Déc 07

Assez de mythes : le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables

| 07.12.11 | 14h51  •  Mis à jour le 08.12.11 | 12h09

L’affirmation est martelée au point de passer pour une évidence : le nucléaire coûterait moins cher que les énergies renouvelables. “Corollaire” : diminuer la part du premier pour développer les secondes, comme le propose par exemple l’accord Europe Ecologie-Les Verts-PS, augmenterait le prix de l’électricité, appauvrirait les ménages et amènerait les usines à délocaliser. Pourtant, cette affirmation est déjà fausse et le sera encore plus à l’avenir.

Si l’électricité est moins chère en France que dans la plupart des autres pays européens, c’est parce que l’Etat a longtemps subventionné le développement du parc nucléaire et que le niveau actuel du tarif réglementé ne permet pas de financer le renouvellement du parc, quels que soient les choix à venir entre nucléaire, centrales thermiques et énergies renouvelables. L’évolution récente des coûts de production électrique est, à ce titre, éclairante.

Dès les années 1980, le programme nucléaire français a vu son coût augmenter, évolution qui ne fait que se prolonger avec le réacteur surpuissant EPR. Cette dérive s’observe en particulier sur les coûts d’investissement, un poste très important. Comme le montre un article publié dans la revue scientifique Energy Policy, le coût d’investissement dans les centrales nucléaires françaises a été multiplié par 3,4 en vingt-cinq ans, même en déduisant la hausse du niveau général des prix. L’EPR ne fait que poursuivre cette trajectoire puisque en supposant – hypothèse optimiste – que la facture finale ne dépasse pas la dernière estimation (6 milliards d’euros), on atteint 3,64 euros le watt – 4,7 fois plus qu’en 1974.

Autre problème, ces coûts ne prennent pas en compte le démantèlement des centrales en fin de vie, ceux de la gestion des déchets, du risque d’accident et les divers coûts de fonctionnement. En se développant, la plupart des techniques voient leur coût diminuer par effet d’apprentissage, et c’est le cas pour les énergies renouvelables ; mais, avec le nucléaire, l’inverse se produit : plus on le développe, plus il coûte cher.

UNE BAISSE IMPRESSIONNANTE

En comparaison, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, le coût d’investissement de l’éolien terrestre était en 2009 de 1,30 euro le watt. Même “normalisé” pour prendre en compte l’intermittence, le coût d’investissement de l’éolien est environ 15 % inférieur à celui de l’EPR, démantèlement inclus. Et, selon une analyse de Bloomberg, le coût de l’électricité d’origine éolienne, déjà divisé par 4,5 depuis les années 1980, devrait encore diminuer de 12 % dans cinq ans.

Quant à l’énergie solaire tirée des panneaux photovoltaïques, elle a connu une baisse impressionnante : début 2011, un module photovoltaïque coûtait en moyenne 1,20 euro le watt en Europe, contre 4,2 euros le watt dix ans plus tôt. Depuis quelques mois, la moyenne sur le marché allemand est même de 1 euro le watt. Même normalisé pour prendre en compte l’intermittence, le coût d’investissement dans le photovoltaïque ne dépasse plus celui de l’EPR (en incluant le démantèlement) que d’environ 25 %. De plus, les professionnels du secteur anticipent encore une baisse de 35 % à 50 % des coûts d’ici à 2020. Comme l’écrit le Prix Nobel d’économie Paul Krugman, “si la tendance à la baisse continue (et elle semble s’accélérer) nous ne sommes plus qu’à quelques années du point où la production d’électricité à partir de panneaux solaires deviendra moins coûteuse que celle à partir de charbon”. Pour simplifier, les calculs présentés ici laissent de côté les coûts de fonctionnement, mais ces derniers sont du même ordre de grandeur entre éolien et nucléaire, et plus faibles pour le photovoltaïque. De même, si un renforcement du réseau est nécessaire en cas de développement des renouvelables, c’est aussi le cas pour l’EPR (340 millions d’euros pour la ligne Cotentin-Maine nécessitée par l’EPR de Flamanville).

Nous vivons un moment historique : celui où les énergies renouvelables deviennent moins coûteuses que l’électricité d’origine nucléaire ou fossile, pour peu qu’elle soit obligée de payer pour ses externalités négatives : émissions de CO2, risques d’accidents, déchets radioactifs… La France se crispera-t-elle sur une technique dépassée, ou se tournera-t-elle vers la seule manière durable de produire de l’énergie : la mobilisation des flux d’énergie renouvelable, et celle, indissociable, des économies d’énergie ?

