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Conférence « Le défi climatique et la COP21 pour l’industrie immobilière : quel bilan ? Quels changements ? »

Mardi 9 février, au sein du cabinet Lefèvre Pelletier et associés, à Paris, se tenait une conférence organisée par l’Observatoire de l’immobiliser Durable (OID) sur les changements issus de la COP21 pour l’industrie immobilière. La séance a été introduite successivement par Loïs Moulas, directeur général de l’OID puis par son Président, Gérard Degli Esposti.

G. Degli

M. Degli Esposti a d’abord tenu à remercier M. Jouzel pour sa présence avant de présenter son parcours : paléo-climatologue, ex Vice-Président du GIEC, récompensé à de nombreuses reprises pour ses travaux scientifiques, il a été associé à quatre cent publications, et a reçu, en 2012, le prestigieux prix Vetlesen, pour ses travaux sur les glaces polaires et le climat.

Jean Jouzel a introduit son propos en rappelant la qualité, dès 1990, du premier rapport du GIEC qui évoquait un réchauffement climatique global de l’ordre de trois degrés, ainsi qu’une élévation du niveau des mers de 65 centimètres, ce qui diffère assez peu différent des dernières prédictions.

Depuis 1992 et la conférence de Rio qui fixait l’objectif de stabiliser l’effet de serre, différentes difficultés ont été rencontrées, avec des accords n’engageant qu’une petite partie de la communauté internationale. Si Copenhague, en 2009, a permis un prolongement du protocole de Kyoto ne s’engageant que sur moins de 15% des émissions de GES mondiales, cette conférence a tout de même donné deux chiffres importants, qui ont fait le succès de la COP21. Le premier : l’apparition d’un objectif incitant à ne pas dépasser les 2 degrés de réchauffement global. Le second : la création d’un fonds vert, qui devra être provisionné à hauteur de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays du Sud.

La COP21 a pu se construire dès 2011 lors de la conférence de Durban où un changement de paradigme a été opéré. Il a été acté pour la première fois que chaque pays travaille sur la contribution de diminution de ses émissions qu’il pourrait proposer, les INDC, en anglais.

L’accord de Paris a été un succès, car des engagements ont été pris : engagement de limiter le réchauffement climatique à deux degrés et tendre si possible vers 1,5 degré ; engagement d’abonder le fonds vert à hauteur de 100 milliards d’euros par an dès 2020 et de faire de ce montant un plancher, avec pour objectif de réévaluer à la hausse ce fonds. Enfin, invitation des pays à revoir leur INDC à la hausse, si possible avant 2020.

J. Jouzel

Malgré tout, quelques bémols sont à souligner : on doit regretter que les contributions soumises à la COP21 par les pays ne soient pas à la hauteur des enjeux nous menant vers une trajectoire d’un réchauffement de 3 à 3,5 degrés.

On peut aussi regretter l’absence de fixation d’un prix du CO2, qui aurait créé une vraie dynamique sur le sujet.

Il faut rappeler l’urgence d’agir, atteindre l’objectif 2 degrés nous contraint à ne pas émettre plus de 800 milliards de tonnes de CO2, ce qui correspond à 20 années d’émissions au rythme actuel. Cela représente les émissions générées par la combustion de seulement 20% des combustibles fossiles facilement accessibles, ce qui a inspiré la campagne « Keep it in the ground » s’inspirant des travaux du GIEC.

Les villes rassemblent déjà 50% de la population mondiale, leur population va doubler à l’horizon 2050 et elles abriteront alors près de 70% de la population. Si on ne change pas de mode de développement, la seule construction des villes consommera 460 milliards de tonnes de carbone !

Les villes doivent être pensées différemment pour devenir plus résilientes à l’ensemble des phénomènes climatiques extrêmes auxquels elles seront soumises. Dans un monde à +3 degrés, la canicule de 2003 se reproduira tous les deux ans. Les évènements extrêmes concerneront la plupart des villes car elles sont souvent construites dans des zones à risques (littoraux exposés à la hausse du niveau des océans ou auprès de fleuves).

Il est ainsi primordial d’agir, d’abord sur l’efficacité énergétique, puis sur le désinvestissement dans les énergies fossiles au profit du développement des énergies renouvelables.

A la suite de l’introduction, une table ronde s’est tenue rassemblant : Nicolas Imbert, Directeur Exécutif de Green Cross France et Territoires, Lise Moret, Head of ESQ quantitative solutions, responsible investment, AXA IM et Philippe Pelletier, Avocat et Président du Plan Bâtiment Durable.

Nicolas Imbert a rappelé qu’il était nécessaire que les villes s’adaptent, à tous les niveaux, les bâtiments comme les transports y compris devant entrer en transition. Le mot résilience, que nous n’entendions pas encore en 1992 à Rio, est devenu très important vis-à-vis des villes. Trop longtemps, nous avons considéré que le réchauffement climatique était d’abord une problématique des villes du Sud, or il nous concerne tous. En réponse, on observe que les villes évoluent rapidement (véhicules partagés en pied d’immeuble, vélos en libre-service, espaces de coworking…)

De nombreux think tank se posent la question de la ville durable (celui de Dunkerque par exemple travaille sur le risque de submersion marine), l’obtention d’une ville plus verticale et moins minérale devenant nécessaire. Il faut travailler sur un plan d’investissement comprenant une logique d’identification du risque et des opportunités, avec une vision en amont. L’ingénierie de la prospection à l’échelle d’un territoire est quelque chose de très nouveau. Nous sommes sur un système encore apprenant mais qui pourra permettre l’émergence de villes compactes, approvisionnées de façon maîtrisée par des énergies déconcentrées, dans lesquelles le besoin en déplacements contraints sera limité.

Lise Moret a expliqué que ce sont d’abord les questions de gouvernance et des risques associés qui préoccupent un investisseur comme AXA IM.

Pour AXA, plusieurs volets sont à prendre en compte. La mesure est très importante : il faut apprendre à quantifier les risques environnementaux pour mesurer l’exposition d’une stratégie d’investissement. Différents indicateurs sont à suivre : le taux d’occupation du bâtiment, le rendement attendu de la classe d’actif. La mesure de l’empreinte environnementale est effectuée par plusieurs biais, notamment l’empreinte carbone, l’efficacité énergétique, la consommation d’eau, et la valorisation des déchets.

L’engagement, qui consiste à embrasser des initiatives, porter des actions collectives, ont plus de chancew d’aboutir, notamment grâce à l’effet d’annonce.

Le désinvestissement, qui permet, par un choix délibéré, de ne plus s’exposer au risque climatique.

Philippe Pelletier a entamé son propos en expliquant qu’il n’y avait pas une, mais des solutions pour aider les villes à s’adapter au dérèglement climatique.

