Déc 12

Green Cross France et Territoires, membre de 1% pour la Planète

Green Cross France et Territoires est partenaire agréé du fonds de dotation 1% pour la Planète.

Cette initiative volontaire permet aux entreprises et organisations qui le souhaitent de consacrer 1% de leur chiffre d’affaire à la préservation de l’environnement, pour le bénéfice de l’humanité.

 

 

Déc 09

L’OME est morte. Vive l’OMC verte !

La tribune opinion |07.12.2011|

 Le “think tank” Les Ateliers de la Terre avancent ses propositions pour relancer l’idée d’une Organisation mondiale de l’environnement.

A quelques mois de la tenue du prochain Sommet de la Terre à Rio,  la France appelle de ses vœux la création d’une Organisation mondiale de l’environnement.  Pierre angulaire de la position officielle française, cette solution apparaît aujourd’hui contre-productive voire irréaliste.

La gestion des problèmes environnementaux souffre depuis longtemps de nombreux maux. La fragmentation des  compétences dans une constellation d’agences institutionnelles, l’absence de prise en compte officielle de la société civile dans le processus de décision et les agendas électoraux, véritables plaies pour toute initiative reposant sur un horizon à long terme, conduisent à un morcellement des réponses. L’échec de Copenhague, il y a deux ans, en fut la preuve. Pourtant, la gouvernance des enjeux environnementaux est d’autant plus d’actualité que les crises environnementales, sociales et économiques s’accélèrent.  Mais la mise en place d’une Organisation mondiale de l’environnement, née de la fusion d’organismes onusiens compétents, apparaît comme une solution mort-née.

Loin de faire l’unanimité au sein des pays membres des Nations-Unies, l’hypothèse d’un consensus paraît peu probable. Si l’OME est désormais défendue par les membres de l’Union Européenne et  l’Union Africaine, de nombreux états y restent fermement opposés, notamment certains pays émergents, craignant  de devoir abandonner de nouveaux attributs de leur souveraineté.

Le transfert de prérogatives des différentes agences des Nations-Unies travaillant sur les thématiques environnementales pourrait se traduire par une “guerre des clans”, chacun se prévalant d’une légitimité par rapport à ses attributions. Face à ces crispations bureaucratiques, on peut donc s’interroger sur la faisabilité et l’efficacité d’un tel système.

Le cout de la création d’une telle institution ne doit pas non plus être sous-estimé. Dans le contexte actuel de crise généralisée, certains gouvernements seront peu enclins à financer une telle structure, ne saisissant que partiellement l’intérêt économique d’une véritable politique environnementale. On peut alors questionner le financement d’une nouvelle organisation de cette ampleur, dans un contexte où les contributions des Etats-membres aux Nations-Unies sont en net recul. Pourquoi alors s’efforcer de créer de nouveaux “monstres” plutôt que de s’appuyer sur des structures existantes ?

D’autres solutions existent, dont les couts seraient moindres et la réalisation moins hasardeuse.  Certains mettent en avant la création d’un Conseil Mondial de l’Environnement réunissant, sous l’égide des Nations-Unies, toutes les parties prenantes aux enjeux environnementaux. D’autres souhaitent un renforcement institutionnel et financier du Programme des Nations Unies pour l’environnement. Séduisantes dans leur approche, les solutions d’une OME, d’un CME, ou d’un PNUE renforcé permettraient une gestion plus efficace des enjeux environnementaux.  Elles ne pourraient cependant traiter les problèmes dans leur transversalité en prenant en compte les aspects économiques et sociaux induits par la recherche d’un développement vraiment durable. Une quatrième voie favoriserait la mise en place de modèles intégrant tous les aspects d’un développement soutenable : celle du “verdissement” de l’Organisation mondiale du commerce.

