museum of Photography de Tokyo et du FRAC (Fonds Régional d’Art Contemporain) d’Orléans.

Puis engagée dans une carrière en solo dès 2011, Naziha lança l’initiative Act with Art, en mettant davantage l’accent sur l’environnement et les valeurs spirituelles. Sa première rencontre avec les Huni Kuin date de 2012, lors d’un voyage au Brésil.

Cet événement allait changer sa vie, accélérant non seulement sa détermination à agir sur les dommages environnementaux, mais concrétisant également le concept de « fygital » – l’idée qu’une installation d’art numérique peut inspirer un acte transformationnel dans le monde réel.

Naziha décrivit le moment où elle eut l’idée de 1 Heart 1 Tree. Elle avait participé à une cérémonie traditionnelle impliquant une bière spéciale brassée localement :

« Un batteur jouait un rythme en permanence. Et au bout d’un moment, on s’aperçoit que les battements de cœur de chacun sont synchronisés avec ce rythme. Vous vivez sur la même fréquence et cela relie tout le monde », se remémorait ainsi Naziha.

Ce moment dans la forêt, à des centaines de kilomètres de la ville la plus proche, conduisit l’artiste tuniso-belge à concevoir une application numérique. Celle-ci permettrait à une personne de sélectionner un arbre sur un écran, à l’aide de son doigt, et l’application de détecter alors le battement de son cœur, à partir de son pouls.

A Paris, à la veille de la COP21, sommet historique sur le climat, c’est cet événement artistique qui a en partie créé un spectacle unique, dont ont été témoins les nombreuses personnalités, au bord de la Seine, et les téléspectateurs du monde entier.

Dans le monde réel, les arbres choisis et payés par les participants ont conduit à la plantation de 100 000 arbres, sur des sites allant du Brésil au Pérou en passant par le Kenya et l’Inde. Ces arbres ont non seulement contribué à lutter contre le changement climatique mais aussi à améliorer la vie des populations locales.

Après Paris 2015, Naziha est revenue chaque année passer quelques mois avec les peuples autochtones du Brésil et s’est investie dans de nouveaux projets, dont un programme d’orangers au Sénégal avec l’association caritative Oceanium.

Avant sa mort, elle était en discussion avec des partenaires à Miami, en Floride, et avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement autour d’un projet baptisé 1 Heart 1 Ocean.

Equivalent marin de l’installation climatique qui avait ému le monde en 2015, dans la lignée de 1 Heart 1 Tree, le nouveau projet aurait projeté des coraux et des herbiers marins sur des bâtiments emblématiques afin de permettre aux citoyens de soutenir la protection des océans dans le monde réel.

CC BY-SA 2.0 – Yann Caradec

Naziha Mestaoui, artiste, environnementaliste, pionnière des installations d’art numérique 3D et architecte, laisse dans le deuil ses parents Azedine et Francine et ses 2 sœurs.

April 22nd, 2020 – 50th anniversary of the Earth Day – for a peaceful planet & an unburden future

On the occasion of the 50th Earth Day, Green Cross presents, in partnership with EarthX, various testimonies and recommendations from committed personalities, who each in their own way wished to celebrate this day, for a peaceful planet and a unburden humanity.

Their video testimonials are presented here, and also available on https://vimeo.com/channels/earthday2020

Bertrand Badré

Emmanuel Dupuy

Fabienne Durand

Ania Freindorf

Cyrielle Hariel

Nicolas Imbert

Green Cross Italy, from their Senegal project

Corinne Lepage

Bertrand Piccard

We wish you a nice Earth Day, to take care of the planet, and take care of yourself.

« Humanity is the only species capable of making the choice not to disappear »
Jean-Michel Cousteau

22 avril 2020 – 50ème Journée de la Terre – témoignages pour une planète sereine et une humanité préservée

A l’occasion de la 50ème Journée de la Terre, Green Cross, en partenariat avec EarthX, présente différents témoignages et recommandations de personnalités, engagées, qui chacune à leur manière ont souhaité célébrer cette journée, pour une planète sereine et une humanité préservée.