Il estime que dans les pays développés, nous sommes entrés dans une autre époque, dans laquelle le besoin en réglementations venant « d’en haut » se fait moins sentir, car une impulsion forte est menée par la société pour engager la transition. Il apparaît nécessaire de s’orienter vers un système de réglementaire souple.

Il note que pour la construction neuve, les réels progrès apportés par la RT2012 ont permis de réaliser d’importantes économies d’énergie, la démocratisation du pilotage de l’énergie par les outils numériques accentue ces efforts.

En revanche, beaucoup reste à faire sur l’existant, les bâtiments anciens risquent de voir leur valeur fortement dépréciée, d’où l’importance d’entrer dans des démarches de rénovation thermique. Par ailleurs, la précarité énergétique touche en France 15% des ménages, accompagner ces personnes, souvent propriétaires de maisons individuelles dans les zones périurbaines et rurales, permet de recréer du lien social et de contribuer à sauvegarder leur patrimoine.

Panel intervenants

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déc 23 2015

Les cartes de vœux 2016 sont arrivées

Deux visuels sont disponibles.

Un issu de l’exposition WondersToSave, porte ouverte sur la mer, photographie de Margaux Michel.

MargauxMichel

Et un second, de l’expédition A la Poursuite de l’Endurance, photographie de Luc Hardy.

LucHardy

Les deux visuels seront disponibles dès le 5 janvier au siège de l’association. Vous pouvez également les commander par correspondance, au prix de 30 euros les 20, via le bon de commande ci-joint, soit de manière électronique par email et / ou Paypal (adresse de paiement:contact@gcft.fr), soit en envoyant un chèque du montant correspondant à l’adresse de Green Cross.

COMMANDE EN LIGNE

Nombre de cartes de voeux



 

BON DE COMMANDE A IMPRIMER

Je soussigné souhaite commander des cartes de vœux, avec le visuel de:

Luc Hardy        ⃝ Margaux Michel

Je commande (TTC, 1 seul point de livraison, port compris):
⃝ 20 exemplaires: 30 euros,
⃝ 50 exemplaires: 50 euros,

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A retourner à :

Green Cross, 33 rue Chaptal, 92 300 Levallois-Perret contact@gcft.frwww.gcft.fr

Si vous souhaitez en profiter pour commander également A la Poursuite de l’Endurance, c’est ici: http://bit.ly/LHEndurance 

 

 

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déc 12 2015

CoP21: Green Cross salue un accord historique à Paris

Green Cross salue un accord historique à Paris, et remercie l’ensemble des équipes de négociation française, péruvienne et marocaine pour la qualité du travail accompli: http://bit.ly/ParisAgreement20151212

La prochaine étape essentielle sera la signature et l’entrée en vigueur de l’accord, espérée le 22 avril, avec au moins 55 pays signataires représentant 55% des émissions carbone mondiales.

L’adaptation y est présentée d’une manière satisfaisante, la date de 2018 pour la révision des INDC est en ligne avec ce qu’il est possible de faire face à l’urgence climatique, et le texte reconnait le rôle des acteurs non-gouvernementaux, ainsi que la nécessité d’une approche concrète, opérationnelle, sur les teritoires. Ce qui rend très dense le chemin restant à accomplir par les présidences française et marocaine de la CoP pour instancier à Marrakech les engagements de Paris.

On est heureux également de voir disparaître parenthèses et crochets. Cet accord fera date, et permet de sortir de 5 ans d’errements par une réponse concrète, concertée et différenciée à l’urgence climatique. C’est remarquable, ne boudons pas notre joie ce soir.

Nos curseurs par rapport aux 8+1 mots-clés que doivent comporter un accord ambitieux
1 – Rôle des gouvernements locaux                                                

Reconnu dans le titre 5, point 135

2 – Suivi effectif et révision des engagements                                                                     

La feuille de route des INDC est reconnue, avec un point de rencontre en novembre 2016 et une cible 2°C (notons la subtilité d’écriture de l’article 17), et une première revoyure (facilitation dialogue entre parties, pas forcément contraignant mais transparent), en 2018

3 – Pertes et dommages                                               

Les titres 48 à 52 nous indiquent que rien n’est très neuf depuis Varsovie, les progrès seront probablement en annexe.

4 – Approche inclusive sur les territoires                              

Reconnaissance en préambule (donc non contraignant juridiquement) du rôle essentiel de la sécurité alimentaire (mais aucune mention à l’eau), ainsi que de l’océan.
L’article 2 insiste sur résilience et sécurité alimentaire, et en fait un élément important de la lutte contre le dérèglement climatique.

5 – Reconnaissance des savoirs traditionnels                                               
Mentionnée explicitement dans l’article 5, et par ailleurs reconnaissance des savoirs traditionnels comme élément important des démarches d’adaptation sur les territoires.
,
6 – Financement (à l’échelle des territoires)                                        
Le titre 54 confirme l’objectif de 100 milliards, avec un horizon fixé à 2025 et une approche intégrant adaptation et atténuation. L’essentiel des financements relèvera du multilatéralisme, et l’approche de fixer une cible, des modalités d’engagement, des conditions de transparence et de revue est la plus réaliste en droit et de facto.
7 – Accélération de la mise en réseau des solutions                               

Poursuite du LPAA au-delà de Paris, mais beaucoup reste à construire entre Paris et Marrakech.

8 – Droits humains                                            

Le terme « humankind » est expressément employé, dans le préambule, ouvrant la possibilité d’une reconnaissance rapide de la déclaration des droits et devoirs de l’humanite (http://www.humankindrights.org). L’équité intergénérationnelle est également mentionnée

Voici la citation intégrale:

Acknowledging that climate change is a common concern of humankind, Parties should, when taking action to address climate change, respect, promote and consider their respective obligations on human rights, the right to health, the rights of indigenous peoples, local communities, migrants, children, persons with disabilities and people in vulnerable situations and the right to development, as well as gender equality, empowerment of women and intergenerational equity,

+1 Evolution de la gouvernance pour la CoP22                    

L’obtention d’un accord, même si elle fut difficile, est désormais là. Bravo à toutes les délégations et au travail des présidences française, péruvienne et marocaine pour ce succès, qui sera opérationnalisé le 22 avril et à la CoP22 à Marrakech. On se réjouit que la confiance revient dans les négociations inter-nationales, et qu’il est possible de passer de la phase d’enlisement vécue de Copenhague à Paris pour tourner la page et enclencher à Paris une phase de coconstruction – il faudra veiller à la fois à une vision 2050, à une meilleure opérationnalité du système onusien et à des engagements tenus et revus.