Sandrine Mathy, présidente du RAC
Isabelle Autissier, présidente du WWF France
Madeleine Charru, présidente du CLER
Adélaïde Colin, porte-parole de Greenpeace France
Bruno Genty, président de France Nature Environnement
Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement
Sébastien Lapeyre, directeur du CNIID
Serge Orru, directeur général du WWF France
Sandrine Mathy, Isabelle Autissier, Adélaïde Colin, Madeleine Charru, Bruno Genty, Stéphen Kerckhove, Sébastien Lapeyre, Serge Orru
Article paru dans l’édition du 08.12.11

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Education

Intégrer une portée éducative dans les activités, notamment en facilitant les partages de savoir-faire et d’expériences dans le cadre de projets concrets de coopération décentralisée

Le projet Smart Water for Green Schools

L’accès à l’eau potable et à l’assainissement est l’un des plus grands défis mondiaux. L’eau insalubre menace la santé, l’éducation et freine le développement.  Toutes les 20 secondes, un enfant meurt d’une maladie véhiculée par l’eau.

Green Cross a développé au Ghana un programme de développement rural autour de l’accès à l’eau potable via les écoles (projet Smart Water for Green Schools). Un système d’accès à l’eau de boisson, simple et efficace, est installé dans une école, permettant à la fois de fournir de l’eau de boisson aux enfants et à leur famille, et de dépasser les réticences des parents à scolariser leurs enfants. L’apport d’eau dans les écoles et les villages permet de remédier bien sûr aux maladies véhiculées par l’eau, mais également de sécuriser l’environnement scolaire des enfants, et d’alléger la corvée d’eau des femmes et des enfants, qui passent des heures chaque jour à aller chercher l’eau.

Plus de 20 écoles ont été établies sur ce modèle au Ghana. Green Cross travaille à son adaptation dans d’autres régions du monde, en Bolivie notamment.

Les Dialogues pour la Terre

Lancés en 2002 à Lyon conjointement par Mikhaïl Gorbatchev et Maurice Strong, les Dialogues pour la Terre (Earth Dialogues) cherchent à stimuler la prise de conscience publique sur le lien entre pauvreté, sécurité et environnement. Traditionnellement organisés avec les autorités, ces forums publics Dialogues pour la Terre se sont tenus depuis 2002 dans divers pays dont les Etats-Unis, le Pakistan, l’Espagne, l’Australie et le Brésil.

La Climate Change Task Force

Green Cross est un membre fondateur de la Climate Change Task Force. Ce groupe de travail sur les changements climatiques est une organisation indépendante, non gouvernementale composée de nombreux experts internationaux du climat, scientifiques, lauréats du prix Nobel de la Paix, ainsi que des anciens et actuels chefs d’Etat, appelant la société civile et le grand public à s’engager d’urgence dans le débat sur les évolutions climatiques.

Education pour un Développement Durable

C’est par une prise de conscience par les jeunes générations que repose la garantie d’un avenir durable pour la planète. Depuis 1999, Green Cross Japon encourage les enfants à prendre conscience de leur empreinte environnementale en écrivant dans le « Green Lane Environmental Diary » (le journal de l’environnement), un programme éducatif diffusé auprès de plus de 600 000 élèves japonais au cours des 10 dernières années. Ce projet a été décliné en  2010  en Australie , et se propage depuis 2011 à travers le monde.

Solidarité

Accompagner les populations souffrant des conséquences des catastrophes environnementales via des programmes de médecine sociale, et informer de manière transparente sur les conséquences

Médecine Sociale

A travers son programme Social and Medical Care (Médecine Sociale), Green Cross offre un accompagnement médicaleet psychologique aux communautés souffrant des conséquences sanitaires, environnementales et économiques de désastres ayant entraîné la contamination de vastes territoires : l’accident nucléaire de la centrale de Tchernobyl, l’emploi de l’ « agent orange » lors de la guerre du Vietnam, la fabrication et le stockage d’armes chimiques, etc.

Par exemple, autour de Tchernobyl, le nombre de cancers de la thyroïde a été multiplié par plus de 50 parmi les jeunes de moins de 18 ans au moment de la catastrophe.

Green Cross accompagne le suivi médical de certaines communautés isolées et organise régulièrement des voyages permettant l’éloignement momentané des enfants et adolescent des zones les plus contaminées.

