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Oct 11 2016

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Conférence Green Cross du 10 octobre suite à l’A.G. – la synthèse

Le 10 octobre s’est tenue l’Assemblée Générale annuelle de Green Cross France et Territoires. A cette occasion, une soirée-conférence a été organisée dans les locaux de La Française à Paris.

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C’est Xavier Lépine, président du directoire de La Française, qui a ouvert la conférence de l’Assemblée Générale annuelle de Green Cross. La Française Groupe est l’un des principaux partenaires et mécènes de GCFT. M. Lépine a ouvert la soirée en évoquant des thèmes comme l’investissement durable, la digitalisation comme facteur de rapprochement, et la nécessaire évolution du droit, qui va devoir précéder la société plutôt que de la suivre comme jusqu’alors afin d’accélérer la transition écologique.

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« Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté » Alain.

Ont suivi 5 personnalités, présentant chacun une note ayant éclairé l’actualité de Green Cross durant l’année écoulée.

Retour sur un an d’activité

Arnaud Daguin, cuisinier, consultant en alimentation et membre actif du Think&Do Tank Alimentation de Green Cross, a présenté le projet des des Riches Terres. L’ambition de ce projet est, entre autres, la création d’une échelle des Riches Terres qui apporterait une réponse à la question fondamentale « Qu’est-ce qu’un bon produit? » en évaluant les produits alimentaires selon trois axes: environnemental, santé, et économique/social. Ainsi, cette échelle constituerait un accélérateur de la conversion de notre production alimentaire vers des pratiques vertueuses. Arnaud Daguin a également présenté les activités du Think&Do Tank Alimentation de Green Cross, qui rassemble un grand nombre d’acteurs du milieu de l’alimentation et est actuellement en train de passer en phase opérationnelle.

Henri Robert, conseiller stratégique de Green Cross France et Territoires, a rappelé les avancées sur la thématique de l’Océan, « core business » de GCFT. Cela fait maintenant un an que la déclaration Climat : objectif Océan a été rédigée. C’est d’ailleurs plus qu’une déclaration, car la particularité de l’approche de Green Cross est d’aller au-delà des constats et de proposer des solutions. Le littoral et les zones insulaires sont essentiels dans l’approche de Green Cross sur l’Océan, car ces derniers sont les premières victimes des dérèglements climatiques.

Jean-Claude Lévy, historien, géographe,  conseiller spécial à l’Institut de l’économie circulaire, a rappelé l’importance de la transition d’une économie linéaire (où l’on possède, consomme et jette) vers une économie circulaire. L’économie « linéaire » dans laquelle nous vivons actuellement principalement consacrée à la reproduction élargie du capital, ne saurait mener qu’à la décharge en ce qui concerne les ressources naturelles, et à la dévalorisation absolue de ce capital dans la crise systémique qui perdure depuis  2008. Contributeur majeur de l’ouvrage Green Cross Economie circulaire et coopération décentralisée : des clés pour agir, M. Lévy a rappelé qu’autour de l’hypothèse et des expérimentation d’une économie circulaire, cette publication faite  d’une grande diversité d’exemples concrets, est un petit ouvrage d’économie politique.

 

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Adam Koniuszewski, trésorier de GCFT et COO de Green Cross International, est revenu sur l’histoire de la création de Green Cross et sur les fondements de l’association. Créée en 1993 à l’issue de la conférence de Rio un an plus tôt, GCI s’est illustrée sur des programmes comme le programme de sécurité environnementale, l’évaluation environnementale post-conflit après l’invasion du Koweït,  plus récemment le projet « Smart water for green schools », les nombreux programmes éducatifs, ainsi que sur sa position marquée concernant la sortie du nucléaire.

Enfin, Augustin Mercier, directeur du développement de Heoh, a présenté la borne de dons Heoh dédiée à Green Cross pour La Française. Vous pouvez retrouver ici le dernier article de Green Cross sur le sujet. Les participants se sont montrés très enthousiastes quant aux solutions de financement innovantes présentées par Heoh.

Table ronde

Après ce retour sur un an d’activité, les intervenants de la table-ronde ont débattu librement autour de la question : « 1 an après la COP21, la COP22 tiendra-t-elle ses promesses de conférence des solutions ? ».

Dominique Martin Ferrari, journaliste, documentaliste et productrice (magazine Gaïa), a félicité la ratification de l’accord de Paris, notamment par la Chine et les Etats-Unis, tout en rappelant que si l’Union Européenne l’a ratifié, ce n’est pas le cas par exemple de la Pologne, ce qui pose la question de l’unité européenne. Mme Martin Ferrari a donné un aperçu du calendrier des étapes à suivre : le Conseil des Ministres le 12 octobre, la conférence Habitat III à Quito du 17 au 20 octobre, le Conseil général du Fond Vert pour le Climat.