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déc 11 2015

Négociations #CoP21 – message de Jean-Michel Cousteau

La phase actuelle de négociation est critique pour le futur commun de l’humanité. Voici le message de Jean-Michel Cousteau aux négociateurs

J’ai grandi au bord de la mer Méditerranée, dans le Sud de la France, et ai commencé à plonger à l’âge de 7 ans. Mon père, Jacques-Yves Cousteau, son équipe et moi-même, ont produit de nombreux films documentaires pour présenter les merveilles des océans au public.

Au cours de mes 70 ans de plongée, j’ai découvert des endroits magnifiques de par le monde. Mais j’ai aussi assisté à la destruction de la planète. Maintenant, et c’est nouveau, nous devons affronter le plus grand défi de l’histoire humaine : l’accélération du changement climatique. Avec les dirigeants et gouvernants mondiaux réunis à Paris – et le monde entier qui regarde.

Le temps est plus que compté. Il y a eu assez de discours. Nous devons prendre désormais action, maintenant, pour infléchir la trajectoire de notre futur commun. Nous devons nous focaliser sur les solutions. Aucune nation ne sortira vainqueur d’une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, d’une montée des températures ou d’une détérioration de la santé des océans. Nous gagnerons si nous protégeons les terres et océans.

Chaque nation dans le monde gagnera si nous nous rassemblons pour trouver des solutions. Chaque nation aura quelque chose à gagner si nous réalisons que la qualité de nos futurs dépend de la santé de la planète. Confrontée à ce défi, l’espèce humaine innovera de manière remarquable, et peut s’adapter aux besoins changeants de notre époque. Nous sommes la seule espèce sur la planète qui peut faire le choix de ne pas disparaître.

Aujourd’hui, les connaissances sont plus importantes que jamais, et nous pouvons communiquer pour atteindre l’ensemble du monde. Nous savons que le climat se dérègle rapidement, que la biodiversité est altérée, et l’eau de la planète de plus en plus polluée. Mais ensemble, nous pouvons résoudre ces problèmes. Les opportunités de création d’activités sont sans fin. Nous pouvons mieux capter l’énergie du soleil, des vents, des marées et courants. Nous pouvons réemployer ou recycler les produits chimiques avant qu’ils ne rentrent dans l’océan, et cultiver durablement l’océan. Les possibilités de développer nos communautés humaines tout en protégeant notre bien commun sont multiples.

Il n’y a qu’un seul système d’eau, et ensemble, nous vivons sur une seule planète de terre et d’eau. Nos vies sont toutes liées, et nos futurs intimement connectés. Construisons le futur de l’eau et des énergies propres qui nous permettra de vivre. Le temps de l’action, c’est maintenant.

Vous pouvez retrouver cette déclaration en français et en anglais.

Décryptage du texte du 10 décembre

Nous avons revu le texte du 10 décembre (http://bit.ly/UNFCCC_draft_dec10) à la lueur de nos 8+1 mots-clés… et voici le résultat.

A moins de 6 heures de la clôture prévue des négociations, le statut juridique du texte n’est toujours pas tranché, ni ce qui est contraignant et ce qui ne l’est pas. C’est un obstacle majeur pour en faire un texte d’action et de réponse à l’urgence climatique.

Le rôle des acteurs non-étatiques, essentiel dans les progrès et actions annoncées pendant la CoP21, est reconnu. L’adaptation fait l’objet d’une attention désormais plus en rapport avec les enjeux. Mais le dispositif de réponse est trop lent : avec une première revue quinquennale globale des émissions en 2024, le texte désavoue le GIEC et ne répond pas à l’urgence climatique. L’ambition de co-construction d’un futur souhaitable (qu’il s’agisse de financement, de transferts de technologie ou de coopération) n’est pas en rapport avec les enjeux. La cible 2050 n’est plus définie, ni les engagements concrets sur l’énergie, l’alimentation, la préservation de l’eau et des océans.

Ce texte est une incantation, non un cadre d’action: l’ambition affichée de réduction du dérèglement climatique à 2°C nécessite des moyens sans commune mesure avec le contenu du texte. Nous espérons que les engagements et plans d’actions des pays (INDC), ainsi que les solutions issues du Plan d’action Lima Paris (LPAA) seront eux développés, poursuivis, partagés très rapidement et surtout mis en oeuvre dès que possible.

Nos curseurs par rapport aux 8+1 mots-clés que doivent comporter un accord ambitieux

1 – Rôle des gouvernements locaux                                                
2 – Suivi effectif et révision des engagements                                                                     
3 – Pertes et dommages                                                                                                                  
4 – Approche inclusive sur les territoires                              
5 – Reconnaissance des savoirs traditionnels                                               
6 – Financement (à l’échelle des territoires)                                                                
7 – Accélération de la mise en réseau des solutions                                                       
8 – Droits humains                                                                                                                       

Droits humains : urgent d’agir – reconnaissons dès maintenant la démarche entreprise vers une déclaration universelle des droits et devoirs de l’humanité (www.droitshumanite.fr), et proposons un procédé pour la reconnaître en moins de 12 mois.

+1 Evolution de la gouvernance pour la CoP22                                                                         

Evolution de la gouvernance pour la CoP22 : les négociateurs sont dans une bulle trop éloignée de l’action. Plus que jamais, une refonte en profondeur du processus de décision UNFCCC est impérative. Retrouvez sur https://www.youtube.com/watch?v=YZjqSN6ybeM la vidéo de Nicolas Imbert sur le sujet.

Clés de lecture du texte – Les 8 + 1 mots-clés qui construiront un accord acceptable à Paris, ou non !  English version to follow – version PDF disponible ici

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déc 11 2015

Agora Océans et économie circulaire du 10 Décembre

Lors de l’Agora « Océans et économie circulaire » organisée par Green Cross le 10 décembre 2015, la place occupée par les océans dans la lutte contre les dérèglements climatiques a été démontrée, ainsi que les pistes d’innovation qu’ils nous offrent. Un retour sur la COP21 et sur les résultats de la Déclaration ParisClimat2015 ont également été présentés. On a ainsi parlé adaptation, mais également solutions.

Parmi les intervenants, des entrepreneurs innovants, à l’échelle française et internationale, ont aussi parlé solutions.

  • Louis Win-Nemou, contributeur d’Océania 21, chef de la tribu Gohapin, Nouvelle Calédonie

Le lien à la terre et les savoirs traditionnels du peuple calédonien sont menacés par la présence de ressources très convoitées : métaux rares, pétrole, gaz… C’est une perte de savoirs traditionnels anciens de 3000 ans qu’encourt l’Humanité.

