Archives de l’étiquette : Nucléaire

Avr 27 2012

Tchernobyl : Green Cross demande des scénarios pour la vallée du Rhône

A l’occasion de la commémoration de la 26ème année de la catastrophe de Tchernobyl, Nicolas Imbert revient sur les enjeux du nucléaire et demande notamment la co-construction de scénarios d’évacuation en vallée du Rhône.

Article à lire sur : http://www.enviscope.com/News/Thematiques/energies/Tchernobyl-Rhone,i16175.html

 

Lien Permanent pour cet article : http://gcft.fr/WP/tchernobyl-green-cross-demande-des-scenarios-pour-la-vallee-du-rhone/

Avr 25 2012

Tchernobyl – 23 au 26 avril 2012 – Chernobyl Day – Communiqué de presse

Une version pdf de ce communiqué de presse est disponible ici

 

Pour la commémoration de la 26ème année de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, Green Cross a mobilisé un voyage d’étude international dans la région de Tchernobyl.

En Biélorussie, Ukraine et Russie, près de 9,9 millions de personnes vivent quotidiennement dans les zones contaminées avec un suivi médico-social largement insuffisant. Green Cross mène actuellement un programme d’ampleur d’analyse des effets à long terme des catastrophes nucléaires sur les populations avoisinantes. Les représentants japonais présents insistent sur la nécessité d’une prévention reposant sur une large information préalable des populations.

 

Green Cross effectue actuellement, et jusqu’au 27 avril, un voyage d’étude dans la région de Tchernobyl, dans laquelle notre ONG est présente depuis son lancement en 1993.

 

Alors que près de 9,9 millions vivent dansles régions contaminées, qu’il s’agisse de la Biélorussie, de l’Ukraine ou de la Russie, le suivi médico-social de ces populations est largement insuffisant.Il y a beaucoup à faire pour permettre une production et une consommation de denrées alimentaires non contaminées, mais également pour assurer un suivi sanitaire et social de proximité, accessible à des populations souvent isolées et défavorisées. 26 ans après, la catastrophe est toujours un fardeau économique majeur. « A l’échelle de l’Ukraine, c’est plus de 5% du budget annuel qui est consacré à la seule réparation des effets directs de lacatastrophe de Tchernobyl, pour une réponse encore insuffisante aux besoins ducourt et du moyen terme », déclare le Pr. Theodor Abelin, de l’Université de Bern, qui accompagne régulièrement les travaux de Green Cross.

 

Une délégation japonaise, fortement impliquée dans le suivi de la catastrophe nucléaire de Fukushima et présente lors de ce voyage d’étude, a partagé son expérience. Parmi la délégation, le journaliste Hiroshi Ueki, a personnellement été évacué de la zone contaminée avec sa famille et vit actuellement dans la préfecture de Nagano, sans perspective de retour à Fukushima.

 

Ikuko Hebiishi, une élue de la ville deKoriyama (district de Fukushima),  tire de son expérience de la catastrophe des recommandations pour les pays possédants des installations nucléaires.  « En observant la gestion de l’accident à Fukushima, nous avons déterminé trois mesures d’urgence à prendre pour mieux gérer les catastrophes nucléaires :

– Localiser le risque : munir la population de dosimètres et mettre à disposition des outils d’analyse des vents et modes de transmission des particules,

– Prévenir le risque sanitaire immédiat : par la mise à disposition rapide de pastilles d’iode, un système d’approvisionnement en eau et nourriture et des moyens de se prémunir autant que possible contre les particules.

– Anticiper l’évacuation pour la rendre plus rapide et efficace : en diffusant régulièrement et massivement des consignes claires, répétées et comprises par la population et en anticipant des scénarios d’évacuation précis et     fluides et en prévoyant des lieux d’accueil pour les réfugiés. »

 

Trois mesures d’urgence, qui n’ont peu ou pas été mises en œuvre suite à la catastrophe de Fukushima : l’outil de mesure de l’orientation des vents (Speedy) était accessible aux seuls spécialistes et ne permettait pas aux populations de s’orienter, les dosimètres sont arrivés en nombre insuffisant et trop tard et la distribution des pastilles était trop tardive et trop partielle. Enfin, l’évacuation individuelle, en voiture, a créé des embouteillages massifs qui ont fait courir un risque d’exposition aux radiations.