Ne nous leurrons pas, le système mondial actuel repose sur  l’économie de marché. Vouloir modifier ce paradigme est louable mais il est illusoire d’imaginer un changement instantané.   Une infusion de réglementations environnementales dans les préceptes commerciaux permettrait une transition plus intégrée et efficace. Décriée par certains, l’OMC bénéficie d’une reconnaissance quasi unanime pour son efficacité, incarnée par son Organe de règlement des différends. L’OMC regroupe aujourd’hui 153 Etats membres et a rempli sa mission de libéralisation des échanges commerciaux.

Pourquoi alors ne pas insuffler une réglementation environnementale et sociale dans les statuts de l’OMC et en faire le moteur du verdissement de l’économie mondiale? Cette initiative favoriserait  aussi l’adhésion de plus de membres, créant ainsi un cercle vert et vertueux.

Notre objectif n’est pas de sacrifier l’environnement sur l’autel du commerce, mais au contraire d’assurer l’insertion des règles environnementales et sociales au cœur des marchés.  N’ayons pas peur de le dire, l’OME ne verra pas le jour. Vive l’OMC Verte !

Jérôme Beilin et George J. Gendelman, directeur du développement et co-fondateur des Ateliers de la Terre 

 

 

 

 

Déc 09

Limits to growth

As countries prepare for the UN Conference on Sustainable Development (UNCSD 2012), virtually every one of them is committed to “growth”. With many of them facing unfolding sovereign debt crises, a growing economy is seen as the necessary prerequisite to create jobs and raise income in order to reduce and eliminate budget deficits, not to mention service debts at some point down the road. Low-income countries are also seeking growth to pull their populations out of poverty and invest in desperately-needed infrastructure.

 But is it not time to ask whether the medicine is killing the patient? Humanity currently faces a bleak future, from ecological overshoot and climate change to growing social injustices such as widening income disparities. An increasing number of voices are arguing that these are the symptoms of decades of growth-above-all-else policies coupled with a lack of wealth and resource
redistribution, and that things will only get worse if growth remains the overarching goal of national and international agendas.

 So, what does the path forward to a happy, sustainable world look like in a post-growth world? The starting point is collaboration and reciprocity, since collective problems require collective solutions. UNCSD 2012 is the historical opportunity to finally reach a turning point and draw up the “great transition” blueprints that are founded on attractive sustainable futures jointly conceived. The global initiative “The Future We Want” aims to catalyze visions of a positive future in the lead-up to Rio+20, and it can be harnessed to its full potential by UN-member States in drawing out the outcomes of the Conference.

 Many groups around the world are already trying to work out the solutions, from rethinking the whole economic system to focusing on concrete measures and actions. Networks such as the Great Transition Initiative, the New Economy Network and the New Economics Institute are trying to take a holistic lens to the economy, as do authors such as Juliet Schor in Plenitude and Tim Jackson in Prosperity Without Growth, who talk, for example, about the merits of working less. Exciting patterns and concepts to meet the world’s great challenges are emerging, such as industrial ecology, biomimicry, and new business models such as social enterprises and businesses that subordinate profits to social and environmental goals. We are seeing game-changing initiatives that involve sharing, kindness and trust, from collaborative consumption that includes tool-lending libraries to the Pay It Forward movement, where a stranger in need can enjoy for free a prepaid meal in a restaurant.

 The will is there and people are ready! Governments must now show leadership and act in the collective interest by supporting, scaling up and drawing on the innumerable projects and ideas that are springing up everywhere as answers to the failings of old, stale and ineffective growth strategies. There is no better time to do this than at the 2012 Rio Earth Summit.

 Emmanuel Prinet

 Policy Director at One Earth Initiative Society, Canada

 http://OneEarthWeb.org

?u=19d3da1852472c315fcece5dd&id=f0a3572581

Déc 09

A Green Economy is not enough!

In 1987 the World Commission for Environment and Development (Brundtland Commission)
defined Sustainable Development as (WCED 1987, p.43):

“Sustainable development is development that meets the needs of the present without compromising the ability of future generations to meet their own needs. It contains within it two key concepts:

 1. The concept of “needs”, in particular the essential needs of the world’s poor, to which overriding priority should be given, and

 2. The idea of limitations imposed by the state of technology and social organisation on the environment’s ability to meet present and future needs.”

