Nov 09

L’ONU insiste sur le rôle crucial de la médiation dans la prévention des conflits

9 November 2011 –Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Nassir Abdulaziz Al-Nasser, ont insisté mercredi sur le rôle crucial de la médiation dans la prévention des conflits, à l’occasion d’une réunion consacrée à cette question au siège de l’ONU à New York.

« La médiation et les autres outils pacifiques sont au coeur même des Nations Unies. Le monde traverse actuellement un moment particulièrement difficile et les Nations Unies peuvent et doivent jouer un rôle important pour résoudre les différends et les conflits à travers le monde », a dit M. Al Nasser.

« Les Nations Unies ont un avantage comparatif. Elles fournissent la légitimité internationale pour un processus de médiation spécifique », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le Secrétaire général de l’ONU a estimé que la prévention grâce à la médiation était une des priorités du travail des Nations Unies dans les cinq années à venir.

« Je suis heureux de noter dans quelle mesure nous reconnaissons la médiation comme un outil précieux pour la gestion et la résolution des conflits. Nous avons fait des progrès dans le renforcement de nos capacités et dans l’établissement de partenariats efficaces avec les organisations régionales et la société civile », a-t-il dit.

Selon lui, les Nations Unies sont en mesure d’offrir aujourd’hui un soutien plus cohérent et plus professionnel aux processus complexes de maintien de la paix. Ban Ki-moon a rappelé que le Département des affaires politiques a été renforcé pour mieux répondre aux opportunités de résoudre des crises, notamment grâce à l’utilisation de la médiation. « Nos envoyés et nos missions de terrain sont sur le front de ces efforts, soutenus par l’expertise croissante à notre disposition », a-t-il dit.

En 2010, l’unité de soutien à la médiation du Département des affaires politiques a ainsi fourni un soutien opérationnel à 20 processus de médiation, de facilitation et de dialogue, citant en particulier le Sahara occidental, le processus de paix au Darfour et Chypre.

Dans certains cas, l’ONU soutient les médiateurs nationaux et locaux qui tentent de réunir des parties en conflit autour d’une table de négociation. C’est le cas en République centrafricaine, au Lesotho et au Libéria.

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Nov 08

Chili: le désert d’Atacama est en fleurs comme jamais depuis 20 ans

|08.11.2011|

Un sujet essentiel pour préserver les gisements miniers, notamment le désert d’Atacama que nous suivons de près.

ENVIRONNEMENT – On connaît encore mal la très riche biodiversité du parc naturel chilien…

Les bonnes années, d’immenses vagues de couleurs recouvrent des pans du désert considéré le plus aride de la planète: c’est le «désert fleuri» du nord Chili, à la fois célèbre et méconnu, et au millésime 2011 spectaculaire. Sur les flancs d’une montagne au sommet embrumé, on croit d’abord apercevoir des traînées de neige. En réalité, c’est un impressionnant tapis de fleurs blanches qui s’étale à perte de vue. A mesure que l’on avance, le blanc passe au jaune, puis au bleu, au rouge, à l’orange.

Il n’y avait pas eu autant de fleurs depuis 1989

La route menant au Parc Llanos de Challe, aux portes du désert d’Atacama à 600 km de Santiago, déroule ses coloris sans fin. Partout, des fleurs émergent du sable, envahissent les cactus, s’accrochent à la roche. Les mécanismes du «désert fleuri» restent mal connus. On sait qu’El Nino, le phénomène climatique balayant les côtes Pacifique de l’Amérique du Sud tous les 6-7 ans, apporte les pluies nécessaires à la germination des bulbes et rhizomes, qui peuvent rester des décennies en «latence». «C’est une année exceptionnelle, il a plu plus de 50 millimètres. Les fleurs commencent à pousser à partir de 15 mm par an, mais cette année toutes les espèces sont sorties», explique à l’AFP Carla Louit, directrice du parc.