 

Ikuko Hebiishi précise également l’importance de procédures transparentes, comprises et approuvées par les populations et d’une information concrète régulièrement mise à jour sur le sujet. Les gens ne doivent pas être mis en situation passive : il est mieux de donner aux populations les clés pour agir elles-mêmes et  s’organiser dans l’urgence, plutôt que d’attendre les réponses d’une organisation centrale qui sera dans un premier temps désorganisée.

 

Actuellement, Mme Hebiishi observe dans la région de Fukushima des affections focalisées sur des enfants (saignements de nez, diarrhées à répétition…), sans moyens de suivi sanitaire et préventif déployés pour y apporter une réponse appropriée.

 

Par ailleurs, les éléments de réponse court terme et moyen terme aux catastrophes nucléaires ont besoin d’être complétés par une approche de long terme. Les études de terrain montrent que plus lessujets sont exposés jeunes, plus les risques sont grands sur une période de 15à 20 ans. Sur les territoires contaminés par Tchernobyl, Green Cross a souhaité, sur les bases des analyses de risques sanitaires connus et publiés, compléter ses travaux par une étude réalisée sous la conduite du professeurJonathan M. Samet, de l’University of Southern California, sur les risques psychologiques et psychiatriques dans les  zones contaminées et auprès des gens déplacés. Cette étude, dont quelques résultats préliminaires sont disponibles, sera publiée fin 2012.

 

Nicolas Imbert, directeur de Green Cross France et Territoires, déclare « en France, nous devons travailler pour la mise en place de plans d’action concrets à même de répondre aux accidents et catastrophes nucléaires,en particulier dans la vallée du Rhône. Cela passe par une co-construction partagée des scénarios d’évacuation et modes de réponse entre les autorités et services d’évacuation, les entreprises impliquées et la société civile. Et il est urgent de faire cet exercice, sans concession.»

 

L’étude de Green Cross Suisse sur les risques psychologiques et psychiatriques ainsi que des informations complémentaires sont disponibles sur le site : http://www.greencross.ch/de/news-info/tschernobyl.html

 

 

Contact :

Nicolas Imbert – Directeur exécutif Green  Cross France et Territoires

imbert@gcft.fr– +33 6 11 46 37 87 – http://gcft.fr

 

Green Cross est une organisation non gouvernementale internationale. Fondée par Mikhaïl Gorbatchev en 1993, elle concentre son action sur le lien entre pauvreté, sécurité et environnement.

 

Green Cross France et Territoires est le représentant français de Green Cross International. Elle vise à préserver un milieu sain pour un avenir serein, ens’intéressant particulièrement aux thématiques liant eau, alimentation et énergie dans une approche incarnée sur les territoires. Green Cross France et Territoires est un partenaire agréé du « 1% pour la Planète ».

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Déc 07 2011

Assez de mythes : le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables

| 07.12.11 | 14h51  •  Mis à jour le 08.12.11 | 12h09

L’affirmation est martelée au point de passer pour une évidence : le nucléaire coûterait moins cher que les énergies renouvelables. « Corollaire » : diminuer la part du premier pour développer les secondes, comme le propose par exemple l’accord Europe Ecologie-Les Verts-PS, augmenterait le prix de l’électricité, appauvrirait les ménages et amènerait les usines à délocaliser. Pourtant, cette affirmation est déjà fausse et le sera encore plus à l’avenir.

Si l’électricité est moins chère en France que dans la plupart des autres pays européens, c’est parce que l’Etat a longtemps subventionné le développement du parc nucléaire et que le niveau actuel du tarif réglementé ne permet pas de financer le renouvellement du parc, quels que soient les choix à venir entre nucléaire, centrales thermiques et énergies renouvelables. L’évolution récente des coûts de production électrique est, à ce titre, éclairante.

