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Déclaration à l’issue d’Oceania21 2015: Une étape importante dans le Pacifique Sud avant ParisClimat2015

Green Cross était présent à Nouméa du 28 au 30 avril pour le Forum Oceania21 2015, labellisé ParisClimat2015.

20 parties prenantes essentielles du Pacifique Sud (15 Etats de la Région, ainsi que l’Australie, la France, la Nouvelle-Zélande, l’Union Européenne, le Secrétariat du Forum des Iles du Pacifique) se sont réunies pendant 3 jours afin d’élaborer un texte de propositions régionales préalables à ParisClimat2015, pour le Pacifique Sud.

Cette mobilisation est particulièrement importante dans la mesure où les îles du Pacifique Sud sont les sentinelles du climat: elles font face en avance de phase sur le reste du monde à des phénomènes climatiques extrêmes, et doivent envisager avant le reste du monde les enjeux de l’adaptation tout en effectuant les nécessaires efforts d’atténuation, d’éducation et de mobilisation.

IMG_1995(c) GCFT –  Ouverture d’Oceania 21  2015 par le Président en exercice, vice-premier ministre des Samoa
La première journée des travaux a été entièrement consacrée aux effets dévastateurs du cyclone PAM, aux mesures d’urgences prises et à ce qui reste encore à faire, en présence du Ministre du Dérèglement Climatique de Vanuatu, M. James Bulès. En ressortait notamment l’urgence d’une approche plus inclusive de la météorologie et du climat, notamment en intégrant dans les modélisation les effets sur l’accès à l’eau et à l’assainissement, l’agriculture et l’alimentation et la continuité des activités économiques.
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(c) GCFT – discussions sur PAM
La nécessité de travailler en amont les plans d’urgence et de résilience face aux événements climatiques extrêmes, avec une approche inclusive intégrant les responsabilités coutumières, est désormais un besoin urgent. Il est proposé que ces projets et démarches de résilience aux phénomènes climatique extrêmes soient rendus plus facilement éligibles au Fond Vert et au Fonds Français pour l’Environnement Mondial, et ce de manière significative.
La fin de la première journée a également vu la visite du Président de l’Assemblée Nationale M. Claude Bartolone, en présence du Président de Nouvelle-Calédonie M. Philippe Germain, de l’ensemble des délégations présentes à Océania et de nombreuses personnalités venues spécialement pour l’occasion.
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Ont également été évoqués durant la seconde journée l’importance des savoirs coutumiers, les avancées scientifiques régionales, le fort besoin de politiques régionales scientifiques et d’innovation, ainsi que l’importance d’adopter très rapidement au moins pour le Pacifique un format commun et des standards ouverts pour les données sur le climat et l’océan. Dans une région où la moitié de la population a moins de 20 ans, l’importance de co-construire les démarches climat avec la jeunesse est essentielle, et c’est un domaine sur lequel beaucoup reste à faire, en particulier via les efforts d’éducation et de mobilisation.Concernant le financement de la transition écologique et de l’adaptation dans la région, les participants constatent un décalage entre la volonté d’agir de la communauté internationale et les moyens mis en oeuvre, qui actuellement favorisent des initiatives massives et concentrées au détriment d’une politique d’investissement territorial, diversifié et déconcentré, réalisé par et avec les populations, qui est celui que les pays du Pacifique mettent en oeuvre de par la faible densité de population et l’importance des distances. Dans ce modèle, l’agriculture et l’alimentation de proximité, l’autonomie énergétique autour d’un usage accru des renouvelables, l’économie circulaire, ont toute leur place. L’amélioration de la santé des océans, favorisant tant leur biodiversité que la captation carbone, est également au cœur des enjeux et nécessite la mobilisation sur toute la zone, par et au-delà des Aires Marines Protégées. La troisième journée a été consacrée à l’élaboration de la déclaration de Lifou, signée par les parties prenantes (et notamment les Etats participants). Pour ce faire, Jean-Michel Cousteau a fait parvenir aux parties prenantes une vidéo.

Le titre de cette déclaration est percutant: ParisClimat2015: sauvez l’Océanie

Parmi les attendus, on note la répétition et l’accélération du nombre et de la violence des phénomènes climatiques extrêmes et dévastateurs. La communauté internationale fait des efforts, mais l’inadéquation entre besoins d’adaptation et moyens mis en oeuvre restent flagrante. Il y a donc urgence d’agir pour ParisClimat2015. C’est une responsabilité conjointe de tous les Etats parties prenantes aux Nations-Unies à la fois de réduire leurs émissions, de restaurer la santé des océans et de travailler sur l’adaptation

Les Etats du Pacifique ne sont pas responsables du dérèglement climatique mais en sont les premières victimes. Il est urgence d’éveiller l’ensemble du monde à cette réalité et à cette urgence, pour accélérer la lutte contre le dérèglement climatique, et de rendre plus entendue la voie du Pacifique.

L’objectif d’atténuation de 2°C, et surtout les trajectoires précises et transparentes par pays sont plus que jamais nécessaires. Les Etats du Pacifique sont prêts à montrer l’exemple, notamment en réduisant leur dépendance aux énergies fossiles et en développant à marche forcée leur efficacité énergétique.

L’éducation et formation des jeunes par une intégration dans les programmes d’enseignement joue dans cette démarche un rôle essentiel. Sur ce sujet comme sur de nombreux autres, les parties prenantes ont adopté la mise en place avant avril 2017 d’une plateforme Oceania commune.

Elles ont également proposé de renforcer observation santé océan et climat, d’infléchir la finance climat pour mieux prendre en compte les dérèglement climatiques extrêmes, l’adaptation, les projets de territoires et financements diffus, ainsi que la compensation.

Un porte-parole d’Oceania 21 sera présent le 8 juin pour la réunion ParisClimat2015 – Objectif OCEAN: les propositions de l’Economie Bleue.

 

Plus d’informations sur https://www.facebook.com/GCFetT

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