Depuis sa création, Green Cross est particulièrement présente dans la région de Tchernobyl à travers son programme de Médecine Sociale, qui a effectué un suivi sanitaire, un accompagnement sanitaire et social et une consolidation des données médicales sur les territoires russe, biélorusse et ukrainien à proximité de la catastrophe.

Au Vietnam, Green Cross mène des actions auprès des enfants et des adolescents handicapés par l’Agent Orange en leur faisant bénéficier de prothèses et de suivis orthopédiques.

Analyse environnementale post-conflit

Green Cross milite pour une plus grande prise de conscience des dégâts environnementaux causés par les guerres et s’assure que la réhabilitation de l’environnement est incluse dans les programmes d’assistance humanitaire après les conflits.

 

Les experts internationaux de Green Cross, à la demande des gouvernements et des Nations Unies, fournissent des évaluations indépendantes des conséquences environnementales des conflits armés. De telles analyses ont par exemple été menées après la guerre du Golfe et dans les Balkans.

Green Cross se donne pour mission de maîtriser les dommages consécutifs aux catastrophes industrielles et militaires post-conflit (l’Europe de l’Est, Amériques, Asie, Afrique…). Elle a effectué un ambitieux programme de réduction des  contaminations résiduelles datant de la Guerre Froide (programme Héritage de la Guerre Froide), et intervient régulièrement sur des sujets liés au désarmement, au démantèlement nucléaire et chimique.

Transition

Promouvoir le développement d’innovations (technologiques, économiques, sociales) propres créant de la valeur localement pour l’accès aux ressources naturelles, l’alimentation et la santé

Stratégies Energétiques pour l’Avenir

Plus de 1,3 milliard de personnes, soit près de 20 % de la population mondiale, ne bénéficient pas aujourd’hui d’un accès satisfaisant à l’énergie,  notamment d’origine électrique. A contrario, des comportements de plus en plus énergivores, notamment dans les pays énergivores faisant naître des impératifs d’efficacité énergétique. L’extraction des énergies fossiles, comme l’exploitation concentrée de certaines énergies, donnent également lieu à des tensions géopolitiques et opérationnelles et nécessitent une gestion du risque, de la sureté de fonctionnement et de la sécurité, à même de garantir un avenir serein aux populations.

Il est urgent d’unir nos efforts pour permettre un accès universel à une énergie propre et durable. L’ONU a désigné 2012 « Année internationale pour une énergie durable pour tous ».

Green Cross encourage de nouveaux modèles de comportement pour réduire la consommation d’énergie, assurer une autonomie énergétique accrue sur le territoire via l’utilisation accrue de renouvelables et la maîtrise de la demande, enrayer le changement climatique et préserver les ressources naturelles. Nous agissons également pour accélérer et faciliter le développement des technologies propres, de manière diversifiée et déconcentrée, localement ou à l’international.

Par ailleurs, dans la continuité de ses actions pour le désarmement et l’accompagnement du démantèlement des installations à risque, Green Cross encourage une information transparente sur les risques liés à l’exploitation des énergies fossiles, en particulier du nucléaire. Elle sensibilise à l’importance d’une sureté accrue de fonctionnement, un démantèlement propre et maîtrisé des installations en fin de vie et une mise en sûreté des matériels et déchets irradiés.

“ Pour mettre un terme au cercle vicieux “la lutte contre la pauvreté se fait au prix d’un environnement dégradé”, le monde doit rapidement passer à des énergies efficaces, sûres et renouvelables, lesquelles apporteront d’énormes bénéfices économiques, sociaux et environnementaux. Alors que la population mondiale continue de s’agrandir et que la demande énergétique croît, nous devons investir dans des sources d’énergie alternatives et plus durables (éolienne, solaire, géothermique, hydroélectrique) et dans des campagnes généralisées pour une meilleure maîtrise et de meilleurs rendements de l’énergie, qui offriront des possibilités plus sûres, plus efficaces et plus abordables pour concilier à la fois la demande en énergie et la protection de notre fragile planète. ”

Mikhaïl Gorbatchev, Président fondateur de GCI

 

Impulsion d’une logique territoriale

 

Les modèles émergeants, qui permettent d’assurer à la fois une meilleure qualité de vie et une préservation durable de la planète, ne peuvent se concevoir hors sol. Ils s’incarnent dans un contexte territorial, économique, environnemental et social, dont ils vont utiliser les atouts.