Le volume de pluies est la clef, mais ne fait pas tout. Encore faut-il qu’elles surviennent à intervalles réguliers, ni trop fortes ni trop éparses, et que des gelées ne viennent pas couper la germination pendant l’hiver austral. Si ces conditions sont réunies, le désert fleuri peut durer de septembre à décembre. «La dernière fois qu’il y a eu autant de fleurs, c’était en 1989. Depuis il y a eu des déserts fleuris, mais jamais comme celui-là», s’émerveille le père Lucio, curé d’un village voisin et botaniste amateur.

Un parc national pour protéger les 200 espèces de fleurs

Le parc national a été créé en 1994 pour protéger cet écosystème de l’intense activité minière dans la région. «Nous avons plus de 200 espèces de fleurs endémiques, qui ne poussent nulle part ailleurs au monde, dont 14 en danger d’extinction», précise Yohan, un garde du parc, qui déplore les pratiques de certains visiteurs. «Des gens les arrachent pour les emmener chez eux pensant qu’elles vont pousser, évidemment elles ne poussent jamais. Et quand on arrache un bulbe, il est perdu pour le désert».

L’arrachage menace les plus rares, comme l’emblématique Griffe du Lion (Leontochir Ovallei), une grosse fleur rouge évoquant le rhododendron, et qui marque l’apogée du «désert fleuri». «Elle est la dernière à fleurir car ses bulbes sont enterrés très profond, et il faut qu’il tombe beaucoup d’eau avant qu’elle commence à sortir», explique le père Lucio. «Elle est monotypique, c’est la seule représentante de son espèce sur terre. Vous vous rendez compte?», dit-il visiblement ému.

Pas assez de fonds pour étudier la biodiversité du parc

Les moyens manquent pour surveiller le parc, avec «cinq gardes en tournées de deux pour plus de 45.000 hectares», signale Louit. L’accent est donc mis sur la sensibilisation des visiteurs à l’entrée du parc, et des sessions d’éducation environnementale de groupes d’écoliers. Mais l’ennemi N.1 du désert fleuri est sa méconnaissance et… son incertitude. «Il existe peu d’études intégrales sur le désert fleuri, juste des études ponctuelles sur certains de ses éléments», explique Carla Louit. «Il n’y a pas de fonds pour étudier un phénomène aussi sporadique».

Or sans données scientifiques, un plan de conservation est difficile. «On ignore tout par exemple du rôle des transferts entre les eaux de brume côtière et le désert, des phénomènes de ruissellement qui en découlent, au moins aussi importants que les précipitations directes». Et puis, comment sensibiliser un public qu’on ne peut garantir? A peine 1.200 touristes chiliens et 64 étrangers se sont enregistrés cette année. «Comme on ne peut anticiper la floraison que quelques mois à l’avance, difficile de cibler les touristes étrangers», se désole Louit.

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Nov 08

World Future Council: Germany, Brazil and nuclear energy

Green Cross International |08 November 2011|

Appeal to the German Government and ParliamentWe, the undersigned Councillors of the World Future Council, congratulate you on committing to phase outnuclear power in Germany and for the successful promotion of renewable energy production, which has become a role model for other countries throughout the world.At the same time, we find it improper and unjust for Germany, through its export credit agency, Hermes, to support the construction of nuclear power plants in Brazil.The decision to abandon nuclear power in Germany was made because the dangers to German citizens were considered to be unacceptable. If unacceptable for German citizens, how can it be acceptable for Germany to export these dangers to citizens of any other country?

We call upon you to end applying such double standards.

Nov 06

Les casques bleus oeuvrent pour une bonne utilisation des ressources naturelles

Dépêche du service d’information des Nations Unies |6 novembre 2011|

Un casque bleu en patrouille.