All too often, only the first part of the definition is quoted and its lack of precision bemoaned, just to come up with “complementary” explanations based on neoclassical economics and neoliberal politics. Such interpretations, in particular the call for more or green growth, and for more market regulations are in clear contradiction to the second part of the definition (which is why only the first part is quoted to begin with). Sustainable development is meant to give (back) the economy a purpose, serving human needs. These needs, however, and in particular the needs of the global poor are not identical with the greed of capital owners and shareholders – free market shareholder value capitalism cannot be sustainable.

Sustainable development is a development within the limits of our environmental space. These limits can be extended by social and technological development (the former including redistribution mechanisms), but cannot be replaced to give way for unlimited growth – but this is exactly what Green Growth (and essentially also the UNEP Green Economy) are calling for. Limits to growth, or resource capping are not part of these policy concepts. They are not sustainable. The Brundtland report’s praise for economic growth has to be understood in this framing: economic growth is justified and considered necessary as far as it is instrumental to reach both the objectives. The OECD Green Growth concept fails on both accounts, and the UNEP Green Economy concept, while paying lip service to the needs of the poor is concrete only as far as the environment is concerned. For this end, a further commodification of nature and a regulation by market instruments is considered
the most promising way forwards, making nature an exchangeable good regardless of local human needs and natural carrying capacities, let alone the dignity of nature itself.

As UNDESA‘s World Economic and Social Survey 2011 points out, technological innovation is indispensible, but not enough to achieve the transition to a sustainable economy: it must be combined with social innovation and strong governments dedicated not to serve markets, but
give them a direction and complement them to overcome their principal lack of direction and social cohesion. Consequently, greening the business world, although overdue for at least 35 years, is a welcome step, but a far cry from leading to a sustainable economy, let alone a sustainable society.

 Joachim H. Spangenberg,

Chair, economic & finance policy working group, BUND/FoE Germany

 http://www.bund.net/

?u=19d3da1852472c315fcece5dd&id=f0a3572581

Déc 09

Why the world urgently needs Millennium Consumption Goals?

 The Millennium Consumption Goals (MCGs) idea was proposed in January 2011 in New York, for the Rio+20 Earth Summit in June 2012. MCGs provide targets to motivate the rich worldwide, to consume and produce more sustainably, thereby improving overall well being, reducing environmental harm, freeing up resources to alleviate poverty, and ensuring intra- and inter-generational equity. MCGs for the affluent would complement the Millennium Development Goals (MDGs) for the poor.

 Addressing underconsumption of the poor, the first MCG ensures that basic human needs are met worldwide. Next, addressing overconsumption of the rich, several resource-related MCGs would target: GHG emissions; energy use; water use; land use and biomass; ores and industrial minerals; construction materials; and polluting discharges. Additional MCGs might cover: food security and agriculture; health, diet and obesity; livelihoods and lifestyles; economic-financial-trade systems; and military expenditures

 We need MCGs urgently, because unsustainable consumption and production have caused
multiple problems threatening humanity’s future – like poverty, resource scarcities, hunger, conflict and climate change. Global production already exceeds the environmental carrying capacity of planet earth by 50%. The world’s 1.4 billion richest people consume over 80% of this output – 60 times more than the poorest 1.4 billion. Meanwhile, MDGs seek to raise consumption levels of
over 2 billion poor. Clearly, the consumption of the rich is both unsustainable and “crowding out” the poor. The MCGs will help to avoid a global resource crisis, by persuading the affluent to contribute to the solution, instead of viewing them as a problem.

 To move this idea forward, the Millennium Consumption Goals Initiative (MCGI) was launched at the UN by a broad stakeholder network. It is action-oriented, inclusive, multi-level, pluralistic and trans-national. MCGs provide a set of benchmarks, supported by a combination of voluntary actions by rich consumers, and enabling government policies promoting sustainable consumption and production. A top down effort is moving the MCGs forward on the Rio+20 agenda– establishing a mandate, benchmarks, and an implementation framework. While international discussions proceed, many prefer to act NOW. This bottom-up approach involves pioneering individuals, communities, organisations, firms, cities, regions and nations, who are already declaring their own voluntary MCGs and implementing them. For example, the biochemical giant Novozymes states: “The Novozymes target is a voluntary Millennium Consumption Goal (MCG) that supports the recently launched global Millennium Consumption Goals Initiative (MCGI).”