Bettina Laville, Conseillère d’Etat et présidente du Comité 21, a annoncé la tenue de la COP23 à Berlin, et a mentionné les prochains grands rendez-vous pour le climat qui pourront être vecteurs de changement : 2018 (avec un rapport spécial du GIEC sur l’impact d’un réchauffement global de 1,5°), 2020 et 2023. La COP22 sera importante notamment car elle affirmera le leadership marocain et à traitera des questions de transition énergétique.

Christian Huglo, fondateur de Huglo Lepage & Associés Conseil spécialisé dans le droit de l’environnement, a présenté les avancées sur la Déclaration des Droits de l’Humanité (à retrouver ici). Ce texte, en 16 articles (4 principes, 6 droits et 6 devoirs), constitue une reconnaissance pour l’avenir et définit des limites à ne pas franchir pour le bien-être des générations futures. Il a été ratifié par la ville de Paris, de Strasbourg, et continue sa circulation. Se pose notamment la question de l’application d’un accord international autour de ce texte.

Olivier Touzé, directeur développement durable du Groupement des Mousquetaires (enseigne Intermarché Netto, Bricomarché, Bricocash, Roady et Poivre Rouge), a présenté les activités du groupement, Il regroupe en France, Pologne, Belgique et Portugal 3000 chefs d’entreprises indépendants propriétaires de points de vente intégrés dans le tissu local avec par exemple pour la France 1 Intermarché tous les 17kms et un pôle industriel, Agromousquetaires regroupant 64 usines.

Membre du Club Génération Responsable (regroupant 70 enseignes de distribution), Olivier Touzé a mis en avant la nécessité pour un acteur de la grande distribution,de participer aux actions pour le climat avec 4 sujets d’actualités : le  développement des filières d’achats responsables, l’amélioration de l’efficacité énergétique, la valorisation de l’ensemble des déchets et la lutte contre le gaspillage alimentaire. Et tout ceci, pour un bénéfice consommateur : le prix et le développement d’une offre de produits responsables

Nicolas Imbert a profité de l’occasion pour annoncer le nouveau partenariat avec Groupement des Mousquetaires, nouveau mécène de l’Association, et pour le remercier chaleureusement au nom de toute l’équipe Green Cross.

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Nicolas Imbert a également salué l’arrivée du mécène Bioviva, qui réalisera autour de la COP22 des jeux et contenus pédagogiques permettant de mieux percevoir les enjeux du climat.

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Pour Philippe Guettier, directeur général du Partenariat Français pour l’eau, beaucoup est attendu de la COP22 sur la question de l’eau. Rappelant les 3 alliances concernant l’eau (les bassins, les grandes villes du monde, et la business alliance), M. Guettier a soulevé les questions des « empreintes eau » de certaines entreprises, qu’il faut optimiser. Il a aussi mentionné le lancement de l’Agenda 2030 avec un objectif Eau. Si l’eau était pour la première fois véritablement visible à la COP21, il n’y a plus qu’à espérer qu’elle soit encore plus mise en avant lors de la COP22 (il y aura d’ailleurs une journée entièrement consacrée à l’Eau).

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Lors des discussions de la table-ronde, Dominique Martin-Ferrari a rappelé l’importance de la question des peuples autochtones, qui de plus en plus arrivent à faire valoir leurs savoirs traditionnels. En 2015, l’UNESCO a travaillé sur les savoirs traditionnels autour du climat, et la prochaine étape pourrait être celle des savoirs traditionnels autour de l’habitat. Lorsque Nicolas Imbert a demandé à chacun des intervenants de la table ronde de faire part de leurs espoirs pour la COP22, les réponses ont été multiples :
Une COP qui fait la part belle aux initiatives des jeunes pour passer le flambeau, une COP qui donne aux jeunes étudiants l’envie de faire du marketing responsable, une COP qui initie le renforcement du droit de l’environnement, une COP qui reprends l’idée des casques verts de Gorbatchev, une COP qui accélère la mise en place d’un prix carbone, et une COP qui inclura aux débats sur l’adaptation les principaux concernés. Autant d’espoirs à porter à Marrakech dans quelques semaines…

La soirée de conférence s’est finie sur deux présentations dynamiques et enthousiasmantes : une présentation de trois acteurs du changement par la chroniqueuse Cyrielle Hariel, et un retour d’expérience de Marie Verrot et Delphine Blumereau, co-fondatrices de Escapademos (article sur le sujet à retrouver ici) et tout juste rentrées d’un long voyage de 6 mois pour explorer les initiatives démocratiques à travers la France et l’Amérique Latine.

Merci à tous les intervenants et participants pour cette conférence qui fut riche de points de vue et pleine d’espoirs!

 

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