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a souligné dimanche que l’effort pour assurer une gestion équitable et durable des ressources naturelles fait partie du travail des casques bleus et des missions de maintien de la paix dans les pays qui sortent depériodes de conflit puisque les richesses naturelles ont tendance à alimenter les conflits.« Les opérations de maintien de la paix de l’ONU, qui jouent un rôle décisif aux côtés des pays qui sortent d’un conflit, sont particulièrement bien placées pour améliorer la manière dont l’environnement est protégé et les ressources naturelles aménagées. Un bon début consisterait à réduire au minimum leur propre empreinte écologique, » a déclaré Ban Ki-Moon dans un message pour marquer le dixième anniversaire de la Journée internationale de la prévention de l’exploitation de l’environnement en temps de guerre et de conflit armé.Le Secrétaire général a indiqué que depuis la première célébration de cette journée il y a 10 ans, la famille des Nations Unies a beaucoup avancé dans sa connaissance des rapports complexes qui unissent la guerre et l’environnement, et dans sa compréhension de la part qui revient aux ressources naturelles dans l’instabilité et la violence, qu’elles alimentent et financent.« Nous avons aidé plusieurs pays, de la Sierra Leone au Timor-Leste, à atténuer les risques que présente pour l’environnement l’édification de la paix et à réaliser le potentiel économique qui s’offre à eux s’ils exploitent leurs richesses naturelles en se souciant de l’avenir. Il y a pourtant encore un grave problème : quand il y a une guerre, l’environnement est toujours parmi les victimes », a dit Ban Ki-moon.« Or, la demande de ressources naturelles ne cesse d’augmenter pour répondre aux besoins d’une population qui ne cesse non plus d’augmenter à l’avenant. Les nations fragiles, notamment celles qui sortent d’un conflit, doivent se préparer à une vive concurrence pour leurs ressources dans les décennies qui viennent. La compétition sera rendue d’autant plus âpre par les changements climatiques dont on peut prédire les effets sur l’eau potable, la sécurité vivrière, le niveau des mers et la répartition des populations », a-t-il poursuivi.Donner aux pays de meilleurs moyens de gérer leurs ressources de manière transparente, équitable et efficace à long terme reste selon le Secrétaire général une mission importante du maintien de la paix et de l’édification de la paix, tout comme l’aide au développement plus générale apportée aux États Membres.« En cette Journée internationale, prenons conscience de l’ampleur dans l’espace et dans le temps des répercussions qu’ont les dégâts écologiques que nous provoquons en temps de paix comme en temps de guerre. Et réaffirmons l’attachement que nous portons à cet aspect décisif de la paix et de la sécurité qui est un patrimoine naturel aménagé sans hypothéquer l’avenir » a souligné Ban Ki-moon.

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Oct 26

ONU : rôle crucial des ONG pour les transitions, l’environnement, le désarmement

Dépêches du Service d’information des Nations Unies |26 octobre 2011|

Des affiches de campagne pour le scrutin du 23 octobre 2011 à Sousse, en Tunisie. Les ONG ont un rôle crucial à jouer pour les transitions, selon l’ONU.

A l’occasion d’une rencontre avec les organisations non gouvernementales (ONG), le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a rappelé mercredi que dans les domaines du développement durable, du désarmement et de l’aide aux pays en transition, la société civile joue un rôle crucial.« Premièrement, le développement durable. Le premier Sommet de la Terre constitue une étape. Il a permis de produire l’Agenda 21 et des conventions contraignantes sur le changement climatique et la biodiversité. La sensibilisation globale a augmenté. De même que l’engagement des organisations non gouvernementales », a déclaré Ban Ki-moon lors de cette rencontre.Il a également souligné l’importance de l’organisation l’année prochaine de la Conférence des Nations Unies pour le développement durable à Rio de Janeiro, au Brésil, appelée Rio+20 car la rencontre se déroule 20 ans après le premier Sommet de la Terre en 1992 qui marqua le début de l’essor du développement durable et de l’économie verte.Le Chef de l’ONU a salué la déclaration adoptée le mois dernier par le Département de l’information de l’ONU et les organisations non gouvernementales à Bonn, en Allemagne.« Le second secteur pour lequel les ONG peuvent faire la différence est le désarmement. Nous avons eu des progrès encourageants ces récentes années, fait avancer de grandes mesures par la société civile et les organisations », a souligné le Secrétaire général.