En Nouvelle-Calédonie, le travail qui est réalisé sur le développement durable va de pair avec le bien-être des populations. Ce sont ces populations qui subissent déjà aujourd’hui les conséquences des changements climatiques : montée des eaux, réchauffement, cyclones. Leur sens de la résilience est indispensable, tout comme la recherche de solutions locales : la plantation d’arbres, par exemple le palétuvier, qui permet de capter 3 à 4 fois plus de carbone que la moyenne, et aide à casser les vagues.

Au sein d’Océania 21, la réunion de 21 peuples autochtones, reconnus par le droit international, a permis de faire valoir leurs revendications. La Déclaration de Lifou apporte aussi des éléments concrets sur l’adaptation, l’atténuation et le financement. Elle a été référencée aux Sommets de Lyon et de Bogota. Sur les 21 pays insulaires que composent Océania 21, 17 sont indépendants et peuvent donc porter leurs voix et celle des autres à l’ONU et autres organisations internationales.

  • Diffusion du film « Choses vues, mots entendus, 8 mois après PAM »

Ce web-documentaire sur les conséquences au Vanuatu du cyclone PAM qui a frappé l’océan Pacifique Sud début 2015. Ania Freindorf, la réalisatrice, rappelle qu’il existe seulement 3% des aires naturelles protégées. Ce film appelle à l’action et montre comment les pays insulaires se mobilisent.

Louis Win-Nemou a souligné qu’El Nino se reforme plus vite que d’habitude, et que les catastrophes naturelles qui les accompagnent sont de plus grande ampleur. D’une fréquence décennale, ces catastrophes deviennent annuelles. La plantation d’arbres et le développement de l’apiculture peut contribuer, mais le problème majeur reste celui du changement des mentalités, et la préservation des particularités culturelles, notamment dans les pratiques agricoles. Louis Win-Nemou a évoqué l’exemple de la production vivrière d’igname, qui est devenue quasi-impossible du fait de la concurrence de l’igname transgénique en Australie et à Hawaii. La nécessité de préserver des graines non transgéniques dans une banque est posée.

La question de l’eau, plus particulièrement de son approvisionnement et de sa montée, est devenue majeure. Au passage d’El Nino, les pluies sont tellement violentes et les sols perméables, que l’eau ne fait que ruisseler en surface. Le lien entre la pollution en amont et son impact en aval est aussi à faire.

Dec 10 copyright

  • Quels navires pour le futur ?

Boris Federovsky, conseiller technique du GICAN

Ont été évoquées les opportunités que représente l’océan, vecteur essentiel du transport maritime, ainsi que les apports de la technique. Cette dernière permet de répondre à des besoins de sécurité, environnementaux, économiques et opérationnels. En mer, l’économie circulaire prend tout son sens. La transformation optimale de l’énergie, la valorisation des déchets, ainsi que le traitement de l’eau, constituent le triptyque sur lequel repose l’économie circulaire à terre. Le concept de multi-activités en mer complète ces notions de réduction de la consommation de ressources – énergie, matériaux, eau – et de limitation, voire de suppression des rejets dans l’environnement.

Mathieu Kerhuel, président d’Advanced Aerodynamic vessels (A2V)

Présentation d’un prototype de navire d’un nouveau genre. Son design génère une portance aérodynamique qui lui permet d’être extrêmement rapide et d’avoir une faible consommation.

A usage commercial, ces bateaux ont la particularité et l’avantage d’être légers car composés de matériaux composites et de fibres de verre. S’ils sont plus coûteux à l’achat que les bateaux traditionnels, leur légèreté permet de faire des économies de carburant.

  • Océans et économie circulaire

Brigitte Bornemann, directrice des publications, Energies de la Mer

Le portail d’informations qu’elle a développé concerne la filière des énergies de la mer, y compris les navires les infrastructures du littoral , telles que les ports, les usines de production, la logistique. Il propose également une veille sur les impacts environnementaux, sociétaux et socio-économiques.

L’intérêt de la production d’énergies renouvelables marines a également été mis en lumière : il s’agit d’une activité non délocalisable, à dimension territoriale et prédictible.

Le projet de Serious game, véritable outil d’analyse stratégique et pédagogique développé par le Lycée Vauban de Brest dans le cadre du Campus des métiers de la mer présente des technologies que l’on peut développer en mer, entre autres les éoliennes offshore posées ou flottantes ; l’hydrolien, le houlomoteur ainsi les technologies fluviales . Le jeu en 3D, permettra de gérer à partir de données le potentiel énergétique en temps réel converti en production énergétique.

Laure Rondeau-Desroches, responsable communication Europe, Afrique, Moyen-Orient d’Interface

La société Interface existe depuis les années 70, mais elle n’a amorcé son changement stratégique qu’en 1994, en étant à l’avant-garde de la RSE. Son objectif pour 2020 : zéro déchet, zéro impact négatif. Cela passe par l’élimination des déchets, un objectif zéro émission nocive (qualité de l’air intérieur), l’utilisation d’énergies renouvelables, une optimisation des transports, la sensibilisation des parties prenants, et de nouvelles façons de commercer.

Un changement stratégique a été initié suite à l’analyse du cycle de vie des produits (dalles de moquette) : les 2/3 des externalités négatives proviennent du matériau constitutif de la moquette, à savoir le pétrole, et plus précisément le polyamide 6, fibre issue de la pétrochimie. Pour trouver de nouvelles sources de matières premières recyclées, dans le cadre du programme NetWorks, en partenariat avec la ZSL (Zoological Society of London), Interface a identifié une nouvelle source d’approvisionnement : la récupération des filets de pêche. Ce partenariat représente aussi une solution bénéfique pour les communautés locales : aux Philippines par exemple, la collecte des filets abandonnés permet de mettre fin à la « pêche fantôme » qui détruit les stocks de poisson, en plus de nettoyer les côtes et les plages. L’achat des filets se fait à un prix juste, ce qui contribue à augmenter les revenus des pêcheurs. Le recyclage est réalisé par Aquafil, une société italienne, qui transforme les filets en fibre de polyamide 6. Les avantages sont donc de nature environnementale, mais également économique.

Jacques Degroote, président d’Algonésia

Algonésia est une start-up créée en 2013, centrée sur l’agro-industrie et les biotechnologies dédiées aux micro-algues. Le concept s’articule autour de l’économie circulaire, conception dans laquelle le déchet de l’un devient la ressource du suivant. Décliné à la production de micro-algues, le CO2 de l’un devient l’aliment des micro-algues de l’autre. La croissance des micro-algues nécessite du soleil et du CO2, et elles peuvent très bien grandir dans des eaux usées, ce qui représente un atout environnemental considérable dans un objectif de captation du carbone. La traçabilité du carbone a été identifiée comme un enjeu. Jacques Degroote a donc également collaboré à la création d’un outil appelé CO2Track.