MCGs have strategic advantages. First, they would apply worldwide, cutting across nationalistic and regional self-interest. Second, small reductions in rich peoples’ material consumption can improve their well-being (eg. through healthier lifestyles and diets), while lowering environmental harm and freeing up resources to alleviate poverty. Third, MCGs can be implemented using an inclusive, multilevel strategy, which combines both bottom up and top down approaches. Fourth, MCGs have the potential for quicker results, by galvanizing civil society and business to ‘act now’. This could quickly shift the behavior of affluent households and businesses, without relying only on long-term measures. Furthermore, rich individuals and communities could act effectively in their own enlightened self-interest, since they are better educated, have more influence and command more resources. Fifth, MCG-MDG twinning is possible – eg, by linking MCGs in rich communities with MDGs in poor communities. Sixth and finally, MCGs could mobilize, empower and link sustainable consumers and producers (including associated global value/supply chains). The same advertising that now promotes over-consumption could be used to encourage more sustainable consumption. Values and habits could be changed society-wide to favor more sustainable behavior (like the gradual change in attitudes towards smoking). MCGs would “empower the person to define meaningful consumption rather than permitting meaningless consumption to define the person.”

The MCGs are based on a practical framework for making development more sustainable called ‘Sustainomics’, and designed to supplement ongoing initiatives like sustainable consumption and production (SCP) and green economy (GE). By acting together on the MCGs at Rio+20, we will make the planet a safer and better place for our children and grandchildren.

 Mohan Munasinghe

 Millenium Consumption Goals Initiative (MCGI)

http://www.millenniumconsumptiongoals.org/

?u=19d3da1852472c315fcece5dd&id=f0a3572581

Isabelle Joschke

Navigatrice talentueuse, Isabelle se lance depuis quelques années dans des courses en solitaire. Sur son classe Figaro, elle partage les engagements de GCFT pour la préservation des océans et de l’environnement de manière concertée. Une énergie essentielle à la navigation sportive.

 

L’eau et la sécurité alimentaire

Food an Agriculture Organization of the United Nations

Entretien avec le Sous-Directeur général de la FAO pour les ressources naturelles, Alexander Mueller

La crise en Afrique de l’Est a cruellement mis en lumière la vulnérabilité des systèmes de production alimentaire tributaires des pluies et celle des populations qui en dépendent. Si nombreuses sont les difficultés liées à la nécessité de trouver des sources d’eau stables pour l’agriculture et l’élevage – variant d’un environnement à l’autre – il existe des possibilités de les surmonter en investissant dans l’irrigation lorsque les circonstances le permettent, en améliorant l’efficience d’utilisation de l’eau dans l’agriculture, et en adoptant des pratiques agricoles faisant un usage intelligent de l’eau

Tout le monde sait que l’eau est vitale pour cultiver de la nourriture mais souvent de façon abstraite. Pouvez-vous nous dire en quoi l’eau contribue à nourrir la planète?

Il faut commencer par faire la distinction entre agriculture pluviale – c’està-dire qui dépend des précipitations naturelles – et agriculture irriguée. L’irrigation change tout; elle favorise la concentration d’intrants et impose des changements liés à l’agronomie et à la commercialisation.

Alors que nombre des habitants de la Corne de l’Afrique sont des éleveurs et non pas des agriculteurs, la situation actuelle fait cruellement ressortir les risques et la vulnérabilité associés aux systèmes de production vivrière pluviale, en particulier face aux impacts du changement climatique qui se font désormais ressentir. Non pas que l’agriculture pluviale soit un problème en soi, mais elle est plus vulnérable et tend à être moins productive.