Retrouvez ici leurs témoignages, également disponibles sur https://vimeo.com/channels/journeeterre/

Bertrand Badré

Emmanuel Dupuy

Fabienne Durand

Ania Freindorf

Cyrielle Hariel

Nicolas Imbert

Green Cross Italie, depuis le Sénégal

Corinne Lepage

Bertrand Piccard

Nous vous souhaitons une belle journée de la Terre, et surtout prenez soin de la planète, et prenez soin de vous.

« L’Humanité est la seule espèce capable de faire le choix de ne pas disparaître »
Jean-Michel Cousteau

10 propositions de Green Cross pour un financement raisonné du transport aérien

Version PDF en français disponible ICI

10 propositions de Green Cross pour un financement raisonné du transport aérien

 Alors que le Monde traverse une crise sanitaire, économique et sociétale sans précédent de par la pandémie du Covid-19, de nombreux secteurs économiques sont fortement impactés, et sollicitent massivement des aides d’Etat et subventions publiques.

L’attribution de ces aides, dans la continuité de l’Accord de Paris (CoP 21) peut et doit se faire, en particulier au vu des montants inégalés, de manière à construire une société et des territoires plus résilients, et non à maintenir un état de fait qui ne pouvait perdurer, soit parce que non étayé économiquement, soit parce que générateur d’externalités environnementales et sociétales que la planète ne peut physiquement pas supporter.

A cet égard, les décisions qui se prennent actuellement en France pour soutenir le secteur aérien seront fortes de sens, et d’impact. Soit elles peuvent permettre de mettre en place, en forte complémentarité avec les autres moyens de transport, une mobilité saine, écologique sociale et économique de demain, soit elles décupleront une distorsion entre  des acteurs français sous perfusion n’ayant pas entrepris le virage de la transition écologique, et un monde de la mobilité, du tourisme et des déplacements d’affaires en pleine mutation, dans un contexte de crise non conjoncturelle mais structurelle.

Le transport aérien a déjà effectué, ces dernières années, de profondes mutations :

  • Les constructeurs et motoristes ont considérablement fait évoluer leurs gammes pour réduire leurs consommations, proposer des avions moins émissifs et plus silencieux,
  • De nombreuses compagnies, souvent de nouveaux acteurs, ont mis en place des démarches de transport aérien plus responsables, autour de l’efficacité énergétique, de la sortie opérationnelle du plastique jetable à usage unique, et de mesures de compensation effective de ce qui ne peut être réduit,
  • La démarche CORSIA, encore trop timide dans ses engagements puisque uniquement indexée sur la croissance à venir ( ?) du secteur aérien, a néanmoins prouvé et la possibilité de quantification des émissions, et la possibilité d’une coopération internationale pour un transport aérien plus écologique.

Aujourd’hui, la France est à la croisée des chemins. Les décisions et modalités d’application qui seront prises quant au soutien à la filière peuvent conduire soit à inscrire le pays dans une logique d’innovation et de responsabilité écologique, soit à obérer les innovations déjà entreprises vers la transformation écologique du secteur, et donner l’impression de conforter des dynamiques économiques qui ne sont plus adaptées au secteur actuel.

Les évolutions actuelles des cours du pétrole, sont extrêmement liées à la chute de la demande dans un secteur déjà en excédent d’offre. Elles incitent à mettre en place des dispositifs fiscaux, éventuellement flottants, pour éviter toute régression écologique dans le choix des mobilités. Il s’agit en particulier de limiter les distorsions économiques handicapant le train, solution de mobilité la plus écologique et un atout de la France,  sur les autres formes de mobilités. Il s’agit également de  réaffirmer le principe pollueur-payeur notamment par la mise en place rapide d’une fiscalité carbone, dont l’aérien pourrait être l’un des premiers obligés. Les initiatives déjà prises en ce sens en Suède, en Allemagne, en Suisse, en Grande-Bretagne mais également en Nouvelle-Zélande et au Japon, montrent toute l’opportunité et tout l’intérêt d’agir maintenant, et de mettre en place des dispositifs à la hauteur des enjeux.