Dès les années 1980, le programme nucléaire français a vu son coût augmenter, évolution qui ne fait que se prolonger avec le réacteur surpuissant EPR. Cette dérive s’observe en particulier sur les coûts d’investissement, un poste très important. Comme le montre un article publié dans la revue scientifique Energy Policy, le coût d’investissement dans les centrales nucléaires françaises a été multiplié par 3,4 en vingt-cinq ans, même en déduisant la hausse du niveau général des prix. L’EPR ne fait que poursuivre cette trajectoire puisque en supposant – hypothèse optimiste – que la facture finale ne dépasse pas la dernière estimation (6 milliards d’euros), on atteint 3,64 euros le watt – 4,7 fois plus qu’en 1974.

Autre problème, ces coûts ne prennent pas en compte le démantèlement des centrales en fin de vie, ceux de la gestion des déchets, du risque d’accident et les divers coûts de fonctionnement. En se développant, la plupart des techniques voient leur coût diminuer par effet d’apprentissage, et c’est le cas pour les énergies renouvelables ; mais, avec le nucléaire, l’inverse se produit : plus on le développe, plus il coûte cher.

UNE BAISSE IMPRESSIONNANTE

En comparaison, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, le coût d’investissement de l’éolien terrestre était en 2009 de 1,30 euro le watt. Même « normalisé » pour prendre en compte l’intermittence, le coût d’investissement de l’éolien est environ 15 % inférieur à celui de l’EPR, démantèlement inclus. Et, selon une analyse de Bloomberg, le coût de l’électricité d’origine éolienne, déjà divisé par 4,5 depuis les années 1980, devrait encore diminuer de 12 % dans cinq ans.

Quant à l’énergie solaire tirée des panneaux photovoltaïques, elle a connu une baisse impressionnante : début 2011, un module photovoltaïque coûtait en moyenne 1,20 euro le watt en Europe, contre 4,2 euros le watt dix ans plus tôt. Depuis quelques mois, la moyenne sur le marché allemand est même de 1 euro le watt. Même normalisé pour prendre en compte l’intermittence, le coût d’investissement dans le photovoltaïque ne dépasse plus celui de l’EPR (en incluant le démantèlement) que d’environ 25 %. De plus, les professionnels du secteur anticipent encore une baisse de 35 % à 50 % des coûts d’ici à 2020. Comme l’écrit le Prix Nobel d’économie Paul Krugman, « si la tendance à la baisse continue (et elle semble s’accélérer) nous ne sommes plus qu’à quelques années du point où la production d’électricité à partir de panneaux solaires deviendra moins coûteuse que celle à partir de charbon ». Pour simplifier, les calculs présentés ici laissent de côté les coûts de fonctionnement, mais ces derniers sont du même ordre de grandeur entre éolien et nucléaire, et plus faibles pour le photovoltaïque. De même, si un renforcement du réseau est nécessaire en cas de développement des renouvelables, c’est aussi le cas pour l’EPR (340 millions d’euros pour la ligne Cotentin-Maine nécessitée par l’EPR de Flamanville).

Nous vivons un moment historique : celui où les énergies renouvelables deviennent moins coûteuses que l’électricité d’origine nucléaire ou fossile, pour peu qu’elle soit obligée de payer pour ses externalités négatives : émissions de CO2, risques d’accidents, déchets radioactifs… La France se crispera-t-elle sur une technique dépassée, ou se tournera-t-elle vers la seule manière durable de produire de l’énergie : la mobilisation des flux d’énergie renouvelable, et celle, indissociable, des économies d’énergie ?

Sandrine Mathy, présidente du RAC
Isabelle Autissier, présidente du WWF France
Madeleine Charru, présidente du CLER
Adélaïde Colin, porte-parole de Greenpeace France
Bruno Genty, président de France Nature Environnement
Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement
Sébastien Lapeyre, directeur du CNIID
Serge Orru, directeur général du WWF France
Sandrine Mathy, Isabelle Autissier, Adélaïde Colin, Madeleine Charru, Bruno Genty, Stéphen Kerckhove, Sébastien Lapeyre, Serge Orru
Article paru dans l’édition du 08.12.11

assez-de-mythes-le-nucleaire-est-plus-cher-que-les-energies-renouvelables_1614336_3232.html

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Oct 06 2011

Mikhaïl Gorbatchev: « L’Europe a tort de nous regarder de haut ».

Paris match |du 6 au 12 octobre 2011|

Russie, crise, nucléaire… le dernier dirigeant soviétique se confie à Match.