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déc 10 2015

Décryptage du texte du 9 décembre

Nous avons revu le texte du 9 décembre (http://bit.ly/UNFCCC_draft_dec09) à la lueur de nos 8+1 motsclés…et voici le résultat.

1                                                

Rôle des gouvernements locaux : l’article 15 ouvre la porte pour une intégration discrétionnaire, au cas par cas, d’acteurs non étatiques.

2                                                                      

Suivi effectif et révision des engagements : l’article 2 laisse encore les options ouvertes pour des visions très différentes de ce qu’est un engagement et un accord contraignant. C’est un point essentiel non encore tranché. Une section entière (article 9) est consacrée avec la transparence, avec une bonne volonté de principe mais floue au niveau de la méthode. La définition du mécanisme de compliance est reportée à plus tard (article 11). La mention spécifique à l’article 12.8 sur la présence de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique augure de peu de transparence sur la transition énergétique. L’article 19 permet une certaine flexibilité dans les amendements.

3                                                                                                                        

Pertes et dommages : non tranché (cf. article 5)

4                        

Approche inclusive sur les territoires : pp13: en préambule, la sécurité alimentaire est expressément mentionnée, ainsi que la vulnérabilité des systèmes agricoles. L’article 2.1 précise bien le rôle de la finance, mais omet les acteurs territoriaux. Les financements et transferts de technologies font l’objet de précisions vers plus de concret (article 6 à 8). Le « capacity building » est toujours défini de manière souveraine par pays, ce qui n’encourage pas la coopération décentralisée (article 8).

5                                                                                                             

Reconnaissance des savoirs traditionnels : pp11: en préambule, l’allusion explicite à la Terre Mère est une première étape. Rien de plus

6                                                                                                             

Financement à l’échelle des territoires : cf.point 4 – encore très flou. La porte est ouverte pour des options plus précises, plus pragmatiques. Traditionnellement les choses se débloquent en toute fin de CoP

4                        

Accélération de la mise en réseau des solutions : L’article 4 propose des axes de progrès sur l’adaptation, mais sans contrainte.

3                                                                                                                        

Droits humains : parenthèses et crochets -et c’est dommage,d’autant plus que la déclaration des droits de l’humanité a été diffusée ce matin à toutes les délégations (www.droitshumanite.fr).

Un petit peu différents des précédents, le dernier mot clé est en fait l’impact sur le processus des conférences des parties de la mise en œuvre des motsclés précédents dans le texte.

+1                                                                                                                        

Evolution de la gouvernance pour la CoP22 : beaucoup de propositions de méthode, mais des process très lourds et peu de subsidiarité.

Parmi les éléments intéressants, citons la mention en préambule (et donc sans valeur contraignante) de l’océan, au même rang que les écosystèmes terrestres et la Terre Mère.

En synthèse, beaucoup doit encore être accompli, et le chemin des solutions sera probablement plus celui qui mènera de la CoP21 à la CoP22 que celui des 72 prochaines heures. Nous restons dans un processus et un accord inter-national, beaucoup plus long qu’un engagement contraignant multi-latéral, et très peu des travaux des sommets préparatoires ont pu être repris. La solidarité avec les peuples du Pacifique reste au stade incantatoire, malheureusement. La convergence des mobilisations de sujets aussi complémentaires et différents que l’économie circulaire, les littoraux et océans, et l’alimentation est encouragée par le texte d’ici à la CoP22 et jusqu’à 2020, mais sans aucun caractère impératif. Est-ce suffisant par rapport à l’urgence ? Et ne faudrait-il pas mieux un 2°C avec une feuille de route permettant de ne pas le dépasser qu’un texte qui se donne l’illusion des 1,5°C et est dimensionné pour 2,5 à 3°C.

Prochains événements

  • 10 décembre, 14h – 17h, Grand Palais (entrée libre pour tous), Solutions CoP21, Paris: Conférence – Agora « Océan et économie circulaire »Accès libre pour tous.
  • 11 décembre, 17h45 – 19h00, Le Bourget : intervention de Nicolas Imbert lors du débat de Réseau Projection « Les solutions face aux risques climatiques en milieu urbain : expériences ouest-africaines ». Espace Générations Climat, le Bourget. Accès libre pour tous.

Clés de lecture du texte – Les 8 + 1 motsclés qui construiront un accord acceptable à Paris, ou non !  English version to follow – version PDF disponible ici

Lien Permanent pour cet article : http://gcft.fr/WP/decryptage-du-texte-du-9-decembre/

déc 07 2015

Les 8 + 1 mots-clés qui construiront un accord acceptable à Paris, ou non !

English version ? See bottom of page

Contexte

Le texte remis le 5 décembre à 12h, à l’issue de la première semaine de négociation (http://bit.ly/CoP21_dec5draft), n’est pas encore à la hauteur des enjeux de la conférence présidentielle du 30 novembre, ni de l’urgence climatique. Il reste moins d’une semaine pour rendre ce texte plus ambitieux, concret, opérationnel, approuvé et en application pour tous. Afin de contribuer à cet effort, Green Cross vous présente ici sa perception des 10 mots dont la présence – ou non – changera la portée du texte. Nous suivrons quotidiennement les avancées sur ces 8 + 1 mots-clés, qui manquent aujourd’hui et dont la présence rendraient le texte acceptable eu égard aux enjeux.

Les 8 +1 mots-clés qui font aujourd’hui défaut

 

1

Rôle des gouvernements locaux : les collectivités locales ont montré, notamment via la déclaration de Lyon, l’importance de leurs engagements, les résultats concrets déjà obtenus et la capacité à travailler en réseau. Les reconnaitre et les engager dans le texte est essentiel pour l’efficacité des actions d’atténuation et d’adaptation.

 

2

Suivi effectif et révision des engagements : le processus proposé aujourd’hui est flou, très peu contraignant, lourd et long à mettre en œuvre. Nous souhaitons un processus agile, opérationnel, connecté avec l’économie et la consommation des ressources, mis en œuvre dès 2017, avec transparence et publicité des méthodes d’analyse et de reporting.

 

3

Pertes et dommages : la porte est désormais ouverte pour une aide spécifique aux pays les plus vulnérables au dérèglement climatique. Il s’agit désormais de proposer un mécanisme simple permettant aux pays les plus vulnérables de faire face aux effets du dérèglement climatique, de s’adapter et de contribuer à la transition écologique de leurs économies, et non uniquement de les considérer comme des « déplacés climatiques » en devenir.