Les préoccupations sanitaires des voyageurs conduisent également à repenser en profondeur les déplacements, en particulier aérien, qu’il s’agisse de l’approche et de l’arrivée à l’aéroport, des contrôles et du transit aéroportuaire, du parcours aérien proprement dit, et de l’arrivée à destination.

La situation et les évolutions à venir sur le secteur est fortement différente entre la France Métropolitaine et les Outre-Mers. Ces derniers ont un besoin structurel vital d’infrastructures aériennes permettant non seulement une continuité territoriale importante, mais également une coopération de voisinage leur permettant de démultiplier leur résilience sanitaire et sociale, économique, alimentaire et humaine. Les difficultés rencontrées, notamment en Océanie, dans l’Océan Indien et aux Antilles, montrent l’importance d’une démarche prospective, d’aménagement du territoire et de coopération régionale actualisées. Les solutions apportées, y compris dans l’urgence, ont ébauché de nouvelles perspectives, en particulier via la solidarité européenne, et des coopérations et solidarités de voisinage surpassant les difficultés.

On ne saurait également traiter des évolutions du transport aérien, et de leur financement, sans évoquer l’impact de la crise sur les comportements touristiques et les déplacements professionnels. La réponse aux préoccupations sanitaires s’accompagnera probablement d’une recherche de tourisme plus durable. Ceci générera des attentes accrues quant aux comportements des opérateurs, tant en terme de responsabilité financière, sociale qu’écologique, mais également de comportements individuels en quête de sens, et de responsabilité. Ces évolutions laissent également préjuger des incertitudes tant sur la demande que sur l’offre de transport, ainsi que sur les destinations et modes opératoires, qui conduisent à préparer le secteur à une grande versatilité, à une performance accrue, et à une capacité de résilience à développer.

C’est pourquoi Green Cross effectue, à destination des décideurs publics et privés français, à l’échelon national comme sur les territoires, 10 propositions pour un financement raisonné du transport aérien, à même de répondre aux enjeux et urgences actuelles.

Accélérer et rendre irréversible le renouvellement de la flotte pour des avions plus responsables.

L’évolution récente des technologies, en très grande partie imputable aux innovations des entreprises françaises et européennes, ont fait émerger une génération entière d’avions plus économiques, écologiques et silencieux que leurs prédécesseurs. Alors que le secteur est actuellement surcapacitaire, et que le démantèlement des avions est une activité intense en emplois, économiquement viable et utile écologiquement, nous proposons d’accélérer ce mouvement de renouvellement.

Proposition 1 : rendre fiscalement incontournable (taxation et/ou incitation au démantèlement) le démantèlement écologiquement et socialement responsable des avions de la flotte consommant plus de 30% de carburant de plus par kilomètre-passager que le leader de leur catégorie.

Cette proposition sera accélérée dans sa réalisation si l’on s’assure que dans les plans de reprise des compagnies aériennes, ce sont bien les avions les plus sobres qui sont remis en service les premiers.

Proposition 2 : obliger à ce que la remise en service commence par les avions les plus sobres dans leurs émissions (probablement les plus récents).

Développer l’efficacité opérationnelle et la responsabilité écologique aérienne du secteur aérien

De nombreuses actions ont été effectuées, soit par les opérateurs européens (et britanniques), soit par les institutions du transport aérien, via la recherche et l’innovation financée par le secteur public européen et national. Ceci a rendu possible des avancées opérationnelles majeures en opération aériennes, qu’il s’agisse des aéroports et moyens au sol, de l’opération des avions, ou bien du guidage aérien. Ces dynamiques doivent être encouragées et accélérées.

Proposition 3 : systématiser l’éco-pilotage en vol et au sol (groupe de parking dans tous les aéroports internationaux du territoire pour limiter l’usage de l’APU, routes plus directes, roulage au moins un moteur en moins, approche équilibrée pour la réduction du bruit).