Green Cross encourage l’émergence de projets ambitieux sur les territoires et apporte son soutien à des initiatives d’expérimentation transverse, notamment sur les thématiques liées à l’eau, à l’alimentation et à l’énergie. Ceci passe par une identification des différentes innovations possibles, qu’elles soient technologiques, environnementale et sociale, un dialogue et une co-construction sur le terrain, ainsi que le partage de bonnes pratiques qui pourront être adaptées et diversifiées dans d’autres contextes.

Nous pensons que cet accompagnement est tout aussi nécessaire et urgent au Nord qu’au Sud, que ce soit sur un territoire réduit ou à grande échelle. Ainsi, notre plaidoyer tire sa raison d’être et sa pérennité de l’amélioration perceptible qu’il aura réussi à impulser sur le terrain.

Prévention

Anticiper les crises écologiques, énergétiques et alimentaires de demain

L’accès à l’eau, à l’alimentation, à l’énergie, la préservation de la biodiversité, l’hygiène et la santé publique… sont intrinsèquement liés. Leurs effets s’affranchissent des frontières nationales, mais impactent durablement la vie quotidienne, et qu’à ce titre une anticipation et une prévention de ces crises et conflits est possible, et éminemment nécessaire.

Le bassin du Nil, celui du Niger et du Congo, les rives du Lac Tchad, l’Amazonie…sont autant de régions qui montrent l’importance d’une gestion sage de l’accès aux ressources, afin d’éviter que les crises écologiques, économiques et alimentaires ne se traduisent en conflits armés.

Notre objectif est, par des actions de plaidoyer, de sensibilisation et la recherche de solutions pragmatiques, de trouver des schémas de coopération entre les parties prenantes. Nous souhaitons anticiper les enjeux pour une exploitation raisonnée des ressources naturelles et l’internalisation des externalités, dans un contexte de précaution, en mettant en place en amont les actions correctrices nécessaires.

« Que les conflits militaires actuels aient les moyens de provoquer des catastrophes humanitaires et écologiques dévastatrices rend leur prévention d’autant plus urgent et déterminant. Dans nos pensées et dans nos actions, la prévention doit être prioritaire ».

Mikhaïl Gorbatchev, Président fondateur de GCI

Eau

Encourager une plus grande prise en compte des thématiques de l’eau, au sens le plus large (accès à l’eau, assainissement, prévention et lutte contre les pollutions.

L’eau est, avec l’alimentation, un élément indispensable à la vie, au quotidien. Près d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable…plus de 2,6 milliards n’ont pas accès à des services d’assainissement.

Green Cross s’engage depuis sa création pour le droit à l’eau. Cet engagement nous conduit désormais à envisager la question de l’eau d’une manière systémique, en intégrant les contraintes générées par une urbanisation et une industrialisation accrue, les effets présents et à venir du changement climatique, l’empreinte agricole et les enjeux démographiques.

Droit à l’eau et à l’assainissement

En juillet 2010, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution dans laquelle elle déclare que le droit à une eau potable, salubre et propre est un « droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme ». Les organisations nationales de Green Cross s’engagent aujourd’hui pour que ce droit soit progressivement mis en œuvre par toutes les nations.

Coopération sur les eaux transfrontalières

L’eau ne connait pas de frontières. Son partage est source de tensions et de conflits entre les Etats qui se partagent la gestion et l’utilisation des quelques 276 cours d’eau et presque autant d’aquifères internationaux. Seuls 40% de ces cours d’eau font l’objet d’accords entre Etats.

  • Green Cross encourage la bonne gouvernance et coopération entre les acteurs partageant un même bassin pour que la ressource en eau devienne un vecteur de paix plutôt qu’une source de conflits.
  • Nous soutenons activement la ratification de la Convention des Nations Unies sur les cours d’eau internationaux, adoptée en 1997, qui facilite leur protection et leur gestion durable et équitable.
  • Nous promouvons une vision partagée des ressources naturelles au sein de tous nos programmes, notamment le projet Smart Water For Green Schools qui se déploie dans plusieurs grands bassins internationaux.

Assainissement, prévention et lutte contre les pollutions

De nombreux cours d’eau et littoraux sont polluées, en France et plus généralement dans le monde. Cette situation est sources de problèmes sanitaires, d’enjeux de santé humaine et animale, et génère des dégradations perceptibles de la qualité de vie.