 

4

Approche inclusive sur les territoires : une vision désincarnée du carbone et du climat, déconnecté des actions concrètes qui le génèrent (alimentation, énergie, habitat transports et modes de vie, gestion de l’eau et des océans, investissement et finance…), rend l’empreinte carbone trop éloignée des réalités opérationnelles. C’est en reconnaissant dans le texte la possibilité de fixer un prix au climat – possiblement différent par plaque géographique, et en définissant des axes de travail concret dans les émissions carbones que nous pourrons concrètement lutter contre le dérèglement climatique.

 

5

Reconnaissance des savoirs traditionnels : qu’il s’agisse d’adaptation ou d’atténuation, le rôle des savoirs traditionnels, et la nécessité de faire avancer conjointement science, innovation et savoirs traditionnels a disparu. Il est essentiel de pouvoir mettre en avant la reconnaissance des savoirs traditionnels dans le texte, afin de développer notre effectivité dans les réponses au dérèglement climatique, et d’affecter les moyens nécessaires à leur insertion dans les dispositifs d’alerte, de lutte contre le dérèglement climatique et d’atténuation.

 

6

Financement à l’échelle des territoires : les annonces et levées de financement restent floues et différencient mal le don, l’aide d’urgence, les prêts et avances remboursables et budgets de coopération décentralisée. Ces éléments doivent être précisés. Nous devons également nous assurer que les dispositifs d’aide soient accessibles à l’échelle des territoires, et permettent un financement diffus autant que concentré. Il est essentiel que les actions financées restent les droits des populations sur lesquelles le financement s’opère, et soient construits avec eux, pour des projets diversifiés, résilients, respectant la biodiversité et l’eau.

 

7

Accélération de la mise en réseau des solutions : ces solutions se mettent en place, concrètement, au nord comme au sud: on parle eau, littoral et océan, agriculture, transport, bâtiment, transition énergétique – ce sont des co-constructions entre les collectivités locales, les entreprises et les associations, englobant la science, les savoirs coutumiers, le partage d’expériences et la coopération décentralisée. Elles restent pourtant en marge des travaux et des engagements de l’accord, alors même qu’elles sont la clé à sa mise en œuvre effective.

 

8

Droits humains : le texte – et c’est une belle avancée – fait mention aux droits humains. Cette mention doit être précisée et concrétisée. Nous suggérons de mentionner le projet de déclaration des droits de l’humanité (www.droitshumanite.fr) et de proposer un processus de négociation pour en faire un élément de négociation en vue d’une adoption à la CoP22. Il est également essentiel que l’ensemble des financements opérés dans le cadre de l’accord le soient dans le respect des droits humains, et des aspirations des populations sur lesquelles les projets d’adaptation ou d’atténuation s’appliqueront.

Un petit peu différents des précédents, le dernier mot clé est en fait l’impact sur le processus des conférences des parties de la mise en œuvre des mots-clés précédents dans le texte.

 

+1

Evolution de la gouvernance pour la CoP22 : afin de mettre en œuvre les messages des Chefs d’Etat et de gouvernement délivrés au début de la CoP 21, il est essentiel d’incorporer dès la COP21 et encore plus sur la trajectoire COP21 / COP22, les avancées concrètes du Lima-Paris Action Agenda et des actions présentées par la société civile.  Ceci permettra de faire réellement du texte issu de la COP21 la trajectoire des solutions, du concret et des engagements. Une telle démarche nécessite de reformater le dispositif de négociations pour une approche inclusive sur les territoires et un agenda climat connecté aux agendas géopolitiques, économiques et sociaux. Cette évolution devra être au plus tard visible 9 mois avant la CoP22 (Marrakech), afin de permettre un processus diplomatique et opérationnel revisité pour la préparation de la CoP22.

Il ne reste plus que 5 à 6 jours pour que ces mots-clés soient incorporés dans un texte que nous souhaitons le plus court, concret, inclusif et lisible possible, sans parenthèses ni crochet. C’est possible avec la plus grande impulsion présidentielle et ministérielle, mais ce sera difficile. C’est pourtant le seul moyen d’être à la hauteur de l’urgence climatique…et de l’histoire.

______________

Eight (+ 1) key changes needed to make an acceptable agreement in Paris

 

Following the first week of negotiations at COP21, the draft text released on 5 December does not yet rise to the climate challenge – or respond to the urgency for action that almost everyone agrees we are facing.

 

There is less than one week remaining to arrive at a text that is more ambitious, concrete, realisable and universally applicable. To that end, Green Cross has identified the key elements that will make or break this agreement.

 

  • The role of local governments: local authorities have shown, most notably through the Lyon Declaration, their ability to produce concrete results and to work together as networks. It is essential to recognise and engage with these actors to ensure that their experiences with climate change mitigation and adaptation are incorporated into global efforts.

 

  • Effective follow-up and monitoring of commitments: The process now being proposed is simultaneously weak and non-binding, as well as ponderous and slow to implement. Monitoring of commitments must be agile, operationally-focused, directly related to the economy and resource consumption, and in place by 2017. Analysis methodologies and reporting should be publicly available and transparent.

 

  • Losses and damages: The door remains open to create a dedicated aid programme for the countries at greatest risk from climate instability. There needs to be a mechanism enabling these vulnerable countries to deal with the effects of climate change, to adapt, and to support the ecologically-responsible transformation of their economies – they cannot simply be left to be “climate refugees” in the making.

 

  • An inclusive approach: A vision for a decarbonised future that does not directly address the sources of that pollution (in the food industry, energy, building, transport, lifestyle, water and ocean management, investment and finance) produces a “carbon footprint” far removed from reality. The text must introduce the possibility of fixing a price to carbon – perhaps differentiated by geographic region – and define the practical lines of action that can be pursued to reduce carbon emissions and fight climate change.

 

  • Recognition of traditional knowledge: In both mitigation and adaptation, science, innovation and traditional knowledge can complement each other and advance together. It is essential that recognition of traditional knowledge be put forward in the agreement text, ensuring more effective responses to climate change by incorporating traditional knowledge into awareness-raising, fighting climate change and adapting to climate instability.

 

  • A financial mechanism equal to the need: Pledges and levies of funding have so far been piece-meal, and ambiguously divided between donations, emergency aid, loans and “decentralised cooperation” budgets. These must be precisely elaborated. These aid mechanisms must also be clearly accessible to those who need them, and available for widespread use and not only as concentrated packages. Financed activities must be founded on the rights of the affected populations, developed in partnership with them. Projects should be diversified, resilient, and respectful of biodiversity and water.

 

  • Accelerating the operationalisation of solutions: Concrete solutions must be put in place, in both developed and developing countries. Water, coasts and oceans, agriculture, transport, building, energy – all these sectors should see improvement across different contexts, co-developed between local populations, businesses and associations. They should incorporate science, local customs, experience-sharing and decentralised cooperation. This topic remains peripheral to the work and commitments around the agreement, despite being very much the key to effectively putting it into practice.