Proposition 4 : rendre obligatoire la certification Airport Carbon Accreditation (ACA) niveau 3 ou supérieur de tous les aéroports du territoire (outremers compris), et ce avant le 1er janvier 2022, et faciliter en contrepartie la réalisation des opérations nécessaires à cette certification.

Fiscaliser le transport aérien pour une responsabilité écologique accrue

Dans le respect de la feuille de route issue de la CoP 21, mais également de la programmation pluriannuelle de l’énergie et de la loi d’orientation sur les mobilités, il est essentiel de s’assurer que les mobilités en France évoluent pleinement dans le respect des objectifs d’émissions carbone, de qualité de l’air fixées à l’échelle européenne. L’évolution actuelle des prix du pétrole, en l’absence de fiscalité du carbone, ne permet plus actuellement que les choix de rationalité économique soit en rapport avec les externalités générées sur la planète.

Les exemptions fiscales historiques du secteur aérien créent une distorsion de concurrence envers les modes de transport plus écologiques, et ne permettent même pas aux compagnies ayant investi dans du matériel moderne et écologique de tirer le fruit de leur investissement.

C’est pourquoi nous affirmons, au-delà des controverses et de la réticence des représentations actuelles du secteur à envisager l’éventualité d’une fiscalité, qu’il est essentiel que la puissance publique prenne ses responsabilités, et, à l’image de la dynamique actuellement entreprise en Grande-Bretagne ou en Allemagne, mette en place cette fiscalité écologique du secteur aérien trop souvent retardée, mais éminemment nécessaire à l’échelle de la France Métropolitaine, et plus largement de l’Europe. Cet outil sera un outil de compétitivité, dont les opérateurs aériens qui joueront le jeu en sortiront renforcés et en bonne situation de compétitivité, à l’échelle nationale, européenne et internationale.

Proposition 5 : instaurer une taxe carburant (sur le JET-A1) qui fonctionne comme une TIPP flottante (40% quand le pétrole est sous 50 euros / baril, 20% entre 50 et 80 euros / baril, 8% au-delà)

Proposition 6 : défiscaliser temporairement les carburants alternatifs durables (au seins défini par l’OACI) n’entraînant ni compétition avec l’alimentation humaine, ni occupation de foncier agricole ou consommation de ressources en eau ou en biodiversité.

La compensation carbone, dont les évolutions des deux dernières années ont montré qu’elle correspondait à une attente sociétale forte, voire essentielle, peut être à la fois encouragée, accompagnée et renforcée par la loi.

Proposition 7 : rendre obligatoire la compensation carbone pour tous les trajets intra-France (métropole et outremers), au départ et à destination de la France, et ce sur une base de compensation de 24 euros la tonne de CO2 émise en 2021, évaluée annuellement jusqu’à atteindre 100 euros la tonne en 2035).

Il est possible pour ceci de reprendre les modes de calculs suggérés par CORSIA, mais en imposant la compensation non sur la croissance du secteur, mais bien sur l’ensemble du trafic, et en intégrant tous les trajets interne France (y compris les outremers), au départ et à destination de la France,

Impliquer l’ensemble de la filière du transport aérien (depuis le constructeur jusqu’au voyagiste) dans une approche globale

 

Les difficultés récentes entre voyagistes et opérateurs aériens montrent l’importance de développer, par exemple autour de la responsabilité environnementale, une nouvelle éthique relationnelle dans l’organisation de bout en bout du déplacement aérien, et du voyage. De nombreux français en ont fait les frais puisqu’elles ont engendré des refus de remboursement sur des montants particulièrement élevés.

Proposition 8 : obtenir de l’ensemble des voyagistes (physiques et en ligne) proposant des voyages à des voyageurs français qu’ils consacrent 10% de leurs commissions à des projets de compensation à haute valeur écologique et sociale.