Green Cross s’engage, en France et à l’international, pour contribuer à l’analyse des pollutions des cours d’eaux et littoraux, identifier des axes de résorption progressive de ces pollutions et proposer des comportements alternatifs d’utilisation des ressources en eau et d’assainissement.

Nous sollicitions et cherchons à tester des solutions innovantes, en France et à l’International, notamment via le  projet Smart Water For Green Schools.

Notre raison d’être

L’histoire de Green Cross International

Au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, certains délégués proposent la création d’une Croix Rouge internationale pour l’environnement. Concrétisant cette idée, Mikhaïl Gorbatchev fonde Green Cross en 1993.

Aujourd’hui présente dans plus de 30 pays, Green Cross concentre son action sur le lien entre pauvreté, sécurité et environnement.

« La menace pour la sécurité des hommes ne vient plus des conflits entre nations mais du conflit avec la nature et révèle le lien fondamental entre pauvreté, sécurité et environnement. Le monde est saturé de prédictions catastrophiste mais possède une grande capacité de changement et nous sommes une espèce ingénieuse. Le défi qui se présente à nous est une invitation à une transformation radicale que nous ne pouvons refuser. »

Alexander Likhotal, président de GCI 

L’association française, Green Cross France et Territoires, a pour raison d’être de répondre à 5 thématiques principales :

  • EAU : encourager une plus grande prise en compte des thématiques de l’eau, qu’il s’agisse d’accès à l’eau, d’assainissement, de prévention des conflits ou de suivi post-conflit
  • PREVENTION : anticiper les crises environnementales et humanitaires de demain
  • TRANSITION : promouvoir le développement d’innovations (technologiques, économiques, sociales) propres créant de la valeur localement pour l’accès aux ressources naturelles, l’alimentation et la santé
  • SOLIDARITE : accompagner les populations souffrant des conséquences des catastrophes environnementales via des programmes de médecine sociale, et informer de manière transparente sur les conséquences
  • EDUCATION : intégrer une portée éducative dans les activités, notamment en facilitant les partages de savoir-faire et d’expériences dans le cadre de projets concrets de coopération décentralisée

Notre approche est territoriale : nous pensons que c’est par le développement simultané d’un plaidoyer ambitieux et d’actions concrètes sur le terrain, en concertation avec toutes les parties prenantes, que notre action atteint son meilleur impact.

Déc 07

Emergency Call to Brazil’s President: Prevent a Global Catastrophe!

WWF |07.12.2011|

The Amazon is home to the largest remaining rainforest in the world. But the Brazilian government (backed by powerful agribusiness interests) is poised to open up vast new areas to agriculture and cattle ranching by changing its long-standing forest law.

The countdown has begun. Brazil is about to hand over millions of acres for legal clearance. This is in addition to a planned amnesty for millions of acres of already illegally cleared forest. This would reward the criminal destruction of forest, instead of forcing it to be reforested.

Rainforest covering 175 million acres could be lost or not restored – an area nearly as big as Germany, Austria and Italy combined. The consequences will be felt all over the world: 25 billion additional tons of CO2 could be released – equal to over 50 years of the current emissions of a country such as the UK. The law would also result in the unprecedented destruction of Brazil’s wildlife.

What’s worse, the new version of the law has been rushed through Congress with an alarming disregard for input from scientists, who’ve repeatedly shown that it isn’t necessary to cut more forest to increase Brazil’s economic growth.

Now the fate of the forests rests with President Dilma Rousseff, who could still choose to veto some or all of the proposed changes. In Brazil, over 1.5 million people have already signed a petition urging Dilma to act. Please add your voice to theirs and send an email to the President.

Only she can prevent the catastrophe.

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Nicolas Imbert (Green Cross France) : « ma vision de Rio + 20 »

Journalistes Ecrivains |03.12.2011|

Nicolas Imbert, nouveau directeur exécutif de Green Cross France et Territoires (GCFT), nous expose sa vision de Rio + 20. Pauvreté, insécurité, dégradation de l’environnement, c’est le cycle infernal que son organisation s’efforce d’inverser.

 Nicolas Imbert, directeur exécutif de Green Cross France et Territoires

Parallèlement à votre nomination, votre Président, Jean-Michel Cousteau, annonce que Green Cross prend un nouveau départ dans la perspective de Rio + 20. Pourquoi ce lien ?