 

  • Human rights: The text – to its credit – does mention human rights. But what this means must be clarified and concretised. The text should reference the Declaration of Rights (and Responsibilities) of Humankind (http://droitshumanite.fr/DU/?lang=en) and propose a negotiation process in anticipation of its adoption at COP22. It is also essential that all financial operations facilitated under the agreement respect human rights and the aspirations of populations subject to mitigation or adaptation projects.

 

Somewhat different from the others, the last key point touches on the COP process itself and its impact on the application of the preceding recommendations.

 

+1) Improving governance ahead of COP22: In order to put into practice

the messages delivered by heads of states and governments at the start of COP21, the real advances in the Lima-Paris Action Agenda and the activities recommended by civil society must be incorporated into the COP21 agreement and, particularly, into the COP21-COP22 roadmap. It will be especially important to reorient the negotiations towards a more inclusive approach, and towards a climate agenda more closely integrated into geopolitical, economic and social priorities. These changes must be seen at least nine months ahead of COP22 in Marrakech, in order to inform renewed diplomatic and operational processes in preparation for the next COP.

 

There are only five days left for these key items to be incorporated into a text that we hope will be as concise, concrete, inclusive and readable as possible – and without parentheses or provisos. It is possible, given a great deal of presidential and ministerial support, but it will be difficult.

 

This is, however, the only way to meet the urgent challenge of climate change. And to make history.

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déc 05 2015

Mi-CoP21: texte en demi-teinte

Et si la CoP accouchait d’une souris, d’un accord à minima ? Le 5 décembre est action day, la journée de l’action, et malheureusement de ce point de vue, le texte proposé ce jour est plutôt décevant. Chacun peut se faire son idée sur http://www.cop21.gouv.fr/en/the-new-draft-agreement-is-online/

On note en particulier la reconnaissance du rôle des gouvernements locaux qui a disparu, celle des savoirs traditionnels également – les éléments les plus concrets proposant des objectifs et des axes de travail sur l’océan et l’eau, l’agriculture et l’alimentation, la transition énergétique des territoires….ne sont plus là non-plus. Seule maigre source de consolation, une formule qui persiste, rattachement timidement les droits (et devoirs) humains et le dérèglement climatique.

Face à ceci, nous devons rester mobilisés: il est de la responsabilité de la société civile du pays d’accueil de mettre en place la pression opportune pour que les choses se passent.
Les side-events et travaux depuis le début de la CoP, si besoin était, les réelles réussites apportées par les approches inclusives, concrètes, opérationnelles, sur les territoires. Ces solutions se mettent en place, concrètement, au nord comme au sud: on parle eau littoral et océan, agriculture, transport, bâtiment, transition énergétique – ce sont des co-constructions entre les collectivités locales, les entreprises et les associations, englobant la science, les savoirs coutumiers, le partage d’expériences et la coopération décentralisée.
Pourtant, dans les négociations de la CoP, tout se passe ici et maintenant comme si le message fort des chefs d’état et de gouvernements avait été oublié sitôt prononcé…les négociateurs sont repartis dans l’approche techniciste sur lesquelles dont les CoP sont en départage depuis Copenhague au lieu de construire du consensus.
Il nous semble important que les parties, dès lundi matin :
  • entendent et mettent en oeuvre le message des chefs d’état et de gouvernement, reprenant les attentes fortes et largement partagées des sociétés civiles,
  • incorporent, dès la CoP21 et encore plus sur la trajectoire CoP21 / CoP21, les avancées concrètes des acteurs non étatiques, et fassent réellement du texte issu de la Cop21 la trajectoire des solutions, du concret, des engagements,
  • reformatent le dispositif de négociation pour une approche inclusive sur les territoires, intégratrice, et un agenda climat connecté aux agendas géopolitiques, économiques, sociaux.
Nous avons des outils pour ceci:
  • la référence à la Déclaration des Droits de l’Humanité (http://www.droitshumanite.fr) dans le texte commun,
  • la réinsertion dans le texte du rôle des gouvernements locaux, et de la nécessité d’une approche inclusive, intégratrice sur les territoires,
  • la mobilisation autour des engagements opérationnels, notamment ceux qui peuvent être pris via l’économie circulaire, les zones marines et littorales, l’évolution de l’alimentation, de l’agriculture et la transition écologique des territoires.
Et, plus que jamais, nous devons agir ! Maintenant
2015-12-01 16.36.30

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Green Cross – notre agenda CoP21