Au-delà des effets d’annonce effectués par certains opérateurs, communiqués largement mais parfois peu suivi d’effets, le transport aérien a la capacité d’effectuer une transformation écologique, sociale et économique pertinente autour de la sortie du plastique, de l’économie circulaire, de la diversité et du handicap, qui doit être encouragée par une incitation législative forte et des échéances resserrées.

Proposition 9 : obliger à la mise en place sous 24 mois d’une politique écologiquement responsable appliquée de manière opérationnelle: 0 plastique jetable à usage unique au 15 juin 2021, gestion des déchets de bord 5 flux, accessibilité aux personnes à mobilité réduite…).

Le voyageur ne sera incité, quel que soit le moyen de transport en commun, à reprendre son voyage que parce que les conditions sanitaires lui seront garanties comme irréprochables, par des engagements où tous les opérateurs de la filière jouent leur part.

Proposition 10 : généraliser d’une approche sanitaire et de santé irréprochable, sur l’ensemble du parcours voyageur (mise à disposition de masques, gel et gants), prise de température voyageur, présence d’un cabinet médical en aéroport ayant des capacités de test rapide – cf. Corée du Sud, Australie…, gestion des eaux propres et usées, recyclage et valorisation des équipements usagés…).

Nous recommandons un petit succès rapide, essentiel pour la protection du consommateur.

De nombreux témoignages font état d’annulations, de surfacturations ou de reports massifs et abusifs de compagnies françaises, qu’il s’agisse de vols commerciaux ou de vols de rapatriement. Cette situation va à l’encontre de la nécessaire exemplarité et intégrité dont doivent faire preuve des sociétés aidées par la puissance publique, et il convient d’y mettre bon ordre par une mission d’enquête et des actions correctives appropriées.

Petit succès rapide : mettre en place avant juin une mission d’enquête parlementaire sur les annulations / reports : surfacturations de vols opérés dans le contexte du rapatriement par les compagnies aériennes françaises ou ayant opéré à la demande d’opérateurs français.

Enfin, il est temps que l’Etat réaffirme son rôle d’aménageur visionnaire de long terme, tant en terme de maillage territorial des aéroports, de plateformes multimodales que de structuration des filières aéronautiques. C’est l’engagement qu’il a pris lors de l’Accord de Paris, et cet engagement nécessite une politique cohérente de maîtrise de l’empreinte carbone, des ressources en eau, de la biodiversité et du foncier:

  • mise en complémentarité, et en réseau opérationnel de l’offre aérienne avec le train, conduisant à privilégier systématiquement le train pour tous les déplacements inférieurs à 3 heures par une simplicité d’usage, et des taxes spécifiques adaptées,
  • développement sur les outremers d’une offre aérienne adaptée et responsable permettant et la continuité territoriale (en particulier sur la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie, Wallis-et-Futuna, la Guyane), et une intégration régionale accrue,
  • accompagnement à l’innovation écologiquement responsable du secteur aérien, à une meilleure prise en compte de la santé dans l’expérience aérienne et ferroviaire (espace, pressurisation ou conditionnement d’air avec des filtres adaptés, lumière…), et à une performance écologique ambitieuse.

Ceci peut être fait en considérant que le transport aérien français est fait d’une myriade d’acteurs, et qu’il convient dans les aides de respecter la neutralité vis-à-vis de la concurrence, et que la majorité des aéroports sont opérés grâce aux concours des régions, chambres de commerces, collectivités locales et représentations consulaires.

Tout ceci peut être fait à court terme, et dans le respect d’une compétitivité forte de la France dans le secteur aérien, d’un message qui rassure et responsabilise le voyageur, et d’un niveau d’exigence et d’accompagnement qui permette au secteur d’innover et de devenir encore plus compétitif, engagé, et innovant.