« Nous devons continuer à pousser pour plus de transparence? pour plus de réductions des arsenaux et pour plus de ratifications dans les traités de désarmement », a-t-il ajouté.

Pour Ban Ki-moon, le soutien aux pays en transition, comme la Tunisie, l’Egypte et la Libye, a besoin des organisations non gouvernementales afin de promouvoir la démocratie, l’indépendance des médias et construire des systèmes judicaires indépendants.

« Les temps sont difficiles pour l’économie. Budgets réduits. Coupes. Serrage de ceinture. Vous vivez tous cela. Partout les populations vivent dans la peur. Cela dépend de vous de restaurer cette foi, de fournir ce dont les populations ont besoin. De ne pas oublier les personnes dans le besoin spécialement dans ces temps difficiles », a insisté Ban Ki-moon.

« C’est seulement en travaillant ensemble, avec un partenariat fort, que nous pouvons faire progresser nos objectifs communs », a-t-il conclu.

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Oct 25

Poland joins the global Green Cross family

Green Cross International |25 October 2011|
Warsaw: Green Cross Poland is the newest full member of the Green Cross global network of civil society organizations responding to the interrelated challenges of environmental degradation, insecurity and poverty.

During its recent annual meeting, the Green Cross International Board unanimously supported a recommendation to upgrade Green Cross Poland’s status from that of a “preparatory committee” to a fully fledged member of the Green Cross family, which comprises more than 30 national organizations with its headquarters in Geneva, Switzerland.

President of the Green Cross Poland Board, Prof. Andrzej Mizgajski (pictured), said he and his staff, based in Warsaw, were delighted that the organization’s efforts since its founding in February 2010 have been recognized by the Green Cross International Board.

“Our work concentrates mainly on creating the dialogue platform for representatives of different groups, including business, engaged in the relationship between humanity and the environment,” said Prof Mizgajski. “We would like to share our experience and actively participate in international Green Cross initiatives.”

Adam Koniuszewski, Chief Operating Officer of Green Cross International, welcomed Poland into the Green Cross global network as a full member. “As Poland is faced with great environmental challenges, namely in the areas of energy and water, it will need to mobilize government, the corporate sector and civil society in the search for sustainable solutions. Green Cross Poland can become an important partner in this drive”, says Mr Koniuszewski.

Green Cross International, founded by Mikhail Gorbachev, is an independent non-profit and nongovernmental organization working to address the inter-connected global challenges of security, poverty eradication and environmental degradation through a combination of high-level advocacy and local projects. GCI is headquartered in Geneva and has a growing network of national organisations in over 30 countries.

Oct 19

Green Cross Pakistan seeks solutions to country’s energy crisis

Green Cross International |19 October 2011|
19 October, 2011/Lahore, Geneva: As millions of Pakistanis have been facing major power shortages across the country, Green Cross Pakistan has intensified advocacy efforts to promote alternative energy solutions.

Late last month, Green Cross Pakistan and two Pakistani universities staged a seminar titled: Energy Crisis in Pakistan, Alternative Energy Solutions. Almost 50 renewable and bio-energy experts and professionals from Pakistan, Nepal and the Maldives attended the event, held in Lahore, which was co-organised with the University of Punjab in Lahore and University of Agriculture in Faisalabad.

“Availability and use of electricity and fuel is a major concern for Pakistan. People go without electricity for half of the day, even more. New, sustainable initiatives are needed to respond to the country’s energy crisis,” says Masood Ul-Haq of Green Cross Pakistan.

During the last four years, energy shortages has become a grave issue in Pakistan, and fanned public discontent.  The energy crisis affects all parts of the country, where almost 70% of the population live in villages and small towns where electricity can be unavailable up to 20-24 hours per day.

