Ce 8 juin est la journée mondiale des océans. Ceci nous concerne tous: l’océan est un milieu nécessaire à la vie, fragile…il est grand temps d’en prendre soin pour préserver un rapport durable entre humanité et océans.
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Mais qu’en connaissons-nous ?Il y a fort à penser que 80 à 95% de la vie marine est encore inconnue. Qu’il s’agisse de l’échelle microscopique, ou des abysses, des millions d’organismes restent vraisemblablement à découvrir. Ces micro-organismes recèlent de véritables trésors dignes d’inspirer les activités humaines. Ainsi, l’expédition scientifique de Tara ouvre de nouveaux horizons de connaissance sur le plancton et les micro-organismes, en permettant la caractérisation ou la découverte d’une vie auparavant inconnue. Souvenons-nous qu’une diatomée arrive à produire du verre à partir de silice sous une température de 2°C. Quel processus industriel atteint la même performance ? De même, on estime que 80% des ressources minérales, environ 50% des protéines consommées sur terre, la moitié des traitements anticancéreux, sont issues des ressources marines.Concrètement, quelles sont les priorités ?Nous en identifions trois : la reconquête d’une synergie durable entre activités humaine et reconquête des milieux en zone littorale, un nouveau « contrat d’avenir » pour les activités humaines en mer basé sur la responsabilité, et l’émergence d’une nouvelle gouvernance apaisée sur les territoires maritimes.
Interface par excellente, fenêtre ouverte sur la mondialisation et l’inconnue, la zone littorale a souvent souffert d’une absence de vision intégrée. C’est pourtant le domaine des équilibres fragiles, entre artificialisation et érosion, surexploitation et préservation. Mais aussi d’une compétition d’usage entre tourisme, pêche et exploitation minière ou pétrolière. Ou bien tributaires de la pollution marine par les activités terrestres, qu’elles soient industrielles ou agricoles. Voire de la négligence des individus, d’un mauvais assainissement ou de déversements sauvage en mer.
Mais cette zone littorale est également pour les territoires un creuset : c’est de là qu’on développe une attractivité touristique, gastronomique ou identitaire, et que l’on tire souvent une nouvelle prospérité. Et c’est aussi là que l’on peut ou va pouvoir développer de nouvelles activités, en redynamisant une pêche artisanale respectueuse de l’environnement, en développant l’aquaculture plurispécifique plus écologique qu’un élevage intensif mono-spécifique, en développant les énergies marines comme l’éolien off-shore. Et ce, dans un projet concerté et coordonné.
Ainsi, la Baie de Saint-Brieuc, retenue pour un projet éolien off-shore, possède un excellent potentiel de création de valeur autour de sa zone littorale: un tissu entrepreneurial fort et qui se structure, une forte sensibilisation aux enjeux énergétique mais également un projet territorial de transition écologique, qui comporte également des dimensions agro-alimentaires et touristiques, tout comme une forte expérience de concertation territoriale obtenue lors de la création de la filière pionnière de la coquille Saint-Jacques…on pressent une réussite similaire au rayonnement de Toulouse dans les années 80, catalysé par l’aéronautique, mais désormais prolixe de la santé à l’agroalimentaire, de la recherche aux métiers de service.
Et ce même élan se ressent au Sénégal qui a récemment abandonné les permis de pêches industrielle prédateurs des années passées pour permettre la revitalisation de son territoire autour de la pêche artisanale et des énergies renouvelables, en particulier dans la région de Saint-Louis. Ou bien sur la côte brésilienne, en Corée du Sud, en Ecosse…les exemples sont nombreux, rendant encore plus nécessaire un partage des retours d’expériences et bonnes pratiques à l’échelle internationale. Le littoral est un formidable creuset d’innovation durable et de transition écologique.

L’appel sera relayé vers les institutions et acteurs politiques dans la perspective des importantes négociations sur la gouvernance de la Haute mer de la Commission sur le développement durable de l’ONU en 2014.
Nicolas Imbert, directeur exécutif de Green Cross France et Territoires