 Pour ce qui est de l’irrigation, on ne peut sous-estimer son importance dans l’alimentation mondiale. Au cours des 50 dernières années, la population de la Terre a doublé et le système vivrier mondial a su répondre remarquablement bien à la demande alimentaire accrue – d’une part, par une légère expansion des terres cultivées totales, mais surtout par l’intensification de la production agricole, c’est-à-dire par une hausse des rendements et l’intensification des cultures qui, à son tour, aurait été impossible sans l’irrigation.

 Les terres irriguées ont augmenté proportionnellement beaucoup plus vite que les terres agricoles pluviales. En effet, les superficies cultivées mondiales n’ont augmenté que de 12 pour cent au cours des 50 dernières années, tandis que les terres irriguées ont doublé, représentant l’essentiel de l’accroissement net des terres cultivées. Pendant ce temps, la production agricole a été multipliée par 2,5 ou 3 grâce à un accroissement significatif des rendements des principales cultures.

Le monde n’a-t-il pas atteint sa capacité limite d’irrigation des terres agricoles?

 A certains endroits, oui, mais pas partout. A l’échelle mondiale, quelque 300 millions d’hectares de terres cultivées sont irriguées, ce qui représente 70 pour cent des prélèvements d’eau douce. Cela ne concerne que 20 pour cent des terres cultivées de la planète – et pourtant, ces terres irriguées assurent 40 pour cent de toute la production agricole et 60 pour cent de la production céréalière.

Pourquoi davantage de terres ne sont-elles pas irriguées? Ce n’est pas toujours nécessaire. Certaines régions ne disposent pas des ressources en eau nécessaires. Ailleurs, le problème est le financement de l’irrigation et des liens avec le marché – et là, je me réfère en particulier à l’Afrique. Nous n’avons vu aucun engagement systématique de modernisation de la production irriguée et de la commercialisation pour suivre l’évolution des marchés locaux et mondiaux, même là où les ressources en terres et en eau étaient disponibles.

Mais d’autres régions du monde ne sont-elles pas confrontées à des pénuries d’eau?

 De plus en plus de régions sont en effet confrontées à des pénuries d’eau et risquent la rupture progressive de leur capacité de production sous les effets conjugués de la pression démographique et des pratiques agricoles non écologiquement viables. Les limites physiques de la disponibilité de terres et d’eau au sein de ces systèmes pourraient être exacerbées par des facteurs externes tels que le changement climatique, la concurrence avec d’autres secteurs et les changements socio-économiques.

 D’ici 2050, il faudra accroître la production vivrière de 70 pour cent à l’échelle mondiale pour suivre la croissance de la population et des revenus et jusqu’à 100 pour cent dans les pays en développement. Mais  certaines régions sont en train d’atteindre les limites de leur potentiel d’intensification de la production vivrière, ce qui entraîne déjà des tensions sur l’accès aux ressources naturelles, et en particulier de l’eau. L’asie de l’Est l’Est et le Moyen-Orient produisent presque à pleine capacité et ne seront guère en mesure de développer leur agriculture beaucoup plus, tandis que l’Amérique latine et l’Afrique subsaharienne disposent encore d’un grand potentiel.

Alors que faire?

En dépit des enjeux, l’augmentation de la productivité est encore possible, aussi bien dans l’agriculture pluviale que dans l’agriculture irriguée, mais cela nécessitera des changements de notre manière de cultiver et d’utiliser l’eau.

L’irrigation continuera à se développer, dans la mesure du possible, pour satisfaire la demande de plus en plus diversifiée. Certaines régions n’ont aucune marge d’accroissement de leurs disponibilités en eau pour l’agriculture, mais d’autres n’ont pas encore atteint leurs limites. La plupart des grands réservoirs d’eau ont sans doute déjà été construits, et des systèmes de stockage mieux répartis continueront vraisemblablement d’être développés. L’utilisation conjuguée des nappes phréatiques et des eaux de surface sera plus répandue et, à proximité des villes, l’agriculture aura davantage recours aux eaux résiduaires traitées.