Nicolas Imbert, directeur de Green Cross, le 21 avril 2020

CoVid 19 10 propositions pour des territoires plus résilients

1410Version PDF disponible ici en téléchargement

CoVid-19_TousEnsembleLa pandémie CoVid-19 qui frappe le monde entier aujourd’hui, nous bouleverse et nous interpelle. A très juste titre, puisque pour éviter de vivre à l’avenir de manière répétitive des situations similaires, il nous faudra drastiquement changer le mode de fonctionnement de nos sociétés, nos manières de vivre et notre rapport au vivant, humain et non humain, relié par une communauté de destins sur la planète.

Depuis le début des années 2 000, les épisodes de grippes aviaires, porcines ou des infections à coronavirus (SRAS en 2003, MERS en 2012, et désormais SRAS-Cov2 en 2019-2020) se multiplient, avec à chaque fois des conséquences de plus en plus sévères sur l’humanité, et le fonctionnement de ses civilisations. Nos modes de vie, et l’organisation actuelle de nos sociétés, nous ont rendus particulièrement vulnérables à ces menaces :

  • Nous multiplions les élevages industriels d’animaux, souvent issus d’un nombre très limités de souches génétiques, sur-concentrés, utilisant régulièrement des antibiotiques préventifs et curatifs qui sont les mêmes que ceux des humains, dispersées dans la nature après assimilation sans qu’il ne soit possible d’en anticiper les effets.
  • Autant nos systèmes d’approvisionnement d’eau et d’épuration sont devenus performants par rapport aux paramètres physico-chimiques de la qualité de l’eau, autant ils sont relativement impuissants en ce qui concerne la vie microbiotique,
  • Notre vision et administration occidentale de la santé publique s’est focalisée sur les enjeux normatifs et hygiéniste de la santé, et sur la médecine curative, laissant de côté des pans entiers de la dimension systémique de la santé humaine et environnementale, qu’il s’agisse de l’anticipation, de la prévention, de la détection rapide et de la réponse aux déséquilibres et atteintes des écosystèmes,
  • La déforestation, l’artificialisation des terres ainsi que l’emprise humaine sur les zones humides ont à la fois mis à mal les barrières naturelles entre la faune et la flore sauvage et les habitats humains, mais également perturbé fortement l’équilibre des milieux primaires, générant par leur pollution et leur dégradation des déséquilibres flagrants.

Cette vision, qui a prévalu dans les instances de gouvernance et la structuration des politiques publiques des 50 dernières années, n’est pas universelle. En Amérique du Nord et du Sud, en Afrique, en Océanie, en Asie, les savoirs traditionnels, souvent associés aux peuples autochtones, sont structurés autour de cette approche holistique de la santé de l’humain et des écosystèmes. Ceci a permis de développer une vision plus focalisée sur l’anticipation que sur la réparation, qui nous fait cruellement défaut aujourd’hui. Et ce, alors que les efforts conjugués de la médecine et du développement humain de nos sociétés ont permis de franchir, du 19ème au 21ème siècles, des progrès en qualité de vie que nous n’aurions probablement pas osé espéré il y a 150 ans.
L’urgence est actuellement à la remédiation, pour laquelle nous exprimons toute notre solidarité, tant avec les autorités, les personnels soignants, les chercheurs, que toutes celles et ceux qui participent de manière généreuse et désintéressée à l’effort collectif.
L’heure est aussi, maintenant et dans les prochaines semaines, à façonner les premières briques de ce qu’il convient de faire pour reconstruire des sociétés globalement plus résilientes, éviter de gaspiller une énergie essentielle à tenter de reconstruire des dispositifs instables ou porteurs de vulnérabilités, et mettre en place à juste effort les éléments de base d’un monde plus serein.
La situation actuelle, tant en France que dans le reste du monde, a permis d’identifier ou de ressentir de nombreuses vulnérabilités, qu’il nous reste à préciser, formaliser, et résorber :