“We need to increase awareness and support for new, cheap and affordable technologies in bio-energy areas, such as bio-electricity, bio-diesel and bio-liquified natural gas, along with solar and hydro energy technologies. Replanting forests could be the cheapest energy source.”

Green Cross Pakistan advocates for clean and smart energy exploration to meet sustainable consumption needs and to address climate change. Green Cross Pakistan educates communities on energy efficiency and saving energy from household to industry levels. Green Cross also provides volunteer consultations in green energy building constructions and the introduction of smart energy saving devices. Green Cross Pakistan supports bio-energy projects and works on turnkey projects to generate electricity from algae.

Green Cross Pakistan actively collaborates with public institutions on issues related to environmental degradation. Through its “Energy Diplomacy” work, Green Cross Pakistan conveys concerns to parliamentarians and urges them to legislate on issues including energy pricing and incentives to promote green technologies.

Green Cross International, founded by Mikhail Gorbachev, is an independent non-profit and nongovernmental organization working to address the inter-connected global challenges of security, poverty eradication and environmental degradation through a combination of high-level advocacy and local projects. GCI is headquartered in Geneva and has a growing network of national organisations in over 30 countries.

Oct 18

Soyez écofrugal, choisissez… la gourde !

terraeco.net |18.10.2011|

La gourde réduit les déchets plastique et les gaz à effet de serre liés à l’utilisation de bouteilles. Mieux, elle est fashion. Et peut vous faire économiser 30 euros par an.

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Oct 17

Le recyclage des terres rares, un enjeu stratégique

Le Monde.fr | Blogs| 17.10.2011|

Elles font aujourd’hui partie des métaux les plus précieux. Les terres rares, ce groupe de 17 minerais qui se nomment terbium, néodyme ou yttrium, s’avèrent très convoitées car indispensables à la production de la plupart des produits de haute technologie — ordinateurs, téléphones portables, écrans plats, éoliennes ou batteries des voitures électriques. Contrairement à ce que laisse entendre leur nom, elles ne sont pas si rares, puisqu’il existe de nombreux gisements de par le monde, mais leurs stocks sont finis et leur extraction est difficile, coûteuse et extrêmement polluante. Surtout, elles sont le monopole de la Chine, qui détient 37 % des réserves mondiales mais contrôle 97 % de leur exploitation et réduit chaque année les quotas d’exportation. Or, la demande mondiale augmente chaque année de 6 %, mettant le marché sous pression.

L’enjeu, aujourd’hui, est donc pour les pays de sécuriser leur approvisionnement à des prix raisonnables et limiter l’impact de la raréfaction des terres rares au niveau mondial. Trois moyens existent : réduire leur utilisation, diversifier les sources en exploitant des mines en dehors de la Chine et recycler ces minerais.

C’est la troisième piste que cherche à développer la France, qui ne possède aucune mine de terres rares. Début 2012, le groupe chimique Rhodia rendra ainsi opérationnel, dans son usine de La Rochelle, un nouveau procédé, sur lequel il travaille depuis dix ans, permettant de recycler ces métaux.

L’objectif sera, dans un premier temps, de réutiliser les poudres luminophores qui recouvrent l’intérieur des lampes basse consommation (LBC) et qui contiennent plusieurs terres rares : terbium, yttrium, europium, gadolinium, lanthane et cérium. Pour l’instant, cette poudre est isolée et mise en décharge, lorsque les ampoules arrivent en fin de vie, alors que le reste des composants – verre, plastique, cuivre et aluminium – sont valorisés. Or, le terbium et l’yttrium font partie des terres rares les plus difficiles à trouver, les plus demandées et donc les plus chères (le terbium a ainsi vu son prix passer de 600 à 4 000 dollars le kilo en seulement deux ans). Au rythme actuel de consommation, leur approvisionnement sera critique d’ici 2014, estime, dans un rapport, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