 Il faudra en outre modifier nos pratiques d’irrigation. Les anciens systèmes rigides de distribution de l’eau au sein de périmètres d’irrigation à grande échelle devront être remplacés par des réseaux beaucoup plus flexibles et plus fiables, permettant une diversification progressive vers des cultures à plus haute valeur ajoutée. Et là, l’irrigation localisée jouera un rôle important en dopant la productivité tout en réduisant les utilisations non optimales de l’eau, améliorant ainsi l’efficience d’utilisation et la productivité de l’eau à la ferme.

Il nous faudra également concentrer nos efforts sur “produire plus avec moins d’eau”, en adoptant des techniques agricoles capables de recueillir davantage d’eaux de pluie, de conserver l’humidité des sols, de réduire le gaspillage dans l’irrigation et, dans certains cas, en adoptant des cultures et des aliments moins gourmands en eau

Enfin, il reste beaucoup à accomplir pour réduire les pertes durant le trajet de l’exploitation au consommateur. On estime que seulement 50 pour cent environ de la nourriture produite est effectivement consommée, le reste se perdant dans les phases de stockage, de distribution et au niveau de l’utilisateur final.

Et il ne s’agit pas uniquement de gaspillage de produits alimentaires, mais aussi de l’eau, lorsque la production est irriguée. Il faut 1 litre d’eau pour produire 1 calorie alimentaire. Avec des besoins énergétiques d’environ 2800 kcal par jour et par personne, l’eau nécessaire pour satisfaire les besoins alimentaires quotidiens de chaque individu est d’environ 2 800 litres. Autrement dit, pour produire un hamburger, il faut 2 400 litres d’eau. Pour un verre de lait, 200 litres. Pour un oeuf, 135 litres. Pour une tranche de pain, 40 litres. De sorte qu’il est essentiel de réduire le gaspillage alimentaire afin d’améliorer l’efficience d’utilisation de l’eau dans l’agriculture.

water.pdf

Déc 07

Un tribunal pénal international pour l’environnement ?

Une version PDF de l’article, publié dans l’édition de décembre-janvier du magazine Décisions Durable, est disponible ici: Dd09_FuturImmediat_TPIE_decisions_durables.

Nicolas Imbert, directeur de Green Cross France et Territoires.

Le sujet environnemental est au cœur de notre quotidien. La préparation de Rio +20 et la tenue du forum du 4 au 6 juin 2012, sont des moments essentiels pour définir la trajectoire mondiale des vingt prochaines années. L’installation d’un tribunal pénal international pour l’environnement, sur proposition de Mikhaïl Gorbatchev fondateur de l’ONG Green Cross International, devrait y être annoncée.

Le « zero draft » que le secrétariat de la Conférence va présenter en janvier 2012 devrait comporter une vision commune et des mises en œuvre coordonnées sur le changement climatique, l’accès à l’eau, à l’énergie et à la nourriture. Il s’agit non seulement d’environnement, mais aussi d’économique et de social.

Sur ces sujets plus que sur tous les autres, la coopération internationale est environnementale. La nature ne connait pas de frontière et la nécessité de survie fait franchir les frontières aux réfugiés climatiques, sanitaires et de la faim. C’est pourquoi le sommet de la Terre de Rio avait fait émerger, il y a déjà vingt ans, la nécessité d’une cour internationale de l’environnement.

Trois plans d’action

Différentes formes en ont été ébauchées, sans qu’aucune ne déclenche le consensus nécessaire à sa mise en œuvre. Il est à nouveau temps d’en esquisser les contours, pour favoriser une décision ambitieuse à Rio. Ainsi, nous suggérons la mise en place de trois niveaux d’interventions différents :

  1. Le premier niveau est le témoignage : les victimes d’une dégradation environnementale
    s’exprimeront devant la cour, représentation de la communauté internationale, exposeront
    leur situation, les dégradations constatées et les effets subis ;
  2. Le deuxième niveau est l’anticipation, la prévention et l’arbitrage des conflits. Il
    s’agit de désamorcer  un conflit naissant
    lié à une dégradation écologique, un accès aux ressources ou à l’alimentation,
    avant qu’il ne se transforme en conflit armé. Cela peut reposer sur une méthode
    analytique et arbitrale, intégrant analyse d’impact et démarche de médiation,
    que ce soit pour des parties prenantes privées ou publiques ;
  3. Le troisième niveau est celui de l’autorité
    judiciaire
    , capable de mettre en cause, de juger contradictoirement, de
    prononcer et de faire exécuter des sanctions.

