Commercialisation des produits de la pêche: un sursaut de transparence et de responsabilité s’impose

Le 25 juillet, il a constaté non seulement la commercialisation, mais également la mise en promotion, du requin-renard, une espèce menacée et protégée, interdite à la pêche intentionnelle, à l’Intermarché d’Argelès-sur-Mer.

Alors que la France accueillera en juin 2020 le Congrès Mondial de l’Union pour la Conservation de la Nature, alors que le GIEC s’apprête à publier son rapport sur l’océan et la cryosphère (https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2019/07/SRCCL-leak-statement.pdf) qui nous alertera une fois de plus sur l’urgence d’agir pour un océan protégé et une humanité préservée, ce nouvel incident grave appelle l’ensemble des distributeurs et metteurs en marché, ainsi que les centrales d’achat et les armements à la pêche, à un sursaut de responsabilité, et à une communication transparente et responsable sur les pratiques.

C’est pourquoi Green Cross, après avoir consulté son Think&Do Tank, propose 7 mesures qui peuvent être mises en place très maintenant pour un sursaut de responsabilité:

  1. L’affichage obligatoire et systématique du statut de l’espèce commercialisée (qui peut être variable par région, selon les écosystème) au titre des catégories de l’UICN , sur l’ensemble du rayon marée,
  2. La possibilité de consulter nommément sur le point de vente l’armement ayant effectué le train de pêche, ainsi que son taux de sélectivité à la pêche (c’est à dire 1 – le ratio pêche accessoire / pêche intentionnelle), avec remontée de l’information via le mareyeur ou le négociant si le distributeur passe par un mareyeur ou négociant,
  3. L’interdiction de pratiquer sur les pêches accessoires une marge supérieure à celle pratiquée en moyenne sur les pêches intentionnelles, afin de décourager systématiquement les effets d’aubaine, et également l’interdiction de toute promotion ou mise en avant des espèces en danger critique ou en danger sur leur région de pêche,
  4. Afin de ne pas susciter ni entretenir la demande pour des espèces en danger, l’engagement de se refuser à présenter spécifiquement en linéaire des espèces en danger critique, et pour toute espèce en danger l’obligation d’accorder au moins deux fois plus d’espace à des alternatives plus durables qu’à l’espèce considérée. 
  5. L’interdiction (ou l’engagement responsable des enseignes) de toute promotion ou mise en avant pour des espèces classifiées comme en danger critique et en danger et l’extension dans les 3 ans de cette mesure concernant les espèces vulnérables,
  6. L’engagement des distributeurs à se soumettre, annuellement, à une évaluation indépendante de leurs pratiques d’achat des produits de la mer par au moins deux associations spécialisées indépendantes l’une de l’autre, et de publier les résultats de ces évaluations,
  7. Le soutien volontaire à des filières durables – et si possible locale – proposant des alternatives permettant de réduire son empreinte écologique en achetant des produits de la mer (poissons végétariens plutôt que carnassier, moins impactant, outils et techniques de pêche limitant les pêches accessoires…).

Green Cross écrira dans la continuité de ses travaux spécifiquement aux enseignes de la grande distribution et de la distribution spécialisée, ainsi qu’aux pouvoirs publics, pour leur proposer de s’engager résolument dans ces 7 mesures pour un sursaut de responsabilité, et d’en mettre en place l’ensemble des engagements dès que possible, et en tout état de cause avant que la France s’accueille à Marseille le congrès mondial de l’UICN.

Comme le dit Jean-Michel Cousteau “sauvons l’océan si nous voulons nous sauvez nous-même, car l’homme est la seule espère qui a le privilège de choisir de ne pas disparaître”.