Lors du forum de Rio, en 1992, un groupe de délégués, dont le Commandant  Cousteau, avait imaginé la création d’une organisation similaire à la Croix Rouge internationale, focalisée sur l’environnement. Le Président Mikhail Gorbatchev, mieux informé que quiconque sur « l’arsenal de destruction durable » hérité de la guerre froide, a relevé le défi. Green Cross est née en 1993 avec les priorités suivantes : l’accès à l’eau, la démilitarisation, le désarmement, la médecine sociale et la solidarité. Aujourd’hui présente dans plus de 35 pays, GC élargit son action à la prévention des crises écologiques, énergétiques et alimentaires, trop souvent à l’origine des conflits armés. Dotée d’une expérience spécifique tant globale que locale, notre organisation arrivera à Rio + 20, décidée à maximiser les résultats du sommet.

Quelques applications concrètes ?

Prenons l’accès à l’eau, aujourd’hui stratégique sur tous les continents. La Convention des Nations-Unies sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux a été signée en 1997 pour désamorcer les conflits entre Etats riverains. Son entrée en vigueur reste encore en attente de ratifications Par ses actions de plaidoyer, Green Cross s’efforce de les obtenir d’ici le Forum Mondial de l’eau en mars 2012. Par ailleurs, nous sommes actuellement préoccupés par le partage des eaux du Nil, majoritairement exploitées par l’Egypte au cours de l’histoire, ce qui ravive aujourd’hui les tensions avec le Soudan, le sud Soudan et l’Ethiopie.

Dans les pays industrialisés, c’est le cocktail de polluants accumulés dans l’eau qui devient un problème de société et de santé publique. GCFT prépare pour 2012 un Livre vert sur les enjeux de la pollution des littoraux, des grands fleuves et des lacs intérieurs en France et en Europe, dont nous dévoilerons les premiers résultats à Rio. On y trouvera l’état des connaissances sur les impacts santé-environnement ainsi qu’un tour d’horizon des technologies de remédiation. Comme on le verra, les coûts de dépollution incitent à se mobiliser sur la prévention !

En tant que co-coordinateur du Sommet, Brice Lalonde, plante fermement le décor : Rio + 20 n’est pas Rio 92 + 20, mais 2012 + 20. Certains parlent même de poser un cliquet sur les décennies passées. Qu’en pense GC ?

L’image du cliquet est intéressante si l’on veut que la prospective tire le Sommet. Rio 92 a lancé le paradigme d’une nouvelle gouvernance. Depuis, la société civile a appris à travailler dans le concert des nations, si discordant soit-il. Chaque sommet impulse un nouveau tempo. Nous avons une partition globale à jouer d’ici les 20 prochaines années. Partition qui s’invente rapidement sur les territoires et dans la coopération décentralisée.

Parmi les plus actifs pour Rio, l’ICLEI (le Conseil International des Gouvernements Locaux pour le Développement Durable) rassemble déjà près de 1500 collectivités engagées sur tous les continents : des villes en quête d’un urbanisme soutenable pour pouvoir accueillir la moitié de l’humanité, des
assemblées territoriales qui échangent leurs meilleures pratiques. Certains pays ont franchi sans attendre le seuil de non retour. Le Costa Rica ou la Suède sont parés pour le XXIe siècle. L’Allemagne vient de mettre un cliquet à sa stratégie énergétique tout en maintenant le cap sur ses objectifs climatiques. Parmi les émergents, la Chine et le Brésil, certes responsables de dommages parfois irréversibles, lancent des innovations alternatives où l’écologie devient vecteur du développement. C’est précisément là que GC veut placer le cliquet pour les 20 prochaines années. Si nous n’y parvenons pas, la compétition économique aura raison des ressources écologiques. Et le perdant sera… l’homme.

Selon Brice Lalonde, les pauvres de la planète sont « très remontés contre l’écologie ». Ils exigent avant tout la justice sociale. Est-ce compatible avec votre démarche ?

La situation est extrêmement hétérogène par continent. Dans de nombreuses contrées du monde, la question la plus préoccupante reste l’accès à l’eau, à l’alimentation, à l’énergie.

A contrario, les économies occidentales ont longuement prospéré sur une exploitation sans compensation d’une grande partie des réserves fossiles de la planète.

Pire, certains instruments de compensation et de péréquation imaginés dès Rio 92 se sont transformés en outils spéculatifs – cela n’est pas sain et les pays pauvres s’indignent légitimement de ce détournement d’objectifs. Globalement, nous pensons que la transition des 20 prochaines années passe par un changement de paradigme économique. La crise financière qui frappe les pays de l’OCDE rend obsolète notre modèle actuel : il faut tendre progressivement vers la proximité des productions vitales, l’économie réconciliée avec l’écologie et le social. Cela passe par des innovations technologiques et sociétales adaptées.