  • La réponse d’urgence n’est pas assez anticipée, tant dans la localisation des savoir-faire stratégiques que dans l’anticipation des enjeux, nécessitant un réel investissement en prospective des territoires, orienté vers la résilience et vers l’action,
  • Notre rapport au vivant, qu’il s’agisse de l’élevage animal destiné à la consommation humaine, de l’artificialisation des sols, est, au-delà des questions d’éthiques et de durabilité de la planète, un facteur de vulnérabilité essentiel pour l’espèce humaine y compris sur la génération actuelle, ce qui nous impose de nous engager d’urgence dans des changements structurels majeurs,
  • Les pollutions de tous les milieux, en particulier l’eau, l’air et les sols, sont autant de facteurs de propagation ou d’amplification des pandémies,
  • Notre perception de la santé humaine s’est focalisée en Europe sur la médecine curative, voire sur son administration, alors que dès son article 3 le traité de l’Union Européenne insistait sur la mise en place d’une compétence exclusive santé – au même titre que l’agriculture – à même de sécuriser et de mettre en sureté nos peuples et nos territoires sur ces enjeux essentiels.

Toutes ces vulnérabilités étaient, jusqu’à maintenant, connues et identifiées, précisées par des sources scientifiques, propagées par des lanceurs d’alertes, développées par des voix de la conscience…mais souvent, peu prises au sérieux, et peu consolidées dans une vision systémique en mettant en avant les risques, les interdépendances, et les potentielles conséquences en cas de bouleversements en cascade. Or nous voyons maintenant, y compris dans une approche de continuation d’activité, de risque systémique, et de plan de remédiation post-catastrophe, l’importance d’envisager de manière transverse et intégrée ces vulnérabilités, et les bouleversements induits, qui sont tout sauf fortuitement théoriques.
Dans différents pays, et en particulier en France, la survenue de cette pandémie coïncidait avec des élections locales. Ceci implique la programmation et la mise en place effective stratégies de résiliences, de plans d’adaptation et d’atténuation, et autres dispositifs permettant de construire, à l’échelle locale, des territoires urbains et locaux plus résilients. L’enjeu étant, tout simplement, à l’espèce humaine de vivre plus sereinement sur cette planète, sur cette génération, puis de transmettre une planète vivable aux générations à venir.

Depuis 3 ans, ce message est répété inlassablement par les rapports du GIEC, les grèves pour le climat, les allocutions répétées du secrétaire général des Nations-Unies… Il ne s’agit pas d’une action philosophie, prospective pour les générations futures, mais bien d’un besoin de plan d’action sur les 2 à 10 ans à venir, qui répond à une urgence du quotidien, et doit donc se transcrire par des faits, et un changement de cap précis.
Ceci nous conduit à fournir les recommandations suivantes.