“Grâce à ce nouveau procédé de récupération et de séparation des terres rares, il sera possible d’extraire 17 tonnes de ces minerais, dont 15 tonnes d’yttrium, 1 tonne de terbium et 1 tonne d’europium, sur les 4 000 tonnes de lampes fluocompactes que nous recyclons”, détaille Hervé Grimaud, directeur général de Récylum, l’éco-organisme en charge de l’élimination des lampes usagées. Et cette quantité pourrait considérablement augmenter si les LBC étaient davantage triées. Car aujourd’hui, seulement un tiers de ces lampes sont ramenées dans les 19 000 points de collecte que compte le territoire.

Pour augmenter ce taux de recyclage, Récylum a réalisé une opération de communication, ce lundi 17 octobre, en érigeant un faux chantier d’exploitation minière en plein cœur du quartier d’affaires de La Défense. Une mine urbaine qui s’est avérée être, une fois les barrières tombées, une boîte géante pour recycler les lampes basse consommation. Le message est clair : le plus grand gisement de métaux rares qui existe en France se trouve aujourd’hui dans nos bureaux. Une fois récupérés, les débouchés de ces minerais seront les mêmes qu’actuellement : la catalyse automobile, l’industrie verrière, les alliages métalliques, lampes ou aimants permanents.

Après la mise en place de cette filière pour les lampes, ce sera au tour des terres rares contenues dans les batteries rechargeables et les aimants des voitures électriques et des disques durs de pouvoir être recyclées, sans doute au cours de l’année 2012.

Une question se pose toutefois : le recyclage, s’il est nécessaire, sera-t-il suffisant pour faire face à la demande galopante des pays développés ? “Non, le recyclage ne pourra remplir qu’une petite partie de la demande en terres rares dans les années à venir”, assure John Seaman, chercheur à l’Institut français des relations internationales, spécialiste de la politique énergétique en Chine et des terres rares. Car si les lampes fluocompactes utilisent des quantités infimes de terres rares, il n’en est pas de même pour d’autres produits technologiques. Un moteur de Prius nécessite par exemple 1 kilo de néodyme pour ses aimants. Les éoliennes offshore, elles, consomment 600 kilos par turbine pour améliorer leur fonctionnement tout en diminuant les coûts de maintenance.

“Il faut donc, dans le même temps, trouver des approvisionnements en dehors de la Chine, utiliser ces minerais de façon plus efficace et leur trouver des substituts”, précise le chercheur. C’est pourquoi des entreprises commencent à développer des alternatives à l’utilisation de terres rares. Dans le secteur automobile, Toyota cherche ainsi à développer pour ses voitures hybrides, un moteur à induction sans aimant. Dans l’énergie, General Electrics a annoncé en août la mise en place d’une turbine pour éolienne moins gourmande en terres rares. Mais ces produits sont encore loin de voir le jour.

Photo : La mine de Mount Weld, située dans l’ouest de l’Australie, et exploitée par Lynas. Crédit : Lynas corporation / AFP

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Oct 16

Les Oubliés de la Terre

Pour la rubrique “Les Oubliés de la Terre“, dans le 5ème numéro de la Revue de la Terre, Nicolas Imbert insiste sur l’urgence de traiter désormais de manière simultanée les questions d’accès à l’eau, à l’alimentation et à l’énergie.

En voici l’introduction:

Accès à l’eau… à l’alimentation… à l’énergie… préservation de la biodiversité… hygiène et santé publique… ces enjeux ne peuvent désormais plus se traiter séparément, et nécessitent une approche systémique. Qu’il s’agisse de réparation post-traumatisme ou mieux, d’anticipation des conflits.

Accéder à l’intégralité de l’article (en PDF): http://www.larevuedelaterre.com/wp-content/uploads/2011/11/RT5_Les_oublies_de_la_terre.pdf

 

S’abonner à la Revue de la Terre: http://larevuedelaterre.com/?page_id=209