Les idées les plus simples ont parfois des effets systémiques remarquables. Exemple, le projet « smart water for green schools » que nous avons testé au Ghana. 20 écoles ont été équipées d’un point d’eau potable pour les enfants et leur famille. Les maladies hydriques ont été éradiquées, les femmes libérées de la corvée d’eau et tous les enfants sont scolarisés. Ce programme est maintenant en cours d’adaptation en Bolivie. Pauvreté, insécurité, dégradation de l’environnement, mais aussi accès difficile à l’éducation, c’est ce cycle infernal que nous devons inverser.

Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations-Unies, a inscrit les objectifs du millénaire au sommet de l’agenda de Rio + 20. Est-ce la solution ?

Green Cross a déposé un cahier d’acteur, en contribution au draft 0 de Rio + 20. Nous pensons que l’accès universel à une énergie propre et durable, la sécurité alimentaire via le nexus eau-énergie-agriculture est une priorité réalisable bien avant 2030 pour peu qu’on y consacre chaque année le budget d’armement nucléaire de la planète, soit 109 milliards de USD en 2011 ! Nous proposons de faire de Rio+20 l’occasion unique de sceller un plan d’action global chiffré à l’intention des gouvernements, des entreprises et de la société civile, répondant aux trois questions clefs : qui ? quand ? comment ?

Cela passe aussi par un registre d’engagements contraignants comprenant le partage des tâches, l’objectif de résultat et le plan de financement annexé a la déclaration finale. En parallèle, les nations doivent se doter d’un levier d’action coercitif, à même de matérialiser une sanction rapide, financière et juridique, vis-à-vis des acteurs de dommages écologiques majeurs.Nous proposons qu’une instance juridique de rang supranational complémentaire des instances existantes voie le jour dès 2013 pour juger en direct ces dommages spécifiques. La force de la persuasion et l’importance de la sanction, permettraient d’éviter que les catastrophes écologiques ne se multiplient d’une décennie à l’autre. S’ils avaient intégré en amont les coûts directs et indirects (d’assurance notamment) liés à l’existence d’une telle instance, les projets industriels responsables des catastrophes du Golfe du Mexique, de Fukushima ou d’Ajka, pour ne citer qu’eux, n’auraient pu voir le jour, en privilégiant la rentabilité économique au détriment des conditions de sûreté.

A ce propos, le Japon demande une meilleure prise en compte des catastrophes naturelles et technologiques. Que faut-il en attendre ?

Le sujet doit être traité dans une logique de prévention, sur le temps long. Il y a un avant et un après Fukushima. L’urgence va vers le soutien aux populations touchées, et la mise en sûreté de l’ensemble des installations nucléaires mondiales.

Green Cross s’est mobilisé dès sa création sur le soutien aux populations de Tchernobyl. Elle a lancé le programme de médecine sociale Socmed pour les habitants de la zone contaminée en Russie, Biélorussie et en Ukraine. Nous suivons 5000 enfants affectés de maladies chroniques tout en surveillant l’évolution de leur environnement. La Suisse a en partie fondé sa sortie du
nucléaire suite à une visite du site organisée par Green Cross, 25 ans après la catastrophe.

Or les environs de Fukushima comptent une population 10 fois supérieure à celle de Tchernobyl, et le gouvernement japonais tarde à mettre en place un programme de médecine sociale. Nous pensons que l’effort de reconstruction au Japon est énorme, qu’il s’agisse de contamination des sols, de l’eau et des aliments, mais également en terme d’impact sanitaire et psychologique, notamment lors des traumatismes liés au déplacement de populations.

Pour améliorer le suivi des crises potentielles à venir, il est essentiel que le Japon livre le retour d’expérience de Fukushima en toute transparence.

Plus près de nous, quels seraient les effets d’un accident nucléaire dans des régions aussi peuplées que l’Ile de France ou la Vallée du Rhône ? Les Français n’en sont que partiellement informés. Pourtant « l’impensable arrive ». Le débat énergétique ne se résume pas en une approche comptable de milliards investis par énergie produite ni même d’emplois détruits pour les emplois créés.

GCFT s’intéresse-t-elle à d’autres secteurs déterminants pour les choix énergétiques des Français ?