  1. La résilience est une notion fortement territorialisée, qui doit être débattue et mise en œuvre à l’échelle du territoire, à la fois par une stratégie, un schéma et un plan de mise en œuvre connus de toutes et tous et appliquées par chacune et chacun.
  2. Les objectifs du développement durable (ODD) sont un cadre structurant pour construire cette démarche de résilience territoriale. En tant que quels, ils doivent servir de socle à la construction de toute politique publique, depuis le niveau territorial jusqu’au niveau supranational, et être complété par une approche structurée de gestion des risques systémiques et régaliens, éventuellement mis en réseau au sein d’une institution onusienne pour une meilleure anticipation collective,
  3. La santé humaine, comme celle des écosystèmes, est essentielle à la survie de l’humanité. Elle doit faire l’objet d’une mobilisation transversale, prospective et opérationnelle, associant les savoirs traditionnels, la science, la médecine, l’innovation et le big data, permettant une anticipation des enjeux et une réponse précoce adaptée, au-delà des stricts enjeux curatifs. Ceci doit se faire, de manière coordonnée, depuis l’échelon territoriale jusqu’aux plaques supranationales (Europe en particulier),
  4. L’alimentation doit être revue et territorialisée, dans une logique de résilience accrue, permettant tant via le maraichage, les grandes cultures, l’algo et l’aquaculture que la pêche et l’élevage, de nourrir la population tout en préservant le vivant, et l’équilibre des écosystèmes. En particulier, l’élevage doit faire l’objet d’un plan d’urgence pour une diversité accrue des espèces et des souches génétiques, une évolution forte de la conduite d’élevage limitant fortement promiscuité et recours aux antibiotiques, et une généralisation des principes d’agro-écologie, notamment via la polyculture multispécifique et la diminution forcenée des intrants,
  5. La préservation des milieux, tant en quantité qu’en qualité et en continuité écologique, devient prioritaire en particulier sur l’air, l’eau et les sols, afin d’éviter les propagations virales dues à des barrières naturelles déjà outrepassées, Les critères de l’OMS constituent pour ceci une bonne base de départ, en considérant leur dépassement non pas comme conséquence inévitable de notre mode de vie, mais bien comme une altération forte nécessitant une remédiation immédiate,
  6. La structuration urbaine et territoriale devient un enjeu essentiel de résilience, en particulier pour les villes moyennes. La structuration de l’écosystème urbain doit permettre à la fois de développer solidarités et synergies, mais également de construire une coopération multi-spécifique à même de développer une dynamique collective plus robuste que chaque dynamique individuelle. Nous constatons à ce titre, dans des métropoles aussi différentes que Wuhan, Paris ou New-York, des phénomènes d’amplification liés à une surconcentration excessive et à l’absence  de « sas de résilience », alors même que des concepts comme la « ville du quart d’heure » permettent de reconstruire ces sas de résilience,
  7. Le futur énergétique doit être accéléré, en rendant obsolète les schémas de production concentrée de l’énergie pour accélérer via l’efficacité énergétique la généralisation des énergies 4D (Déconcentrées, Diversifiées, Décarbonées, Démocratiques), qui permet de construire une résilience locale via le développement des boucles énergie / matière et énergie / déchet, le développement de l’économie circulaire, et la capacité de chacun à devenir acteur de son approvisionnement énergétique tout en tirant le meilleur profit des infrastructures existantes,
  8. La fiscalité doit évoluer pour être en ligne avec la transformation écologique de nos sociétés, quittant son assise sur le travail pour devenir une fiscalité énergie / matière, imposant l’atteinte aux ressources de la planète ou leur altération, et permettant de maximiser la triple performance (écologique, sociale et économique) créée sur le territoire.
  9. La finance se doit de reprendre et d’amplifier la dynamique impulsée par l’Accord de Paris en 2015 à la CoP 21 mais trop imparfaitement suivie, notamment via la mise en place d’une économie régénérative, permettant la reconquête des écosystèmes via la performance économique, une taxation sur les transactions financières encourageant la territorialisation de l’investissement, et une suppression immédiate à tout investissement ou support public dans les énergies fossiles, et ensuite une différenciation des opportunités d’aide publique selon la performance écologique ou humaniste de l’investissement,
  10. De telles évolutions ne sauraient se faire sans une Transition Juridique d’ampleur, qui repositionne l’humain au sein des écosystèmes, réaffirme la primauté de la continuité de l’espèce humaine, des communs et des enjeux humains sur les intérêts économiques et de court-terme, accompagne la bascule vers un modèle développant le lien entre le local, le national et le supranational via des synergies et coopérations opérationnelles, encourage une cohabitation sereine entre humain et non-humain et fasse de la santé et de l’intégrité de toutes et tous des valeurs essentielles de nos sociétés. Différents outils, comme la Déclaration des Droits et Devoirs de l’Humanité, permettent d’accélérer cette transition.

Dans ces moments particulièrement difficiles, et intenses, nos pensées vont à toutes celles et à tous ceux qui souffrent, à celles et ceux qui s’activent pour sauver des vies, réparer les vivants et restaurer les écosystèmes.

Nous souhaitons à toutes et tous de pouvoir rapidement trouver un mode de vie plus serein, et vous encourageons à mettre en place dès maintenant, à l’échelle des territoires, les réflexions et modes d’action permettant d’accélérer la transformation écologique de la vulnérabilité à la résilience dont nous avons toutes et tous un besoin aussi urgent que précis, et existentiel.

Nicolas Imbert, directeur de Green Cross, le 30 mars 2020