Tribune de Nicolas Imbert, directeur de Green Cross, le 3 avril: http://bit.ly/Covid1AN


 

Il y a un tout petit peu plus d’un an, le 30 mars 2020, Green Cross a publié ses 10 propositions pour des territoires plus résilients (also available in english– en espanol). 

Depuis, entre dérèglement climatique et urgence sanitaire, atteintes à la biodiversité et enjeux sociétaux, tout pousse à la fois à faire évoluer drastiquement nos priorités, à accélérer et rendre plus impactantes les transformations, et à reconquérir rapidement un vivre ensemble serein et perenne.

Force est de constater que la France, en particulier dans sa gouvernance, a énormément de mal à entendre cette voix (et cette voie), pourtant précisée et décrite tant par la Convention Citoyenne pour le Climat, le Haut Conseil pour le Climat ou la One Planet Task Force – pour ne citer que quelques instances consultatives nouvellement créées sur le sujet. Auprès des instances européennes, et à quelques mois désormais de la Présidence Française de l’Europe (janvier à juin 2020), quelques prises de position sont particulièrement inquiétantes:

  • en cherchant une nouvelle fois à maintenir un modèle agricole monolithique et industrieux ne correspondant plus ni aux besoins de consommation, ni à la nécessité impérieuse de reconquérir la qualité de nos eaux, de nos sols et de nos systèmes alimentaires.
  • et en s’acharnant sur une demande d’intégration de l’énergie nucléaire (fissile et générant des déchets dangereux de long terme) parmi les énergies renouvelables, notre pays bloque le processus européen de transition vers des économies décarbonées, pourtant déjà relativement timide. De plus, cette requête mortifère ne peut que mettre à mal l’efficacité européenne, puisque à supposer qu’elle aboutisse elle serait ensuite cassée par les instances légales car incompatible avec les traités internationaux et avec l’urgence climatique et environnementale. Pourtant, notre pays s’isole, avec pour seuls alliés de circonstance la Hongrie, la Pologne et la Roumanie, et s’éloigne dangereusement des dynamiques d’innovation écologique durable et structurée autour de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables et d’une filière hydrogène vert pragmatique, incrémentale et opérationnelle.

Afin de pouvoir sortir de cette impasse rapidement et efficacement, des mouvements citoyens, comme #onestpret, notamment impulsé par Camille Etienne, réalisent une interpellation aussi nécessaire que salutaire.

Il nous appartient, en tant que Green Cross, plus que jamais, de proposer des clés pour agir, des retours d’expériences et des inspirations qui montrent à quelle point la transformation rapide vers une humanité réconciliée avec la planète, via l’économie et les territoires, est essentielle, enthousiasmante, et beaucoup plus créatrice de performance écologique, sociétale, et économique. C’est vital pour l’humanité. Nos 10 propositions sont plus que jamais d’actualité, l’urgence d’agir également via la co-construction et en écoute attentive du message des jeunes générations.

Un levier essentiel pour ceci est l’inflexion de nos économies. C’est pourquoi nous vous proposons, le 6 avril de 15h00 à 16h30,en partenariat avec Innopolis, un webinaire sur l’économie régénérative. http://bit.ly/RenegenerEconomie6avril – Y seront notamment présents Isabelle Delannoy, Pascal Petit et Fabienne Durand.

Un autre levier est la reconquête de nos politiques de santé, par exemple via la santé globale. Nous avons organisé un colloque en ce sens en janvier avec le Collectif Santé en Danger (à revivre ici), et vous revenons prochainement avec de nouvelles propositions.

Un troisième levier est la transformation active pour un quotidien plus résilient, en particulier en faisant évoluer fortement à l’échelon territorial – en particulier des régions – par des choix de gouvernance en accord avec l’urgence environnementale, notamment sur les thématiques de l’eau, de l’alimentation de l’agriculture et de la pêche, de l’habitat, des mobilités, de l’énergie, de l’économie circulaire, et des solidarités.

D’ici à la Journée de la Terre (le 23 avril), nous vous ferons parvenir des propositions concrètes et structurées en ce sens.

Et nous vous reviendrons – on l’espère vivement – dès juillet 2021 avec un programme de conférences, rencontres et événements festifs en commun, sur les territoires.


Entretemps, soyons tous solidaires contre le Covid-19, intégrons les gestes barrières et mesures à notre quotidien, et utilisons ce temps si particulier pour repréciser nos priorités, faire entendre nos propositions et coconstruire la transformation à la hauteur des enjeux climatiques, environnementaux et sanitaires.

Nous vous souhaitons un bon week-end de Pâques, en mode confiné, et un excellent mois d’avril, 

Prenez soin de vous, prenons soin de notre planète terre et mer

Nicolas Imbert, Directeur exécutif