C’est en se développant sur ces trois plans que la future cour internationale de l’environnement pourra asseoir sa pérennité et sa légitimité. Dans un contexte où le droit international est neuf, où le droit à l’environnement est transverse sans avoir été intégré dans les juridictions internationales de manière spécifique, le recours au témoignage et à la médiation permet de démontrer rapidement une valeur ajoutée importante.

L’autorité judiciaire est nécessaire pour confirmer la légitimité de la cour, mais ne doit être exercée qu’avec parcimonie. Elle s’installera progressivement, au fur et à mesure des ratifications et des adaptations des législations minières, environnementales, industrielles, économiques et sociales pour une meilleure intégration des critères d’écologie et d’accès à la subsistance. Nous souhaitons que la future cour siège à La Haye, afin de bénéficier au mieux de l’expérience de cours pénales installés pour des conflits guerriers.

Prévention des menaces

Pourquoi créer une cour internationale de l’environnement ? Les menaces environnementales sont plus dangereuses et plus fréquentes que par le passé : catastrophe nucléaire de Fukushima, famine en corne de l’Afrique, conflits d’accès aux ressources en Atacama ou en Afghanistan, tensions sur la question de l’eau dans la vallée du Nil et ailleurs, marées noires déclenchées ici par une exploitation en grande profondeur, là par un navire mal sécurisé… Tous ces conflits, qui n’auraient pas été si les risques et les enjeux avaient été évalués, ont un dénominateur commun : avoir eu pour déclencheur ou catalyseur une intervention humaine.

Il faut aussi que les risques soient financièrement évalués pour que le décisionnaire en réponde à hauteur des conséquences de ses actes. L’émergence d’une cour internationale de l’environnement constitue le premier moyen mettant en avant le principe de responsabilité élargie du donneur d’ordre. Favorisant témoignage et médiation, elle sera plus pédagogique que procédurière. A nos yeux, elle représente un levier essentiel pour concilier l’économie avec l’environnement et le social, développer la conscience mondiale et encourager les initiatives vertueuses.

Franck Vogel

Ingénieur agronome et photographe indépendant, Franck s’intéresse plus particulièrement aux problèmes sociaux et environnementaux, aux relations privilégiées entre la Nature et l’Homme, pour montrer qu’ils peuvent vivre en harmonie. Collaborateur fréquent à Géo et France 5, il a exposé à travers le monde (SCOOP d’Angers, Rencontres d’Arles, Visa pour l’Image, Festival de Pingyao en Chine).
Après la publication d’un livre sur les Albinos en mars, Franck a co-signé avec Irène Frain une exposition itinérante sur les Bishnoïs et il termine actuellement un reportage sur les enjeux de l’eau dans le bassin du Nil qui sera présenté en octobre.

Bruno Sroka

Ancien professeur de sport et triple champion du monde de kite-surf, Bruno est également ambassadeur de la fondation internationale Peace & Sport et de la SNSM.
Actuellement en phase de reconquête de son titre mondial, il complète son engagement par une démarche résolument orientée vers l’aventure et l’exploit sportif porteur de sens.  A ce titre, il a notamment effectué les traversées du Cap Horn et de la Pointe du Raz pour contribuer au rapprochement entre la course au large et l’épreuve sportive de proximité.

Début 2012, Bruno nous parle de son engagement dans une courte vidéo:

Voeux de Bruno Sroka – Green Cross France et Territoires from GCFT on Vimeo.