Nous avons lancé la création d’un modèle stratégique de risques sur les enjeux économiques, écologiques et sociaux de l’exploration et de l’exploitation des huiles et gaz de schistes. La confrontation des scénarios et des données, l’anticipation des effets sur le temps long manquent de formalisation et d’estimations indépendantes quantifiées, ce qui rend le débat contradictoire difficile. Avec l’aide d’une société spécialisée dans le risque systémique, nous analysons et compilons les retours d’expérience aux Etats-Unis, en Pologne et en France, pour proposer un modèled’évaluation adapté au contexte français. Un outil et des supports permettant de sensibiliser les décideurs à une approche élargie du risque seront communiqués courant 2012.

Nicolas Imbert, vous avez accepté la direction exécutive de Green Cross France et Territoires après 12 ans d’expérience dans des cabinets conseils prestigieux. Pour quelle raison ?

Nos sociétés ont besoin de prospective, de vision, de démonstration par l’exemple et l’expérimentation. Depuis le début de mon activité d’ingénieur conseil, je parle de transition écologique avec des acteurs importants qui viennent du même monde économique que moi et des représentants des administrations publiques en quête d’objectifs clairs. Parallèlement, la société civile et les ONG ont évolué du rôle historique de lanceurs d’alerte vers celui de co-acteurs d’une nouvelle gouvernance. Ils savent pointer le doigt là où ça fait mal, proposer des solutions et démontrer aux acteurs économiques l’urgence d’infléchir leur stratégie. L’innovation sociétale est en marche. Pour enclencher une vitesse rapide, il faut instaurer une coopération sincère. J’ai la chance de pouvoir jeter des ponts entre ces deux mondes. Une force que l’on va de plus en plus rencontrer dans le paysage associatif;

Marie Hellouin

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Nov 29

L’Assemblée taxe l’utilisation des semences

Le Monde | 29.11.11 |

Au moment où le Conseil d’Etat annulait la suspension de culture de maïs OGM de Mosanto MON810 en France, lundi 28 novembre, les députés ont adopté une proposition de loi très controversée touchant au coeur de l’activité agricole. Ce texte relatif aux “certificats d’obtention végétale” instaure le versement d’une redevance pour l’utilisation des semences dites de ferme. Cette appelation désigne les semences que les agriculteurs réutilisent d’une année sur l’autre.

Un tel mécanisme existe déjà pour le blé tendre  : tout agriculteur qui livre sa récolte de blé tendre à un organisme collecteur doit verser une contribution de 5 centimes d’euro par quintal de blé livré

Le texte adopté prévoit donc de l’étendre à d’autres semences. La liste n’est pas arrêtée, mais vingt et une semences seraient concernées, en particulier les céréales. Quid des autres, comme les semences de légumes ? Leur réutilisation pourrait alors se voir interdites. La pratique des semences de ferme “doit être autorisée, mais elle ne peut être libre de droit comme elle l’est aujourd’hui”, a expliqué le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire, qui défendait le texte.

Cette proposition de loi, présentée par le sénateur UMP Christian Demuynck, avait été adoptée par le Sénat en première lecture le 8 juillet.  Des syndicats d’agriculteurs comme la Confédération paysanne et la Coordination rurale sont montés au créneau pour dénoncer ce qu’ils qualifient de “privatisation des semences”. Selon Guy Kastler, de la Confédération paysanne : “Le vote à l’Assemblée, sans amender le texte pour qu’il soit définitivement adopté avant l’élection présidentielle représente un véritable passage en force.”

A l’inverse, le Groupement national interprofessionnel des semences (GNIS) se félicite d’un texte qui “sécurise le financement de la recherche et donne aux sélectionneurs les moyens de développer durablement des programmes d’amélioration des plantes“.

Même satisfaction du côté de syndicat agricole FNSEA. Pour son président Xavier Beulin, “il est normal que les agriculteurs participent au financement de la création variétale puisqu’ils en bénéficient“. Il souligne également que le montant des redevances sera discuté au niveau de l’interprofession.

La Coordination rurale n’a pas manqué de souligner que M. Beulin est aussi à la tête du groupe Sofiprotéol, actionnaire de semenciers français comme Limagrain ou Euralis Semences. La balle est maintenant dans le camp de Bruno Le Maire, qui doit préciser les règles par décret.

Laurence Girard

Article paru dans l’édition du 30.11.11