Vingt-ans après Tchernobyl: Fukushima. Que pensez-vous du nucléaire? Certains experts critiquent l’état des centrales nucléaires russes… Approuvez-vous la décision allemande de sortir du nucléaire? Et la France, qui ne remet pas en question son choix du nucléaire? Les Etats sont incapables de s’entendre sur le climat. Courrons-nous à la catastrophe?

Mikhail-Gorbatchev-L-europe-a-tort-de-nous-regarder-de-haut-341067

 

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Sep 28 2011

Les parlementaires suisses ont approuvé la sortie progressive du nucléaire

De Agnès PEDRERO (AFP) |28 sept. 2011|

GENEVE — Six mois après la catastrophe de Fukushima, le Parlement suisse a approuvé la sortie progressive du nucléaire, après le feu vert mercredi du Conseil des Etats (chambre haute).

Ravivant les inquiétudes sur la sécurité de l’atome, le très grave accident nucléaire au Japon avait poussé le gouvernement suisse — le premier à réagir dans le monde — à recommander de ne pas remplacer les cinq réacteurs en fonctionnement dans la Confédération helvétique à l’issue de leur période d’exploitation, soit d’ici à 2034.

Un tournant dans la politique nucléaire suisse que les députés avaient approuvé en juin.

Les sénateurs ont fait de même mercredi. Ils ont toutefois apporté une modification importante puisque la version adoptée précise qu' »aucune technologie ne sera interdite ».

Outre des mesures encourageant l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique, le texte voté par la chambre haute exige également la poursuite de la recherche dans le nucléaire.

« Les conséquences de Tchernobyl et Fukushima dans nos mémoires, nous saluons l’initiative suisse et nous espérons que (…) la Suisse ouvrira la voie en Europe et dans le monde de la transition vers l’énergie verte », a déclaré Alexander Likhotal, président de la Croix Verte internationale, une ONG créée par l’ancien président russe Mikhaïl Gorbatchev.

A la suite du vote des sénateurs, le dossier doit à nouveau être soumis aux députés.

L’Association des entreprises électriques suisses a pris acte du vote des sénateurs, mais souhaite que « la décision définitive concernant la politique énergétique future soit prise dans le cadre d?un processus démocratique ».

Pour sa part, la ministre de l’Energie, Doris Leuthard, a de nouveau plaidé mercredi avec force en faveur de la sortie progressive du nucléaire.

La Suisse est à un tournant, a-t-elle déclaré en substance, il est temps de se tourner vers les énergies renouvelables afin de rattraper le retard.

La Confédération helvétique dispose de cinq réacteurs nucléaires, tous situés dans l’est du pays. Selon les recommandations émises fin mai par le gouvernement, le réacteur de Beznau I devra être découplé du réseau en 2019, ceux de Beznau II et Mühleberg en 2022, celui de Gösgen en 2029 et celui de Leibstadt en 2034.

La décision concrète de ne pas remplacer les centrales nucléaires au terme de leur durée de vie doit être décidée dans plusieurs mois par l’adoption de lois et d’amendements.

Les nouveaux textes de lois décidant de l’arrêt des centrales pourront par ailleurs être soumis au référendum populaire.

En mai, encore sous le choc de Fukushima, environ 80% des Suisses soutenaient la sortie progressive du nucléaire.

Si les citoyens devaient avoir à se prononcer par un vote, la question du coût de l’abandon du nucléaire devrait largement alimenter les débats.

La restructuration du parc énergétique suisse devrait coûter entre 2,2 et 3,8  milliards de francs suisses (entre 0,4 et 0,7% du PIB), selon les estimations des autorités helvétiques.

Pour sa part, la fédération des entreprises suisses, Economie suisse, estime que la sortie progressive du nucléaire est une « décision irresponsable ».

http://www.google.com/hostednews/afp/article/

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Avr 12 2011

Pour un débat sur notre stratégie énergétique

TerraEco | 12/04/2011 |

Chronique – La transition de la France vers un mix énergétique post-nucléaire doit se faire avec les citoyens et en concertation avec nos partenaires européens. Et s’inscrire comme un enjeu fort des présidentielles de 2012.

Article en ligne sur

Photo-le-parc-eolien-d-Avignonet,16827.html

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