PENDANT LA COP21 : EVENEMENTS ORGANISES PAR GREEN CROSS OU AVEC SON SUPPORT

  • 1er décembre
    • 12h – 13h : plateau TV dédié à la présentation de la position officielle du Comité 21 sur les négociations. Pavillon du Comité 21, espace Génération Climat, le Bourget
    • Les éléments de compte-rendu de cet événement sont disponibles ICI.
    • 15h – 18h, le Bourget : side-event Chine-Europe, intervention de Nicolas Imbert pour présenter le Texte commun aux côtés des rédacteurs chinois. Présence de l’exposition « Merveilles à Sauvegarder ». Salle 1, espace Génération Climat, le Bourget.
  • 2 décembre, 11h – 12h30, le Bourget : side-event World Summit Climate & Territories (WSCT). A 11h30, présentation de l’atelier Adaptation GCFT / ICC / ICLEI par Dominique Héron et Nicolas Imbert. Salle 4, espace Génération Climat, le Bourget
  • 3 décembre, 13h – 14h30, le Bourget : side-event Green Cross France et Territoires «Réparer et protéger l’océan pour s’assurer un climat serein et une humanité préservée, ParisClimat2015 – Objectif OCEAN ». Salle 1, espace Génération Climat, le Bourget
  • 4 décembre, 15h30 – 17h, Paris : Modération de la table ronde « Les transformations structurelles de l’Afrique » par Nicolas Imbert lors du Land of African Business. Hôtel de l’Industrie, salle Chaptal, Paris Programme En savoir plus
  • 4 décembre,  19h – minuit, Paris : Breakthrough night, la Nuit de l’innovation, Grand Palais, Paris Programme En savoir plus
  • 5 décembre,  13h20 – 14h, Le Bourget : plateau-TV « Eau et océans : comment éviter les scénarios catastrophes du futur à l’heure de la COP21 » pavillon des solutions Comité 21, en partenariat avec le Partenariat Français pour l’Eau
  • 5 décembre,  18h, Paris : Appel pour la solidarité climatique, GERES. Grand Palais, Paris
  • 6 décembre, 16h15-17h, Paris : Agora du Club France « La Charte des droits de l’Humanité » : Présentation par Corinne Lepage et Bettina Laville, Grand Palais, Paris.
  • 6 décembre, 18h, Paris : Projection-débat du film « A la poursuite de l’Endurance » de Bertrand Delapierre, produit par Luc Hardy, Grand Palais, Paris.
  • 6 décembre, 20h, Paris : Projection-débat du film « Nos enfants nous accuseront» de Jean-Paul Jaud. Cinéma Les 7 Parnassiens en présence de Nicolas Imbert. 98, boulevard du Montparnasse, Paris 14e
  • 8 décembre, 17h00 – 19h00, Grand Palais (entrée libre pour tous), Solutions CoP21, Paris: Echanges d’experts sur les solutions issues de la sphère politique, des ONGs et des entreprises face au défi climatique: avec Isabelle Autissier, présidente du WWF France, Corinne Lepage, femme politique et avocate, et Nicolas Imbert, Directeur Général de Green Cross France et Territoires. Illustration à travers le témoignage d’Arjowiggins Graphic. Table-ronde animée par Christine Oberdorff, rédactrice en chef d’Ushuaïa TV. Accès libre pour tous.
  • 9 décembre, 9h00 – 11h, le Bourget, zone bleue (badge UNFCCC requis) : événement autour de la Déclaration des droits et devoirs de l’Humanité, pavillon de la France.
  • 9 décembre, 15h30 – 16h15, Grand Palais (entrée libre pour tous), Solutions CoP21, Paris: Conférence – Agora « Diplomatie et Outremer »,  avec Nicolas Imbert, Luc Laventure, Bettina Laville, Dominique Martin-Ferrari…Accès libre pour tous.
  • 10 décembre, 14h – 17h, Grand Palais (entrée libre pour tous), Solutions CoP21, Paris: Conférence – Agora « Océan et économie circulaire ». Accès libre pour tous.
  • 11 décembre, 17h45 – 19h00, Le Bourget : intervention de Nicolas Imbert lors du débat de Réseau Projection « Les solutions face aux risques climatiques en milieu urbain : expériences ouest-africaines ». Espace Générations Climat, le Bourget. Accès libre pour tous.

 

 

 

 

 

 

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Retour sur le 1e décembre au Bourget

Ouverture officielle du Pavillon Comité 21-Club France Développement durable au Bourget

La présence d’administrateurs membres du Bureau du Comité 21 représentant les entreprises, associations, universités, collectivités locales, montre que tous les acteurs de la société s’approprient le sujet du climat, et contribuent chacun à leur manière à lutter contre le dérèglement climatique. La force fédératrice du Comité 21, autour d’un objectif commun, illustre le mouvement dans lequel s’inscrit la société et le moment de bascule dans lequel on se situe.

Brice Lalonde a mis en évidence un élément nouveau : les chefs d’Etat s’intéressent dorénavant aux négociations climatiques, ce qui est très positif car ce sujet nécessite une impulsion politique majeure pour avancer. Il a également souligné le fait que les négociations climatiques se sont toujours nourries d’actions provenant de l’extérieur, de la société civile. L’action des différents acteurs non-étatiques est donc
essentielle car elle complète l’action étatique et par leur professionnalisme,  la rende plus ambitieuse.

2015-12-01 12.05.24

Nicolas Imbert, administrateur du bureau des associations, a souligné leur passage, en un peu plus de 20 ans, d’une posture d’avant-garde, mais déconsidérée, à une posture de démocratie en action. Cette transformation s’est accompagnée d’une dynamique inclusive : la présence des femmes et des jeunes, qui nourrissent les Agenda 21, sont la preuve du multilatéralisme des solutions apportées. Par ailleurs, de la COP21 à la COP22, un chemin s’effectue de la rive Nord à la rive Sud, région où l’on a le plus expérimenté le multilatéralisme. Enfin, la plateforme NAZCA et l’agenda LPAA (Lima-Paris Action Agenda) témoignent de cette logique de co-construction.
IMG_5535Bettina Laville a d’abord procédé à un point sur la première journée de négociations.

  • Premier constat positif : la COP21 a mieux été préparée que Copenhague, car l’intervention dès le premier jour des chefs d’Etat est très positive, car eux seuls ont le pouvoir de dépasser les blocages.
  • Toutefois, même si les discours de chefs d’Etat ont évoqué les questions centrales de financement, de justice climatique, et témoignent d’une progression dans la connaissance du sujet, un contraste est à craindre avec la réalité.
  • Des blocages existent en effet : beaucoup de pays du Sud, de même que Laurent Fabius, ont annoncé vouloir un accord « juridiquement contraignant », ce qui ne fait pas consensus. La France va donc certainement devoir mettre en place un accord original de par sa flexibilité.

Autre blocage : les mesures mises en œuvre pour l’adaptation devraient être équivalentes à celles dédiées à l’atténuation.

Dernier point : alors que l’agrégation des contributions étatiques est insuffisante, quels leviers vont permettre de passer de 3 à 2 degrés de réchauffement climatique ? Les actions des coalitions non-étatiques ont une importance fondamentale car elles pourraient nous faire parvenir à 2°C.

2015-12-01 12.41.31

Enfin, nombre de voix s’élèvent pour dire que le cadre diplomatique de la conférence ne correspond plus à la réalité. Le texte établi à Kyoto consistait en un traité, relevant donc du droit international classique. Aujourd’hui, pour en référer au principe de responsabilité de Hans Jonas, on peut considérer que le réglementaire est encore très fort, et que des mesures de contrainte doivent être adoptées. Cependant, il réside un problème : les pays vont-ils accomplir ce qu’ils avancent, ont-ils la possibilité de le faire ?

Side-event Chine Europe

SE Chine Europe 1Suite à la rédaction du texte commun par le Forum Chine Europe (FCE), le side-event organisé lundi 1e novembre consistait à présenter ce texte, remarquable en ce qu’il est parvenu à faire consensus entre des acteurs non-étatiques chinois et européen. Les intervenants ont souligné que la volonté de lutter contre le dérèglement climatique devient une préoccupation forte pour 93% des Chinois. Par ailleurs, la Chine se présente désormais comme une solution et non plus comme un problème, elle est maintenant capable de montrer l’exemple. C’est le cas avec la mise en place de critères qui normalisent l’urbanisation durable, actuellement testés actuellement dans des communes et des quartiers chinois, pour ensuite être exportés dans d’autre pays. La Chine met également l’accent sur la sensibilisation de la jeunesse, en passant par l’éducation ; ainsi que celle des adultes avec la diffusion d’un « Livre Blanc » qui définit les objectifs et les solutions pour économiser les ressources énergétiques et diffuser les énergies renouvelables.

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